‹ Mélanges scientifiques et littéraires (volume 2)Chapitre 25 sur 86 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le nom d'Olivier est inscrit avec honneur dans les souvenirs de notre Société. Membre de l'Académie des sciences et membre de la Société d'agriculture, Olivier a eu le bonheur et l'honneur d'être loué publiquement par Cuvier et Sylvestre. En faisant l'histoire de sa vie et de ses travaux, Cuvier et Sylvestre ont raconté tous les deux qu'Olivier était né aux Arcs, près de Toulon, en 1756, et qu'il fit ses études de médecine à l'École de Montpellier, avec Broussonet. Les deux camarades se

quittèrent : Olivier revint près de ses parents, et Broussonet, après avoir voyagé en Angleterre, se fixa à Paris, où il devint secrétaire perpétuel de la Société d'agriculture de Paris. La correspondance, et une correspondance scientifique, continua à entretenir les relations des deux jeunes gens. Une circonstance imprévue devait consolider ces relations. Berthier de Sauvigny, intendant de la généralité de Paris, conçut l'idée de faire faire la statistique de sa généralité, et, sur la recommandation de Broussonet, Olivier fut appelé, en 1785, à entreprendre ce grand travail. Il était alors âgé de 29 ans.

Voici les deux lettres que Broussonet écrivit à Olivier pour l'attirer et le fixer à Paris.

Du 12 novembre 1785, de Paris à Saint-Tropez.

« Je suis chargé par M. l'Intendant général de la généralité de Paris de chercher une personne qui sache delà minéralogie, de la botanique, de la zoologie et un peu de dessin pour commencer de suite un travail dont voici en gros le plan et que je rédigerai avec lui. Il aura les cartes très détaillées de chaque paroisse ; il les parcourra successivement à pied, c'est-à-dire comme un naturaliste; il décrira les carrières, les mines, et emplira de chaque terre des cubes de fer-blanc faits exprès, pour être ensuite analysée par une autre personne ; il notera exactement les plantes, les insectes, etc.; il les ramassera, mais surtout il fera attention au degré de la bonté des terres ; il examinera en passant les manufactures, en indiquera les défauts s'il en découvre, fera attention aux différentes cultures et

l'agriculture des environs de paris en 1786. 197

rédigera ainsi l'histoire naturelle de chaque paroisse. Pour tout cela, il lui sera compté 100 francs par mois, c'est-à-dire 1.200 francs par an ; c'est tout sur quoi il faut compter; mais s'il travaille avec fruit, il pourra avoir des gratifications, etc. »

Du 25 novembre 1785, de Paris à Saint-Tropez.

« Je n'ai pas pu vous écrire plus tôt, parce que je voulais avoir une certitude au sujet des propositions que je vous ai faites; ainsi, si vous acquiescez aux conditions que je vous ai proposées, vous aurez 1.200 francs, et en outre je vous ai obtenu un logement à l'École royale vétérinaire qui est à une petite lieue du centre de Paris. Si cela vous convient, partez tout de suite, sans perdre un moment, etc. »

Arrivé à Paris, Olivier fut présenté par son ami à Berthier, qui lui délivra la commission suivante :

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