ARCUEIL-CACHAN
Exposition générale. — Les villages d'Arcueil et de Cachan sont situés dans une vallée, sur les bords de la petite rivière de Bièvre. Cette vallée est une suite, un prolongement de celle de Gentilly, dont j'ai parlé dans un mémoire précédent. Elle est resserrée au village
d'Arcueil par deux coteaux presque parallèles; elle s'élargit cependant davantage en s'éloignant de cette paroisse et en s'avançant vers l'Hay et Bagneux. Elle a plus de largeur à Cachan qu'à Arcueil. Cette vallée est terminée au levant par un coteau assez élevé qui s'étend depuis la partie orientale de Villejuif, en passant derrière Bicêtre, jusque vers l'Hay ; c'est une suite de celui dont j'ai parlé au mémoire de Villejuif. Ce coteau s'élève à mesure qu'il s'éloigne de Bicêtre ; sa plus grande hauteur est vis-à-vis d'Arcueil ; elle se diminue insensiblement en avançant de l'Hay, de l'autre côté, c'est-à-dire à la gauche ou au nord de la rivière. Cette vallée est terminée par un terrain qui s'élève insensiblement jusqu'au chemin qui conduit de Paris à Orléans. La pente que présente ce terrain est plus rapide à côté d'Arcueil; elle se trouve beaucoup plus douce vers Cachan et Bagneux, à mesure que la vallée prend plus d'étendue.
La rivière suit la direction de cette vallée ; son cours dans le territoire d'Arcueil est à peu près du midi au nord. Elle forme une courbure entre Cachan et Arcueil, et elle se rend ensuite en droite ligne à Gentilly.
Qualité des terres. — Les terres qui touchent au territoire de Villejuif sont d'une mauvaise qualité : elles sont très légères, crétacées et sablonneuses. La couche supérieure ou couche végétale n'est que de 5 à 6 pouces. On y voit à la surface quelques fragmens siliceux; mais à mesure qu'on s'éloigne de ce terroir et qu'on descend davantage vers Arcueil et vers Cachan, ou qu'on s'approche de l'Hay, les terres deviennent
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meilleures et elles sont mieux cultivées, plus fortes, plus argileuses, moins sablonneuses, moins crétacées, et la couche végétale est beaucoup plus épaisse. De l'autre coté de la rivière, sous le chemin d'Orléans, les terres sont très bonnes, et elles le sont davantage à mesure que l'on s'approche du territoire de Bagneux, et, au contraire, elles le sont moins en s'approchant de Paris, et surtout dans les endroits dits Les Bagnettes et la Haute-Borne. Au bas des coteaux et dans toute la vallée, les terres sont d'une excellente qualité; elles contiennent du terreau et de l'argile en grande quantité, et peu de sable et de terre calcaire. La couche végétale a plus de 1 pied d'épaisseur. Sous cette première couche, on en trouve une seconde d'une assez bonne qualité qui a moins de terreau et plus de terre argileuse et dont l'épaisseur est de 2 à 3 pieds. On découvre sous celle-ci une terre beaucoup plus argileuse et plus compacte que la supérieure.
On ne voit point de fragmens de silex sur la surface des terres ; on trouve seulement, au voisinage des carrières, quelques débris de pierres calcaires.
Nature des couches. — Entre Arcueil et le chemin de Paris à Orléans, on trouve beaucoup de carrières, dans lesquelles on retire des pierres propres à bâtir; ces pierres sont d'une meilleure qualité dans celles qui sont au-dessus de Cachan ; elles ont le grain beaucoup plus fin ; elles fournissent du moëlon et de la pierre liais d'une très bonne qualité. Dans celles, au contraire, qui sont au-dessus d' Arcueil, on ne retire point la pierre de liais, mais seulement du moëlon. La profondeur de ces carrières est plus ou moins grande, suivant qu'on a
creusé dans la partie la plus élevée du terrain ou dans la partie inclinée. La plus grande profondeur est de 50 pieds, et la moindre de 36. Toutes les couches sont horizontales.
Les carrières d'Arcueil ne sont point découvertes; elles n'ont qu'une ouverture en forme de puits. Les terres ne sont point soutenues par une maçonnerie comme dans les carrières que j'ai vues jusqu'à présent. Les couches supérieures sont d'une terre argileuse, compacte et solide, qui ne fait pas craindre les éboulemens. Celles qui se trouvent au-dessus d'Arcueil dans le quartier dit la Sainte-Catherine, présentent les couches suivantes :
Terre végétale 10 pouces.
Terre crétacée 3 pieds.
Pierre tendre crétacée qui se divise en morceaux irréguliers 2 —
Marne crétacée 10 —
Pierre tendre et semblable à la supérieure 6 —
Stalactite en débris sous la forme d'un sable grossier jaunâtre 4 —
Marne crétacée 10 —
Pierre coquillère en plusieurs couches horizontales de 10 à 15 pouces chaque. 6 —
Moëlon fin 1 —
39 pieds 2 pouces.
Parmi ces différentes couches de pierres exploitées, ce sont les supérieures qui ont une plus grande quantité de coquillages.
Entre Cachan et la route d'Orléans, vers le territoire de Bagneux, on retire un moëlon fin et du liais d'une bonne qualité. Les terres ne sont point soutenues par un mur ; elles sont à découvert et présentent :
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Terre végétale 1 pied.
Terre peu différente de la précédente 2 —
Terre argileuse très compacte 10 —
Terre crétacée 4 —
Marne crétacée (cette marne a quelques veines d'argile d'un gris foncé de 1 ou 2 pouces d'épaisseur et une couche de 3 pouces de la même stalactique, dont j'ai parlé précédemment, qui se trouve dans l'autre carrière) 10 —
Pierre calcaire tendre qui se divise en morceaux irréguliers 6 —
Pierre coquillère très dure (cette couche n'est point exploitée : elle sert de voûte à la carrière)
Pierre coquillère dure exploitée
Pierre calcaire très dure avec peu de coquillages.
Moëlon fin
Pierre calcaire dure à grain fin
Pierre de liais
39 pieds.
On ne voit point de carrières sur le coteau qui se trouve à gauche de la rivière. A l'est d'Arcueil et de Cachan, on a creusé, à quelques pieds de distance du moulin qui avoisine le territoire de Gentilly, à la profondeur de 70 pieds, et on n'a trouvé que des craies et des marnes. On trouve au-dessous de ce moulin une autre excavation qui présente :
Terre végétale mêlée de quelques fragmens de silex 10 pouces.
Terre crétacée avec un peu moins de fragmens de silex 2 pieds.
Craie 15 —
Pierre calcaire très tendre à grain grossier 6 -
23 pieds 10 pouces.
A l'endroit dit Les Sablons, sur le chemin qui conduit à THay, on retire un sable très fin, dont on se sert pour sabler les allées des jardins et des parterres, et même
pour bâtir ; ce sable est le plus souvent d'un jaune obscur et quelquefois blanchâtre. Le terrain à découvert présente :
Terre végétale mêlée de sable fin 10 pouces.
Terre mêlée d'une plus grande quantité de sable 2 pieds.
Sablon 12 —
14 pieds 10 pouces.
Observations. — La seconde couche de terre est toujours plus chargée de sable à mesure qu'elle devient plus profonde, jusqu'à ce qu'enfin on trouve le sablon pur.
On ne retire point, dans le territoire d'Arcueil, les argiles pour la fabrication des poteries qu'on retire dans celui de Gentilly. Il paraît que le banc de ces argiles ne s'étend pas jusqu'à Arcueil; qu'il diminue insensiblement à mesure qu'on s'éloigne de Gentilly. On a souvent creusé à diiïérens endroits entre ces deux villages, et on a trouvé le banc si peu considérable, qu'on a cessé d'y faire des fouilles.
Productions. — Les terres de la paroisse d'Arcueil sont très bien cultivées, et la culture y est assez variée. On y sème du blé, du seigle, de l'orge, de l'avoine, des pois, des haricots, etc. Le blé réussit très bien dans tout le territoire de cette paroisse, excepté à la partie du sommet du coteau qui se trouve au voisinage du territoire de Villejuif. On voit quelques prairies artificielles en luzerne répandues sur les coteaux ; mais les bords de la petite rivière de Bièvre et la majeure partie de la vallée sont en prairies naturelles très belles qui fournissent un fourrage abondant. On voit aussi beau-
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coup de saules plantés sur les bords de la rivière et répandus dans toutes ces prairies. La partie du coteau qui se trouve à Test d'Arcueil et de Cachan, depuis ces villages jusqu'à l'Hay, est couverte de vignes dans lesquelles on cultive beaucoup d'arbres fruitiers ; on y voit beaucoup de cerisiers et de pruniers, plusieurs pêchers, quelques noyers, quelques poiriers et pommiers ; ces arbres étoient déjà très avancés au milieu du mois de mars : leurs boutons à fleurs étoient prêts à épanouir. Ceux qui sont plantés en espalier auprès de ces villages étoient fleuris à cette époque.
Du côté des carrières, on ne trouve ni vignes ni arbres fruitiers, et presque point de prairies : les terres ne sont semées qu'en grains.
On a semé, dès le commencement de mars, les orges les avoines et les pois.
Les taupes causent beaucoup de dégâts aux prairies et aux jardinages qui se trouvent sur les bords de la Bièvre : elles y sont très nombreuses ; la facilité que ce petit animal trouve à se nourrir dans une terre fertile, où la végétation est très forte et très abondante, favorise sans doute beaucoup leur multiplication.
La végétation s'est annoncée cette année-ci de meilleure heure que l'année dernière; les arbres ont montré leurs fleurs, et ils développent leurs feuilles plus de dix jours plus tôt.
Parmi les ormes plantés sur les grandes routes des environs de Paris, les plus vigoureux ont fleuri dès la fin de février; ceux qui l'étoient moins n'ont montré leurs fleurs qu'au commencement de mars; vers le milieu du mois, ils étoient tous entièrement fleuris.