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%iQ MSÏfANGIES SCIENTIFIQUES ET LITTERAIRES.
là cIqQs I0 rapport de 400 à 3f . Ce serait donc 309 litres dans le premier q^, 71 4 d^ns le secppd. Mais ici, leur dépense graduée s'emploie & renouveler une atmosphère restreinte dont le volume n'égale pas 45 litres; de sorte que le volume d'oxygène qu'il y f^Ut conserver est toujours moindre que 4 Q litres, Voilà pourquoi ces previsious sufl^sent pour la m^inl^iûi' si l'état naturel peudaut si longtemps; de sorte que Tamm^l y respire exactement comme dans l'air libre.
L'oxygène est préparé et épuré p^x les moyens chimiques les plus exaots. On l'approvisionne dans de grands ballons en v^rre de formp ovoïde, qui communiquept individuellemeut ayec l'intôrieur de la cloche par des conduilâ que Ton peut ouvrir et fermer à volonté. Ces réoipients sont rétrécis, par le haut et par le bas, en cols allongés, sur lesquels on marque au diamant des traits qui servent de repères, pour déterminer avec la dernière précision la capacité comprise entre eux, Le gaz y est introduit en déplaçant une dissolution saturée de chlorure de calciumi dont on les a préalablement remplis, après avoir constaté que ce liquide n'exerce qu'un pouvoir absorbant trèHaible, soit sur le ga^ oxygène pur, soit sur l'air atmosphérique *. L'écoulement du ga?, lorsqu'il devient nécessaire, est provoqué par l'introduction d'une solution de même nature, descendant d*un petit appareil hydraulique dont le nivet^u e^t rendu sensiblement constant* Tout cela est réglé de manière que le gaz des ballons soit toujours maintenu dans un état d'élasticité quelque p^u supérieur ^ celui de l'air ambis^nt> ou plutôt de Tair dans lequel l'animal respire. Pour le lui fournir, qn nP le transmet pas directement sous sa cloche, -eelgt serait trop brusque; m?^isonle fait ps^çser d'abord par un tube rcKJOurbé, 4ont royiftce plonge f^urfOQd d'un petit
A On 4vait préalablement mesaFé, pepr des expérienp^s directe^, l2^ fensipi) de la vapeur aqueuse émise par ce liquide, aux températures où Ton opérait ; et Ton en tenait compte dans le calcul des volumes du gaz contenu dans les ballons, ou transmis h Vmim^
MÉI^AIHQES 9GIENTIFIQUSS ET I.ITTÉRAIRE8. %H
flacon laveur contenant une coucbe liquide, haute de quelques centimètres, qui eat formée par une solution de {)otas9e causti-* qm\ Un autre tube« partant de la cloche qui contient ranimai, aboutit au sommet du même flacon. Alors, h mesure que Toxy-* gëue de la cloche se trouve consommé, le volume d*acide carbo-> niqae qu'il a pu engendrer étant absorbé en même temps, le gaz oiygène du ballon, devenu relativement plus élastique, sort par le bout du tube eo bulles qui montent à travers la petite coucha liquide, et vont remplir le vide partiel qui s'était formé. Par cet artifice, c'est pour ainsi dire ranimai lui**même qui^ h chaque instant, appelle, attire dans sa cloche, la dose précise d'oxygène dont il a besoin. La rapidité du dégagem^t des bulles répond à la fréquence de ses aspirations ; et souvent on pourrait çolnpter les unes par les autres»
Il me reste à dire, comment l'acide carbonique est absorbé, Les expérimentateurs qui avaient eu besoin d'opérer cette absorption pour des recherches' analogues, avaient espéré y réussir en mettant l'air de la cloche en communication, par de larges surfaces, avec une masse d*eau chargée de potasse caustique, dans laquelle le gaz acide devait venir se condenser. Mais cette disposition n'est pas suffisamment efScace. Les couches superficielles du Uquide, une fois saturées d'acide, abritent les inférieures contre le contact du gaz; et les portions de la masse gazeuse qui confinent h la surface liquide, ayant une fois perdu leur acide, ne le reprennent ensuite que très-lentement par diffusion, pour le lui transmettre, C'est pourquoi,^dans cette manière d'opérer, l'absorption, d'abord assez vive, s'affaiblit par degrés, et devient bientôt insuflfisante pour compenser l'exhalation. L'animal se trouve ainsi dans un air qui se vicie de plus w plus, à mesure que l'expérience se
* le choix <Jç ce liquide avait pour but 4'enlever au gaz oxygène que Ton extrayait du chlorate de potasse, les dernières traces de chlore qui auraient pu échapper aux purifications chimiques qu*on lui avait fait préalablement subir, et qui auraient affecté les organes respiratoires de TanimaL
prolonge ; et il finirait par y périr. MM. Regnault et Reiset ont rencontré les mêmes inconvénients dans une série d'expériences préliminaires, où ils avaient employé ce mode d'absorption par des surfaces fixes, tout en connaissant son imperfection. Mais l'emploi qu'ils en faisaient alors suffisait pour leur but, qui était seulement de constater que l'exhalation et l'absorption de l'azote sont toujours restreintes dans d'étroites limites, comparativement aux autres produits de la respiration. S'étant bien convaincus qu'il en était ainsi, par l'expérience, ils se trouvèrent autorisés à établir leurs appareils définitifs, en vue de cette condition constante du fait naturel.
Mais il fallait introduire- dans ces appareils quelque nouveau principe d'action , qui leur donnât le pouvoir d'absorber plus complètement et plus rapidement l'acide carbonique. M. Regnault l'avait trouvé d'avance. Dans les sciences expérimentales, quand un effet que l'on veut produire est empêché par des causes purement mécaniques, dont l'existence et les caractères peuvent être discernés, on est toujours assuré de les détruire, par leurs contraires. Ici, l'empêchement venait du manque du contact intime, entre le gaz, et lé liquide qui devait l'absorber. Il fallait donc leuf imprimer à tous deux un mouvement intestin, qui ramenât sans cesse de nouveaux contacts, entre des parties toujours difiKrentes. Cette nécessité une fois constatée, M. Regnault y pourvut par un mécanisme, si parfaitement simple, qu'à le voir, on croirait que l'idée aurait dû en venir à tout le monde. Mais, en fait, la simplicité n'est presque jamais qu'un résultat de combinaison. Pour arriver à cette idée-là, il fallait trois choses : un sentiment juste de la difficulté physique ; une pratique intelligente des procédés mécaniques; l'esprit d'invention, qui en fait voir l'aptitude propre au besoin présent.
Le moyen auquel M. Regnault a eu recours est très-aisé à comprendre. On prend deux vaisseaux de verre cylindriques, égaux, pouvant contenir chacun, environ trois litres. Ils sont
rétrécis en cols, à leurs deux extrémiités , comme ceux qa'oni appelle des allonges, dans les laboratoires. Je les désignerai individuellement par les lettres A et B. Plaçons-les Tun à côté de Tautre,'dans une situation verticale, à une même hauteur. Puis, joignons leurs orifices inférieurs par un canal de communication flexible, deux ou trois fois plus long que la hauteur des cylindres, ayant ses parois en caoutchouc de Tespèce qu'on appelle tulcornisé, qui est complètement imperméable aux liquides et aux gaz et qui possède la propriété de consei*ver une flexibilité parfaite, môme à de basses températures. C'est dans ce vase composé, à fond flexible, que Ton verse la solution de potasse qui doit absorber Tacide carbonique ; et le mouvement relatif d'ascension ou de descente, que Ton imprime alternativement aux deux cylindres, est Tartiflce qui le force à venir successivement s'y condenser. Pour cela, l'orifice supérieur du cylindre A est mis en communication par un tube flexible, avec le haut de la cloche qui contient l'animal ; et l'orifice supérieur du cylindre B, est mis en communication également flexible, avec le bas. Ceci établi, élevons A relativement à B ; A se videra par la descente du liquide, qui passera dans B parle canal cle communication ; et l'air supérieur de la cloche, étant aspiré par ce vide, une portion viendra remplir A, dont les parois intérieures seront encore mouillées du liquide absorbant. Cette portion y déposera par conséquent son acide carbonique ; et l'absorption deviendra encore plus énergique, comme plus assurée, si Ton a placé dans A quelques tubes de verre, non fermés, qui, se trouvant également mouillés par la solution potassique, agrandiront les surfaces de contact. Maintenant abaissons A, et élevons B. Il se produira un effet inverse. Le liquide absorbant quittera B, et viendra remplir A. L'air que A avait aspiré se trouvera donc refoulé dans le haut de la cloche où il rentrera dépouillé de son acide carbonique. Mais en même temps, B devenu vide aspirera une portion équivalente de l'air inférieur, qui déposera de même son acide carbonique au contact
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de ses parois mouillées de potasse. Eq réitérant ces alternatives de montée et de descente, les mêmes effets se reproduiront toujours; et, si on les rend continues, ils s'opéreront sur des portions toujours nouvelles de Tair et du liquide, qui s'en^trouveront Tun et l'autre incessamment remués. Cette continuité serait sans doute fort pénible à entretenir, si Ton opérait ainsi manuellement. Mais un. mouvement alternatif régulier est facile à produire parles, moyens mécaniques. On Topëre ici à l'aide d*une machine à volant, mue par un poids, à peu près comme un tournebroche. On y attache les deux cylindres absorbants par des châssis en fer, et Ton s'en remet à elle pour les manœuvrer. Dans les expériences que nous décrivons, le poids moteur était de 200 kilogrammes. Sa course s'étendait depuis le haut des bâtiments du Collège de France, jusque sur le'sol. La machine marchait pendant quinze heures sans avoir besoin d*être remontée. Quand on regardait ces appareils, agissant ainsi par eux-mêmes, et réitérant leurs pulsations en parfait accord, d'un côté pour fournir de l'oxygène à l'animal, de l'autre pour lui enlever l'acide carbonique, comme s'ils avaient compris, et partagé, toutes les exigences de sa respiration, cela semblait former un seul être vivant que rexpérimentateur aurait animé.
Une heure avant que la provision d'oxygèfte ne soit épuisée, on se prépare h terminer l'expérience. On fait alors passer sous la* cloche tout ce qui restait d'oxygène dans le dernier ballon d'approvisionnement au-dessous du trait supérieur qui limite sa capacité ; puis on ferme le robinet de communication. Cette introduction forcée amène dans la cloche un excès d'oxygène. On le laisse consommer par ranimai, jusqu*à ce que l*air intérieur soit revenu aux mêmes conditions précises de pression et de ^ température, où il se trouvait en commençant. La vapeur humide que l'animal a exhalée, n'a rien changé à la force élastique de son atmosphère, parce que, avant de l'introduire, les parois intérieures de la cloche avaient été complètement mouillées d'eau,
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ceiiui avait aussi Favantage de ne pas lui donner tin air trop sec à fespiJ^ef . Qliând ratrtosphère ai'tiflcielle se troure ainsi exactement ramenée à Fétat prescrit, tin y fait ube prisé d'air pour l'atialyse dhimique, avec des alternatives d'aspiratioû et de restitution, qui assurent que la partie extraite a bien le§ qualités moyennes de Tensemble. Alors on ferme l'appareil absorbant; on retire Tanimal ; oh le pèse de tioliveau pour connaître ce qu'il a pu perdre otl gagner en poids; et Texpérience est terminée. Il ne reste plus gu'à tnéttre en œuvré le^ dotinées qu*ellé a fournies.
O(îcupons-n0tls d'abord de Tait recueilli dans ratmosphére finale. On né suppose point qu'il soit uniquement composé d^oxygènè, d'acide carbonique et d'azote. On y cherche les plus petites traces de tous leè autres gaz que rauiitial a pu dégager. M. Regnault avait fait depuis longtemps une étude profonde des procédés eudiomêtriques. il a rassemblé ici tous les résultats de cet importalit travail. Il discute les anciens procédés, montre leur insuffisance, découvre leurs erreurs, et fait connaître les méthodes incomparablement plus exactes auxquelles il à été conduit, lin appareil physique admirablement combiné suffit à toutes les opérations qu*ellés exigent. C'est celui que l'on a vii, depuis des années, en servlde continu dans son laboratoire. La manœuvre en est prompte et sûre ; la précision admirable. Il se prête à Fatialysé des plus petites quantités de gaz. On rië devrait plUs éîl voir d*autre dans les làlboratoirés. Malheureusemétit la physique et le calcul sont encore des hôtes trop étrangers, et presque incommodes, daûs ces lieux-là. Il leur faudra du temps pour s'y propager.
Toutes lés analyses dé gâz, rapportées daUs lé mémoire que * nous examlfiotis, ayant été faites par ces procédés perféctiôfinés, elles ne peuveiït être affectées que dé très-petites erreurs. On reconnaîtra tout à rhétire le frUlt de ces soitis. Mais auparavant il faut voir comment on obtient les autres données qui concourent avec ces analyses dans les résultats.
La quantité totale d'oxygène qui a été fournie à Tanimal, est connue avec une complète exactitude, par la mesure du volume de ce gaz qui s'est écoulé, entre les repères fixes des ballons où on l'avait approvisionné. La quantité totale d'acide carbonique, dont la condensation s'est opérée dans les vaseâ absorbants, se détermine d'une manière non moins précise. Pour cela on prépare d'avance la solution aqueuse de potasse caustique de laquelle on fera usage. Ce qu'elle peut contenir d'acide carbonique, et elle en contient toujours, est alors apprécié avec la dernière exactitude par des procédés d'analyse que M. Regnault décrit en détail. On pèse ensuite le système des vases absorbants vides avec leur canal inférieur de communication déjà fixé. Gela se fait avec des balances très-sensibles, même étant chargées de poids aussi Jourds. On y verse alors une quantité de solution potassique à peu près égale à la moitié de leur volume; et, pesant le tout ensemble, on connaît par différence le poids de la solution que l'on a introduite. La même opération répétée à la fin de l'expérience donne de môme le poids de cette solution accru par l'acide carbonique et la vapeur aqueuse, qui s'y sont condensés. On l'analyse de nouveau avec les mômes soins, pour connaître le poids total d'acide carbonique qui s'y trouve ; et retranchant celui qu'elle contenait primitivement, on en conclut le poids du môme acide qui est venu s'y absorber. La précision que M. Regnault a donnée à ces opérations est telle que leurs erreurs sont presque inappréciables.
Ces détails, sans doute, sont minutieux, longs, et pénibles à exécuter. Il faut y apporter beaucoup de zèle, d'habileté, de persévérance. C'est, au plus haut point, le labor improbus. Mais les vérités physiques ne s'obtiennent qu'à ce' prix. Tout ce qui n'a pas ces caractères n'est que vanité, fumée, illusion.
n va nous être maintenant bien facile de voir que des expériences pareilles donnent des résultats certains. Considérons d'abord l'oxygène. La quantité sortie des baUon$ qui le fournissent
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est connue directement par son volume. Il faut y ajouter ce qui reste de ce gaz dans la cloche quand on termine Texpérience. L'analyse chimique la donne, en centièmes du volume de Téchan-^ tilion analysé, et Ton ne peut pas se tromper d*un de ces centièmes. Supposons-le pourtant. Le volume total de Fatmosphère artificielle est moindre que 45 litres, puisque ce nombre exprime la capacité de la cloche et de ses appendices, d'où it faut déduire le volume de l'animal. Si elle était composée comme Tatmosphëre naturelle, l'oxygène y entrerait" pour les ^, ce qui ferait moins de 10 litres; et comme le dispositif des appareil^ tend à maintenir toujours fort approximativement cette identité, que confirme d'ailleurs l'analyse finale, supposer i litres d'oxygène, ce serait trop. Mais exagérons encore jusque-là. Si l'on se trompe de -^ sur cette appréciation, l'erreur absolue sera—j-^e litre. Or, pendant la durée entière de chaque expérience, il y a de 65 à 150 litres d'oxygène fourni. L'erreur supposée ne fera donc pas -àô ou ^ de tout^l'oxygène employé. Elle sera donc presque insignifiante malgré toutes nos exagérations ; et eu réalité elle est toujours beaucoup moindre.
Un raisonnement tout semblable çiontrera que l'erreur que l'on peut commettre sur l'appréciation de l'acide carbonique exhalé, est aussi petite, ou même plus petite encore. Cela tient à la même cause : à la petitesse du poids de ce gaz qui reste dans la cloche, comparativement à la totalité de ce qui se condense dans les vases absorbants. Ce calcul est si facile à faire sur les nombres rapportés dans le mémoire, qu'il suffit de Tindiquer.
Il nous reste enfin à connaître le volume de l'azote contenu dans la cloche à la fin de l'expérience. On le conclut, par différence, en retranchant du volume total d'air qu'elle renferme, les volume? absolus de tous les autres gaz que l'analyse chimique y a fait découvrir. L'évaluation de ce volume total offre une difficulté,, qui s'est déjà présentée au commencement de l'expérience.
Pour Tobtenir, 11 faut retrancher de la capacité de la cloche et de ses appendices, Tespace qui est occupé par ranimai et par les aliments que l'on % enfermés avec lui. Mais de pafeils objets ne se prêtent pas à une mesure géométrique. On admet donc, par estime, que leur volume est égal à celui d'une masse d'eau de même poids ; on le suppose en outre invariable pendant la durée de Texpérience, n'y ayant plus alors /jue déplacement de matière. Ce sont là évidemment des évaluations approximatives dont il faut se contenter, par l'impossibilité où Ton est d'eh avoir de rigoureuses. Toutefois, il est aisé de voir qu'elles ne peuvent donner lieu,^n définitive, qu'à une très-petite erreur: d'abord, comme étant par elles-mêmes très-peti fautives ; puis, comme entrant à titre de constantes, au commencement et à la fin de l'expérience, dans le calcul du volume d*air que la cloche con-tient. En effet : c'est la différence finale de Ces volumes qui montre si la quantité absolue de l'azote est devenue plus grande ou moindre ; ainsi l'erreur que l'on pourrait commettre sur cette différence, serait égale aux variations de l'a^ôte, non pas dans le volume imparfaitement évalué des aliments et de l'animal, mais seulement dans l'excès ou le défaut de cette évaluation. Or l'extrême petitesse des variations de l'azote est misé en complète évidence par le mode d'expérimentation, ou ce gaz reste entièrement contenil dans des vases clos, puisqu'on l'y trouve en quantité absolue presque égale, au commencement et à la fin de chaque expérience. Elles seraient donc inappréciables, étant appliquées à des volumes ailssl petits qtie peuvent Tétre ceux qui cor-» respondent aux incertitudes de l'évaluation approximative. D*une autre part, ort a vu quellesl quantités considérables d'oxygène et diacide carbonique sont consommées ou exhalées, pendant que ces faibles variations de l'azote s'opèrent; Le rapport dé celles-ci aux deux autres ne peut donc jatnaîs dépasser «ne très-petite fraction, contrairement à ce que des expériences moins bien conçues avaient fait croire. Ce fait, tant débattu, ressort aujourd'hui
incontestablement de celles que nous venons, de discuter ; et elles en fixent toutes les particularités véritables.
La même méthode d'expérimentation a été employée avec un égal avantage, pour étudier^ la respiration des animaux de moindre dimension, tels que les petits oiseaux, les petits batraciens, les insectes, même des chrysalides. Seulement on leur arrange des appareils proportionnés à leur taille, et à leurs besoins. Ainsi, les quantités absolues d'oxygène qu'il fallait leur fournir étant peu considérables, et lentement consommées, l'observateur les en approvisionnait directement, par intervalles, de manière que la force élastique de leur atmosphère se maintint à peu près constante, à mesure que l'acide carbonique lui était enlevé. L'ab* sorption dQ cet acide, quoique toujours aussi nécessaire, n'exigeait plus de grands vases absorbants. Elle s'effectuait tout aussi bien, et par les mômes principes, au moyen d'un petit instrument composé de deux boules de verre égales, et communiquant l'une à Vautre, qui contenaient la solution de potasse. Elles étalent retenues d'un côté par un fil, passant sur une petite poulie et tiré par un poids ; tandis qu'un second fil, attaché à la machine à volant, les tirait de l'autre, et les élevait ou les abaissait tour à tour par tin mouvement oscillatoire, tout en faisant marcher les grands appareils. C'était toujours le même jeu, le même tnéca*nisme, appliqué à de plus petits objets et opérant avec une égale précision.
Voilà l'ensemble des procédés ingénieux et sûrs, que MM. Regnault et Reiset ont inventés pour analyser le phénomène de la respiration des animaux. On peut dirif, avec justice, que ce problème de physiologie physique est aujourd'hui résolu rigoureusement, pour la première fois. Je n'aurai plus qu'à exposer les résultats généraux de cette grande étude, dans un dernier article, qui sera aussi aisé à écrire que celui-ci a été diflicile, et aussi clair qu'il est abstrait. Je m'excuserai de la multitude des détails techniques dont je l'ai hérissé, par l'utilité que je leur suppose, et
que j'en espère. Les travaux dont j*ai rendu compte m*ont paru présenter trois phases distinctes : d'abord les expériences de Lavoisier, établissant toutes les circonstances générales du phénomène; puis, des recherches subséquentes, n'ayant donné sur ses particularités secondaires que des résultats incomplets, vagues, douteux, ou faux; enfin le travail actuel, où, les plus importantes de ces particularités sont toutes fixées en nombres précis, inattaquables, et sont, en outre, déterminées par des méthodes qui peuvent faire découvrir, avec la même sûreté, toutes les autres. Voilà sous quel aspect cette partie de l'histoire de la physique m'a paru se résumer; et j'ai dû le dire. Mais, pour exprimer sans imprudence un jugement, si favorable d'une part, et de l'autre si sévère, il fallait articuler des preuves. C'est ceque j'ai fait; et je crois les avoir données irrécusables. Il n'était pas moins essentiel de montrer, surtout maintenant, combien de pareils travaux ont de mérite; combien ils ont demandé d'intelligence; combien ils ont coûté de peine, d'efforts et de temps. Ceux-là seuls sont durables, et vraiment utiles. Malheureusement, le courage méditatif et persévérant, qui les fait entreprendre et exécuter, est devenu bien rare, dans nos habitudes scientifiques. On veut jouir vite de la renommée, n'importe comment acquise. Le travail d'hier se publie aujourd'hui ; peut-être il durera demain ; c'est assez. Mais, à ce jeu-là on apporte beaucoup de menue monnaie, et peu -de pièces d'or. Quand une se rencontre, il faut bien la signaler comme de bon aloi.
Une des propriétés les plus admirables de l'organisme des êtres vivants, c'est l'aptitude qu'on lui voit à modifier, entre des limites
très-étendues, le jeu de ses rouages, sans qu'ils cessent de marcher ensemble, et de concourir efficacement à l'effet commun qu'ils sont chargés de produire. C'est là ce qui fait que la vie persiste, et se maintient, sous les influences continuellement changeantes des agents physiques extérieurs. Le respiration, comme toutes les autres fonctions animales, non-seulement continue à s'opérer dans des circonstances physiques très-diverseis, mais encore elle s'y prête, et s'y accommode à l'iùstant même; s'accélérant ou se retardant, selon la salubrité ou l'insalubrité, la r^ireté ou l'abondance de l'atmosphère respirée; et encore, selon qu'il devient nécessaire d'entretenir à l'intérieur, une effervescence de réactions chimiques, plus ou moins vive. L'activité de la respiration varie môme, avec les impressions instinctives que l'animal éprouve, soit qu'elles agissent en cela comme cause première, soit que l'effet se trouve déterminé par les mouvements qu'elles excitent. Lavoisier avait reconnu quelques-unes de ces correspondances, et il les avait signalées. Mais elles se sont manifestées avec beaucoup plus d'extension et d'évidence dans les expériences de MM. RegnaultetReiset, dont la longue durée amenait des mutations. d'état, plus nombreuses et plus dissemblables. Ils les ont soigneusement remarquées et décrites dans Jours observations. Ils se sont même attachés à les faire naître, par la diversité des circonstances dans lesquelles leurs appareils permettaient de placer l'animal; tantôt variant la composition de l'atmosphère qu'ils lui faisaient respirer, tantôt lui donnant ou ne lui donnant pas d'aliments durant sa réclusion. Ils ont ainsi étudié les effels de ces conditions hygiéniques différentes ou contraires, comme on ne l'avait jamais fait, ni même pu entreprendre, avant eux.
Tous les animaux ne se prêtent pas également à ces épreuves* L'homme peut bien, avec quelque apparence de raison, se dire leur maître, surtout quand il les tient enfermés. Mais il n'a, môme alors, sur eux, qu'une sorte d'autorité négative. Car, à la vérité, il les forcera bien déjeuner s'il ne leur donne pas d'ali-
%ii MéLANQBS fSGIENTlFIQUfiS %T LITTÉRAIRES.
ments; mais il m saurait les contraindre à manger eux-mêmes ceux qu'il leur préseste, s'il* ne le veulent pas. Or il en est dont la détermination sur cet article est invincible ; ils mourront plutôt que de cWer. Leur maître raisonneur se trouve donc alors réduit à les étudier, dana les conditions où ils veulent bien se mettre.. Cest ce que le? auteurs du mémoire ont fait, en dési^ gnant cette contrariété de circonstances, par la distinction philosophique d'état d^alimefttation ou d'inanition. Ils se sont en outre donné l'avantage de mettre successivement, quand ils l'ont pu, le même animal dans l'un de ces états et dans l'autre ^ quoique, it son goût, le premier lui parût beaucoup meilleur que le second.
Ces signes de bon ou de mauvais vouloir de l'animal sont en rapport avec ce que Ton serait tenté d'appeler ses habitudes morales. Par exemple, les chiens et les lapins semblent d'abord quelque peu étonnés de se voir clos et emprisonnés avec leur pitance. Pourtant ils se résignent, bonnes bêtes ; et un mets savoureux paraît n'avoir rien perdu pour eux de son prix. Le chat au contraire, cauteleux et-méfiant, ne touche jamais aux aliments qu'on a enfermés avec lui : la crainte les corrompt. Les canards, bien que grands mangeurs, et peu timides. de leur nature, se conduisent de même, du moins étant seuls. Mais probablement leur motif est autre. Manger leur paraît triste, sans compagnon ; et ils y répugnent jusqu'à se laisser mourir de faim. M. Regnault a connu trop tard cette particularité de leur caractère. Il aurait pu en faire vivre une paire en liberté, pendant quelques Jours. Renfermés ensuite de cotnpagnie dans son appareil, ils y auraient pris de gi^nd cœur leur repas. Faute de cette connaissance, ils n'ont pu être étudiés que dans leur état de jeûne volontaire, ou après une alimentation forcée. Les poules ont fait voir une autre singularité. Enfermées seules avec de l'eau et du grain , elles ne semblent nullement gênées. Elles mangent, boivent et pondent comme àTordinaîre; mais elles mangent leurs œufs en totaUtéi inté-
AfEi^Aifans i8Gii;NTiriQyi:ii ^t littéraires. 333 rieur et coquille. Cela rappelle un trait du môme genre, mais plus dénatiiré encore, que Ton dit avoir 'été observé h la NouvelleHjalles du Sud» sur les brebis. Cette contrée est sujette h des sécheresses si complètes, et parfoi3 si ei^çessiveraent prolongées, que l'eau y manque tout h fait pendant des mois. On a vu alors les brebis, n'ayant pas de lait, étrangler elles-mêmes leurs agii^u^ qui venaient de naître. Serait-ce, dans les deux cas, une prérision insitinctive, découragée de mettre au jour des^ êtres qui lie peuvent vivre dans les conditions où ils seraient placés, prévision^ que les bêlements et les exigences inutiles des agneaux exalteraient dans les brebis jusqu'à la rage? Ou n'y aurait-il 1^ qu'un sentiment aveugle de conservation propre, qui pousserait ranimai à dévorer les produits de son corps, pour y cbercber les matériaux devenus indispensables h son existence ?
Toutes ces diversités de circonstances influent sur l'acte de la respiration. Il faut, par ponaéquent, y rattacher les résultats qu'on observe, pour en tirer des conséquences justes, et pour séparer ce qu'ils olfrent d'occasionnel de ce qui appartient aux lois générales. Mai$ ce partage ne pouvait se faire que dans un système d'expérimentation assej; étendu, et en même temps asses exact, pour que les moiiidres détails des phénomènes 'puissent y être aperçus, suivis, appréciés. Gelni que MM, Regnault et Reiset avaient adopté rendait sensibles jusqu'aux effets des accidents et des caprices individuels. Même, qomme cela est ordinaire dans les études expérimentales, l'observation de ces effets occasionnels leur a souvent découvert les traits les plus oaracté'* ristiqu^s des phénomènes généraux.
Ces plïénom.énes se produisent, ^. des degrés divers, dans toutes les classes d*animaux; mais il convient de les étudier d*at bord dans les ^nim^n^ h sang chaud, où ils se manifestent avec le plus d'éyid^ce. C'est ce qu'ont fait les auteurs du mémoire, Je yais donc procéder comme eux, en disposant toutefois leurs résulljtts dans Tordre qui me semblera le plus favorable pour en
montrer les relations et les conséquences, condition qui le fera souvent différer de celui qu'ils ont dû suivre pour les découvrir.
Considérons d'abord les variations que subit, le volume de l'azote contenu dans l'atmosphère artificielle où l'animal respire. Les auteurs du mémoire en ont présenté le -résumé général, pour ce qui concerne les animaux à sang chaud, dans une série de propositions que je vais rapporter, en les abrégeant au besoin.
4^ Lorsque ces animaux sont soumis à leur régime alimentaire habituel, ils exhalent toujours de l'azote ; mais la proportion de ce gaz exhalé se montre constamment très-petite; elle ne s*élève jamais à ï|; du poids de tout l'oxygène consommé, et le plus souvent elle est moindre que 73^.
2*» Dans l'état d'inanition, il y a souvent absorption d'azote. Elle s'opère entre des amplitudes de proportions aussi petites que celles de l'exhalation, dans le cas précédent. Elle a été presque habituelle pour les oiseaux qui étaient tenus à l'inanition; elle a été très-rare, pour les mammifères.
3* Des oiseaux malades ont encore absorbé de l'azote, même dans l'état d'alimentation. Ce phénomène a continué aussi de s'opérer pendant quelque temps chez des oiseaux, qui, après avoir été soumis à l'inanition, avaient été mis à un régime d'alimentation insolite; par exemple, à la viande au lieu de grain.
4® Ces alternatives d'exhalation et d'absorption de l'azote, par un même animal soumis à des régimes divers, sembleraient favorâbles à l'idée d'Edwards : que ces deux phénomènes ont toujours lieu simultanément, mais que l'expérience fait seulement connaître la résultante variable, et toujours fort petite, de leurs effets opposés, lesquels alors pourraient être individuellement beaucoup plus considérables qu'elle ne les accuse.
Dans les expériences sur les animaux à ^ang froid, de trèspetites quantités d'azote ont paru aussi être occasionnellement dégagées ou absorbées. Mais la respiration de ceux que l'on a pu étudier a'est trouvée si peu active> que ces quantités étaient de
l'ordre des erreurs auxquelles les observations étaient sujettes ; en sorte que le fait peut être seulement soupçonné.
Nous avons maintenant à discuter deux phénomènes d'une grande importance : la formation de Facide carbonique, et la consommation de Toxygène. Pour comprendre en quoi leur importance consiste, il suflSt de se rappeler les relations chimiques qu*ont entre elles ces deux substances, et comment elles interviennent dans Vacte de la respiration.
L'acide carbonique est une combinaison du charbon pur, appelé en chimie le carbone, avec l'oxygène. Quand le charbon solide brûle dans l'oxygène gazeux, le volume de gaz acide carbonique qui se /orme est sensiblement égal à celui de l'oxygène primitif; et en môme temps, il se dégage une grande quantité de chaleur. Ces deux faits, découverts par Lavoisier, vont recevoir ici une de leurs plus belles applications. Seulement, comme l'identité du volume qu'il avait reconnue, n'est qu'approximative, il ne faut pas établir les raisonnements sur cette donnée imparfaite, mais sur la composition exacte de l'acide carbonique, telle qu'on la connaît aujourd'hui.
Lorsqu'un auimal qui respire, exhale de l'acide carbonique dans'une atmosphère qui n'en contenait pas primitivement, il est clair que le carbone a dû être fourni par sa substance même, dont une portion correspondante s'est combinée, dans les organes, avec l'oxygène aspiré. Il s'opère donc là une combustion interne, de laquelle le produit est ensuite exhalé, ce qui nécessite un dégagement proportionné de chaleur. Voilà par conséquent une des sources, sinon la seule, de la chaleur animale ; et c'est encore une conséquence que Lavoisier avait très-hardiment déduite; on pourrait dire trop hardiment, parce qu'il lui avait attribué une généralité exclusive qu'elle n'a pas. Ce fait constaté, une ptre question se présente. Lorsque nous fournissons à un animal une certaine quantité d'oxygène, qu'il consomme par sa respiration, tout cet oxygène est-il employé à former l'acide carbo-