‹ Mélanges scientifiques et littéraires (volume 2)Chapitre 60 sur 86 · II. — ESPÈCE OVINE · texte numérisé non relu

II. — ESPÈCE OVINE

Avant 1852, la Californie ne possédait que les moutons à laine rude du Mexique. Depuis et pendant longtemps on en fit venir encore beaucoup du Nouveau- Mexique.

Les premiers moutons qui sont venus de Test arrivaient de rillinois et du Missouri : c'était en 1852. Les divers troupeaux de chaurros ont été croisés avec les meilleurs sangs de l'est, et la race originaire mexicaine, petite, rude, à laine rare, a disparu, bien que sa rusticité, ses habitudes et ses instincts naturels se soient en partie conservés dans ses descendants perfectionnés. Quel était le sort de ces convois amenés de si loin? Sur 100 moutons, il en survivait de 30 à 40; mais ces 30 ou 40 valaient quatre ou cinq fois le prix d'achat. Après les espèces supérieures de rillinois, du Missouri et de FOhio, est venu le bélier mérinos espagnol. Les trois quarts des moutons californiens sont aujourd'hui des mérinos de qualité supérieure.

Jusqu'à ce que le commerce des mérinos ait atteint son apogée en Californie, ses progrès ont été irréguliers. Les grandes tempêtes de l'hiver de 1861-1862, suivies des sécheresses de 1863-1864, furent désastreuses pour les troupeaux. Depuis dix ans, ceux qui ont succombé dans le sud n'ont pas encore été remplacés. En 1871, une autre sécheresse en fît périr encore 20 pour 100. La sécheresse de 1873 fit transporter les troupeaux à 233 milles vers les montagnes de la basse Californie. Dans le nord, les hivers de 1874, 1875, 1876, 1877, 1879 furent désastreux, et ce n'est qu'à partir de 1880-81 que la situation s'est montrée plus favorable. Les importations ont cessé, sauf pour les béliers destinés à améliorer les races.

Les principaux centres de la race ovine sont : Mendocino, Tehama, Humboldt, Sonoma, Colusa, Californie centrale, Fresno, Kern, Merced, Tulare, Stanislas et Sacramento, comptant chacun plus de 200.000 têtes.

Iresno en possède au delà de 750.000. Dans le sud, Los Angeles en compte 550.000.

En Californie, le mouton est franc de maladies.

Sauf dans le sud de la Californie, l'élevage des moutons est généralement associé à l'agriculture proprement dite. Dans le Tehama, dont on a tiré 25.000 moutons en 1879, et qui en nourrit une moyenne de 275.000 par an, un cultivateur, grand producteur de froment et de moutons, cultivait 15.000 acres de froment et possédait 16.000 moutons. En hiver, dans cette exploitation, les moutons paissent librement sur des plateaux de lave couronnant les hauteurs, avec une vallée à l'ouest et des montagnes à Test. Ces moutons ne sont que l'accessoire de la ferme, et utilisent les chaumes et les fourrages perdus. On les conduit ensuite sur les plateaux volcaniques, où ils vivent jusqu'au printemps ; de là, ils se rendent sur les montagnes, où ils restent jusqu'après la moisson. On les réunit alors pour en former des troupeaux de 8.000 moutons environ. En été, ces troupeaux sont réduits à 2.500 ou 3.000 têtes, sans distinguer les jeunes et les vieux, les brebis et les agneaux. Il y a vingt ans, le Tehama était encore un pays abandonné sans culture et sans troupeaux. L'agriculture s'est vivement étendue : elle a diminué l'étendue des pâturages et modifié la nature des exploitations. Maintenant, un petit nombre de bergeries sont indépendantes des fermes. Les grandes propriétés tendent à se diviser. Dès qu'un homme de travail et de courage croit pouvoir vivre sur une portion de terre appartenant à l'État, il la prend ; de sorte "que l'agriculture gagne partout sur le régime pastoral.

Les terrains volcaniques se trouvent sur le versant

sud de la Sierra et nourrissent un mouton par 4 acres. En été, sur les montagnes, un seul acre suffit. Il en est de même des pâturages à l'ouest du Sacramento.

Le nombre des moutons ne doit pas atteindre le chiffre de 13.000 dans le Tehama. Jadis ce chiffre était bien plus élevé.

Dans la Sierra-Nevada, les moutons se trouvent bien de leurs pérégrinations des hautes aux basses terres. L'exploitation de ces régions pourrait être considérablement modifiée. Les pâturages des montagnes sont une place de refuge pendant les étés qui brûlent les fourrages de la plaine.

Les meilleures laines californiennes viennent du Nord, particulièrement des comtés d'Humboldt, Mendocino et Tehama ; les plus pauvres en qualité sont celles de Los Angeles et San-Bernardino, dans le Sud. Les laines du Nord sont mieux venues, plus exemptes de graines et de bourre, par suite des lavages naturels au' elles subissent sur le dos de l'animal lors des grosses pluies d'hiver et de printemps. Les éleveurs du Sud compensent par le poids de la viande l'infériorité de leurs laines. Leurs moutons sont bien mieux nourris.

Il faut remarquer que les meilleures laines californiennes sont utilisées sur place. Les couvertures de la Californie jouissent d'une réputation universelle.

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