L HAY, LA RUE
Exposition gêner nie. — Le territoire de ces deux villages, qui n'en font qu'un et dont l'étendue est cepen-
dant un peu moins considérable que celui de Chevilly, est borné : au nord, par le territoire d'Arcueil ; au levant, par ceux de Villejuif et de Chevilly ; au midi, par celui de Fresne, et, au couchant, par celui de Bourg-la- Reine. Il est en plaine, au levant des villages \ mais la majeure partie est située sur une pente qui se trouve au couchant, depuis les deux villages jusqu'à la petite rivière de Bièvre. Au bas de cette pente et tout le long de la rivière, on voit une vallée, très agréable et très fertile, qui est une suite de celle d'Arcueil, au milieu de laquelle coule la Bièvre. Cette vallée est terminée, du côté des villages, par le terrain incliné dont nous avons parlé, un coteau ou côte, qui n'est qu'un prolongement de celui dont nous avons parlé aux articles de Gentilly, d'Arcueil et de Villejuif, et qui s'étend, depuis Paris jusqu'au delà de Fresne, à peu près dans la direction du nord au midi, ayant son inclinaison au couchant. La rivière et la vallée suivent toujours la direction de la côte; la partie supérieure est en plaine, et elle s'unit à celles de Gentilly et de Villejuif.
Qualité des terres. — Les terres de cette paroisse sont, en général, d'une bonne qualité à la partie supérieure de la côte. La qualité des terres diffère peu de celles de Chevilly : elles y sont fortes, un peu argileuses, mais elles contiennent beaucoup de terre calcaire. Sur la partie inclinée, elles sont d'une assez bonne qualité ; la couche végétale y est assez épaisse, et audessous on trouve encore 2 ou 3 pieds de terre assez bonne, mais plus ou moins crétacée; la surface est couverte de cailloutages de différente nature ; on y voit des silex et des pierres. Au bas de la côte, à droite et àgau-
l'agriculture des environs de paris en 1786. 327
che de la rivière, les terres y sont excellentes et fertiles ; elles abondent en terreau, et la couche végétale y est très épaisse.
Minéralogie. — On a ouvert depuis longtemps une plâtrière auprès du hameau de La Rue et on y a retiré plusieurs fois, à une très grande profondeur, du plâtre d'une assez bonne qualité ; mais on Ta toujours bientôt abandonnée , parce que les dépenses qu'occasionnoit l'exploitation étoient trop considérables, excédant souvent les produits ; car, indépendamment de la profondeur, qui rend l'exploitation plus difficile et plus coûteuse, on ne se garantissoit des eaux qui filtroient de toutes parts qu'avec beaucoup de peine, et elles augmentoient les dépenses ; de plus, la masse de gypse exploitée n'étoit ni bien considérable ni d'une qualité supérieure.
A l'extrémité du territoire de l'Hay, à la jonction de ceux d'Arcueil et de Villejuif, une excavation présente :
Terre végétale 1 pied .
Terre argileuse un peu sablonneuse 3 —
Terre argileuse et presqu'entièrement sablonneuse. 2 —
Sablon 4 —
10 pieds.
A la partie inclinée du coteau, on voit :
Terre végétale I pied.
Terre un peu sablonneuse et très calcaire 2 —
Terre crétacée * 3 —
6 pieds.
Productions. — Les terres de cette paroisse sont très bien cultivées, et les productions en sont très variées. La partie inclinée est plantée en vignes et en arbres fruitiers; on y voit beaucoup de cerisiers, de pommiers,
de poiriers et quelques noyers ; il y a peu de groseilliers. On y sème, outre cela, des grains, quelque peu de blé, de seigle, d'orge, d'avoine, beaucoup de pois et de haricots, des pommes de terre, du chanvre, etc. On y voit quelques prairies artificielles en luzerne. La vigne n'est que médiocrement chargée de raisin cette année, et il mûrit avec peine. Les arbres fruitiers n'ont pas beaucoup de fruits, quoiqu'ils eussent bien fleuri. Les terres paroissent très fortes et très fertiles dans la vallée ; elles sont presqu'entièrement en prairies naturelles, et le fourrage qu'elles ont fourni cette année, où le printemps a été pluvieux, a été très abondant. Les bords de la rivière sont plantés en saules.