BAGNEUX
Exposition générale. — Le territoire de Bagneux, dont l'étendue est assez considérable, est borné : au levant, par le territoire d'Arcueil ; au midi, par ceux de Sceaux et de Bourg-la-Reine ; au couchant, par ceux de Fontenai et de Châtillon; au nord, par celui de Vanves. Une partie du territoire de cette paroisse est en plaine, et l'autre partie forme un petit coteau sur lequel le village est situé. La hauteur de ce coteau n'est pas bien considérable ; du côté de Paris, sa pente est peu sensible ; elle l'est davantage du côté du levant. Elle est assez rapide au midi, du côté de Sceaux et de Fontenai ; le côté du couchant qui conduit à Châtillon présente une surface assez unie. On voit couler au bas du coteau un petit ruisseau dont l'eau est très bonne à boire. Il sépare le territoire de Bagneux de ceux de Fontenai, de Sceaux et du Bourg-la-Reine. Sur le coteau et à côté du chemin de Sceaux à Bagneux, on trouve une très petite source d'eau assez bonne, où l'on a construit un réservoir fermé et un lavoir : le réservoir est destiné à ramasser et à contenir une quantité d'eau qui sert au besoin et qui s'introduit dans le lavoir.
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Qualité des terres. — Les terres de la paroisse de Bagneux sont d'une assez bonne qualité ; elles contiennent, dans la plaine, du terreau et de la terre argileuse en assez grande quantité, beaucoup de terre calcaire et très peu de sable. La couche végétale est épaisse, et on trouve, au-dessous de cette première couche, une seconde couche de 2 à 3 pieds de bonne terre ; après quoi, on découvre une terre crétacée. La surface ne présente point de silex, mais seulement quelques débris de pierre calcaire, qui sont sans doute produits par le voisinage des carrières qui se trouvent répandues dans toute la plaine.
Le coteau diffère peu de la plaine, si ce n'est que les terres sont un peu moins bonnes, que la seconde couche est moins épaisse, et qu'à la profondeur de 15 à 20 pouces on trouve la terre crétacée. La surface présente quelques petits silex, mais c'est en très petite quantité.
Minéralogie. — On voit, dans toute la plaine du terroir de Bagneux, une quantité considérable de carrières à pierre. On y retire du moëlon et du liais de très bonne qualité. La profondeur de ces carrières varie un peu, suivant l'endroit où l'ouverture est faite : elle va à peu près depuis 50 jusqu'à 60 pieds. L'ouverture de toutes ces carrières est en forme de puits ; on y descend par le moyen d'une échelle appliquée contre les parois. Les terres supérieures ne sont point soutenues par un mur : elles ont assez de solidité pour ne pas faire craindre les éboulemens. Toutes les couches sont horizontales.
Voici quelles sont celles que l'on aperçoit :
Terre végétale 1 pied.
Terre peu différente de la supérieure,
contenant seulement moins de terreau
et plus de terre calcaire 2 — 6 pouces.
Terre crétacée 8 —
Marne crétacée 3 —
Terre argileuse sablonneuse 12 —
Marne crétacée 20 —
Pierre coquillère dure. (Cette pierre est
divisée en trois couches; elle sert de
voûte à la carrière.) 3 —
Pierre coquillère tendre 8 —
Moëlon 1 —
Pierre calcaire tendre 1 —
Moëlon 1 —
Pierre calcaire tendre 8 —
Pierre de liais t — 3 —
Pierre tendre 10 —
55 pieds 11 pouces.
Le moëlon et la pierre de liais sont séparés l'un de l'autre par une pierre beaucoup plus tendre : ainsi on voit alternativement une couche de pierre dure et une couche de pierre tendre. On scie et on taille la première pour les maisons et les édifices; la seconde, coupée en morceaux oblongs de 10 à 12 pouces, est employée à bâtir l'intérieur des murs ; les ouvriers s'en servent pour construire des piliers ou pour en faire des remplissages qui soutiennent la voûte.
On exploite ces carrières d'une manière différente de celle que j'ai vu pratiquer dans toutes les autres, qui consiste à couper la pierre verticalement, à angle droit, dans toute la hauteur de la voûte. Dans les carrières de Bagneux, l'ouvrier attaque la couche la plus basse, il la coupe latéralement, il creuse jusqu'à 8, 10 et 12 pieds d'enfoncement et dans une étendue de plus de 30 pieds ; les couches supérieures, n'étant plus
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soutenues, se détachent et tombent par leur propre poids. On divise alors cette masse en morceaux de 4, 6 et 8 pieds, et on l'enlève. On soutient la voûte par des piliers que Ton élève de distance en distance ; mais lorsque l'espace devient trop considérable, les piliers ne suffisent plus ; on fait alors des remplissages, et l'on ne laisse que des passages de 10 à 12 pieds de largeur. Cette précaution est absolument nécessaire, car, malgré ce remplissage , la voûte s'affaisse toujours un peu ; il y a des endroits où elle a baissé de plus de 1 pied.
Plàtrières. — On ne trouve plus de carrières sur le coteau ; on y voit seulement une plâtrière au bas de la partie méridionale, du côté de Sceaux ; elle est à découvert et l'on retire le plâtre de tous les côtés. On a pratiqué aussi latéralement des ouvertures, par le moyen desquelles on pénètre fort en avant dans l'intérieur. Cette façon d'exploiter est beaucoup plus facile et beaucoup moins coûteuse. Le plâtre est d'une assez bonne qualité. Sa profondeur est, à l'endroit découvert, d'environ 15 pieds ; mais cette profondeur varie, car les couches étant peu inclinées et le terrain l'étant beaucoup, il s'ensuit que plus on monte le coteau et plus la profondeur du plâtre devient considérable. Le banc a environ 25 pieds d'épaisseur, et cette épaisseur varie aussi. Elle est d'autant plus grande qu'on pénètre davantage dans l'intérieur du coteau ; à mesure que l'on descend dans la plaine, les couches s'amincissent peu à peu, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que 2 ou 3 pieds de plâtre.
Voici les différentes couches que présente ce terrain à découvert :
Terre végétale 10 pouces.
Terre contenant un peu de matière
crétacée 2 pieds 6 —
Terre crétacée 6 —
Marne t. 6 —
Gypse 9 —
Marne grasse I —
Gypse 15 —
Marne 1 —
Gypse 6 —
Marne 6 —
Gypse 6 —
Marne 6 —
48 pieds 10 pouces.
Le gypse, comme on le voit, se trouve coupé par une couche de marne de 1 pied d'épaisseur, beaucoup plus grasse que la supérieure, sous laquelle il y a une couche d'argile, épaisse d'environ 6 à 8 lignes, qui la sépare du gypse ; et à la profondeur de 25 pieds, on voit alternativement un lit de marne, un lit de gypse ; après quoi, on ne trouve plus que des marnes.
Productions. — Les terres de la paroisse de Bagneux sont très bien cultivées; on sème partout du blé en petite quantité, beaucoup plus de seigle, de l'orge et de l'avoine, quelques pois, haricots, fèves et autres grains. Le coteau est couvert de vignes. On y voit beaucoup de cerisiers et de noyers ; ceux-ci sont plantés principalement sur le bord des chemins. Il y a beaucoup de prairies artificielles en luzerne ; elles sont très belles et annoncent un fourrage abondant. La végétation, qui avait été beaucoup plus hâtive cette année que l'année précédente, a été retardée par les froids qui ont régné pendant le mois d'avril. La vigne, cependant, n'était pas encore assez avancée pour souffrir de la gelée.
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