MONTROUGE
Exposition générale. — En sortant de Paris par la barrière d'Enfer, on entre dans le territoire de la paroisse de Montrouge. Ce territoire a peu d'étendue ; il est resserré de toutes parts : au couchant, par celui de Vanves; au midi, par celui de Châtillon; au levant par
ceux d'Arcueil et de Bagneux, et. au nord, par Paris; il est en plaine, et sa surface est unie.
Qualité des terres. — Les terres de cette paroisse sont d'une bonne qualité ; la couche végétale est épaisse, et on découvre au-dessous une terre un peu sablonneuse mêlée de petits cailloux, mais d'ailleurs assez propre pour la végétation.
Minéralogie. — On trouve dans la plaine de Montrouge, principalement du côté du terroir de Vanves, plusieurs carrières d'où l'on retire du moëlon et du liais. Les carrières ont environ 65 pieds de profondeur ; leur ouverture est en forme de puits, et les terres sont soutenues , presque jusqu'au bas , par un mur, parce que ce ne sont que des sables peu argileux qui n'ont pas assez de solidité. A la profondeur de 45 pieds, où finit le mur, on trouve :
Marne grisâtre un peu sablonneuse... 4 pieds
Sable, pierre calcaire et tuf mêlés ensemble 6 —
Pierre coquillère dure divisée en deux couches, servant de voûte à la carrière 2 —
Pierre de taille ou moëlon 1 —
Pierre tendre
Pierre tendre
Moëlon
Pierre tendre
Pierre tendre
Pierre de liais
On attaque et on creuse latéralement l'avant-dernière couche, celle de pierre tendre, et on ne retire la pierre de liais qui se trouve au-dessous que lorsque la masse supérieure a été enlevée. Du reste, l'exploitation
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l'agriculture des environs de paris en 1786. 293
de ces carrières est la même que celle de Bagneux.
Les eaux s'infiltrent de toutes parts dans la carrière, mais. elles ne s'y amassent pas en grande quantité ; on pratique des petits réservoirs où elles s'amassent et d'où elles pénètrent plus profondément dans la terre. Ces carrières m'ont paru les moins sûres de toutes celles que j'ai parcourues jusqu'à présent ; les ouvriers doivent y apporter la plus grande attention et multiplier les piliers. La voûte, de 2 pieds d'épaisseur seulement, est crevassée en différens endroits ; elle n'a pas la solidité convenable pour soutenir les terres supérieures ; d'ailleurs, les eaux qui filtrent peuvent faciliter son affaissement.
Entre la barrière d'Enfer et le village de Montrouge, et à la droite du chemin de Paris à Orléans, on retire un sablon d'un jaune d'ocre, un peu argileux, dont les potiers se servent et qu'ils mêlent à de la terre glaise pour la fabrication de leur poterie ; le terrain est fouillé dans une assez grande étendue. Il présente :
Terre végétale I pied 3 pouces.
Terre un peu sablonneuse et mêlée à
quelques petits silex 3 —
Sablon fin argileux, d'un jaune d'ocre. 8 —
12 pieds 3 pouces.
Productions. — Les terres de la paroisse de Montrouge sont très bien cultivées ; on y voit beaucoup de prairies artificielles en luzerne, des seigles, des avoines, des orges, etc., et peu de blé, quoique ces terres y soient très propres ; mais on préfère la culture des autres grains, afin de ne pas laisser reposer les terres.