BOURG-LA-REINE
Exposition du sol. — Le territoire de Bourg-la- Reine a peu d'étendue ; il est serré de tous les côtés : au levant, par celui d'Arcueil ; au nord, par celui de Bagneux ; au couchant, par celui de Sceaux, et, au midi, par celui de l'Hay ; il est en plaine, et sa surface présente peu d'inégalités.
Qualité des terres. — Les terres de cette paroisse sont partout d'une bonne qualité; mais celles qui se trouvent au voisinage des territoires de l'Hay et d'Arcueil sont meilleures ; le terreau y est en plus grande quantité, et on trouve au-dessous de la couche végétale plus de 3 pieds de terre forte et argileuse.
Fabriques de briques. — Il n'y a point de carrières dans le territoire du Bourg-la-Reine, et je n'ai point trouvé d'excavations assez considérables pour reconnoître la nature des terres à une grande profondeur. J'ai vu seulement, à côté du village, sur le chemin qui conduit à Sceaux, un endroit où Ton retire une terre argileuse, dont on se sert pour faire des briques grossières. Cette terre se trouve immédiatement au-dessous de la couche végétale ; on emploie même celle-ci, et les ouvriers la trouvent fort bonne. Plus on creuse profondément, et plus cette terre perd de sa qualité, la partie argileuse devenant toujours moindre ; on n'en retire plus au delà de 8 à 10 pieds de profondeur. Elle est peu argileuse et elle contient de la terre calcaire en assez grande quantité, car elle fait vivement effervescence avec les acides. Pour l'emnlover, on n'a
besoin que de la bien pétrir avec de l'eau et de lui laisser prendre ensuite un peu de solidité; on en forme alors les briques, que Ton laisse sécher avant de les soumettre au four. On les enduit d'un sable jaunâtre, que l'on retire dans le terroir de Sceaux, pour empêcher que ces briques, qui ne sont pas encore sèches, ne se collent les unes aux autres. Les fours sont construits dans la terre. On a le soin de pratiquer au bas une voûte, qui sert de fourneau. On place les briques, entravers, les unes sur les autres, croisées et à quelques pouces de distance, de façon qu'elles laissent entr'elles un espace suffisant pour que le feu puisse se répandre également partout. Le dessus du four est couvert de terre ; on laisse seulement quelques ouvertures qui doivent servir de cheminées. La brique n'étant jamais cuite qu'imparfaitement, il ne faut pas un degré de feu bien considérable.
Il y a, à la paroisse du Bourg-la-Reine, une manufacture de faïence d'une assez bonne qualité; on y emploie différentes argiles, mais surtout celle de Gentilly. Comme ces argiles se trouvent trop grasses, on y ajoute du sablon, qu'on retire de la vallée de Fécan et dont j'ai déjà parlé dans le mémoire sur Confians. Ce sablon rend l'argile plus propre et plus facile à être travaillée, et l'empêche de prendre trop de retraite et de se fendre en séchant. On fait entrer dans la composition de l'émail de cette faïence un beau sable blanchâtre quartzeux, qu'on fait venir de Nevers. Ce sable a besoin d'être lavé avant d'être employé, afin d'en séparer le peu de terre qui s'y trouve mêlée. Les différens vases que l'on construit sont moulés sur des moules de plâtre ; ils sèchent plus tôt et ne se fendent
l'agriculture des environs de paris en 1786. 291
pas. Les assiettes et autres petits vases ronds, quoique moulés, passent au four; on les fait sécher; on les place ensuite dans les gasettes, comme la porcelaine, et on les soumet au four, à l'action d'un feu peu considérable. Seulement, pour donner à ces vases un peu plus de solidité, on leur met alors la couverture ou émail, et on les remet au four; on pousse alors le feu, on le rend très vif et suffisant pour fondre, non seulement l'émail, mais pour donner le degré de cuite que le vase n'avait pas encore obtenu. La construction de ces fours est la même que ceux où l'on cuit la porcelaine.
Produits du sol. — Les terres du Bourg-la-Reine produisent du blé, du seigle, des orges, des avoines, des pois et autres grains. On y voit peu d'arbres fruitiers et point de vignes. Il y a quelques prairies artificielles en luzerne, répandues ça et là dans tout le terroir.