ANTOINE PASSY. XIX
« légères comme les feuilles des arbres; édifices si bien « adaptés aux cérémonies du culte chrétien qui alors « était l'unique fondement de l'ordre et la seule idée « générale appliquée à la civilisation. — On a retrouvé, « ajoute-t-il, ces lignes de défense de nos aïeux, guer- « riers du berceau à la tombe ; leurs forteresses ont été « étudiées, et l'on a vu là tout un art militaire qui avait « ses Cohorn et ses Vauban. Enfin les couvents, cita- « délies où se défendait l'intelligence humaine au milieu « des invasions des barbares, sont devenus l'objet d'in- « vestigations intéressantes ; car l'on ne peut voir sans « émotion les retraites où l'on écrivait si laborieusement « nos doctes et naïves chroniques, ces asiles où s'étaient « conservés, à l'abri des autels, les trésors épargnés de « la littérature ancienne, et d'où les arts se sont élancés « de nouveau pour consoler le monde. »
Tantôt il proclame ces principes si vrais de politique et d'économie sociale qu'il ne faut jamais se lasser de répéter, et qui, dans sa bouche, prenaient une nouvelle autorité. « La liberté, disait-il, consiste surtout à n'être « pas arrêté dans ce qu'on entreprend pour le bien gé- « néral. L'Administration ne peut et ne doit qu'exciter, « aider ou favoriser ce qui se fait d'utile ; mais on a tellece ment en France l'habitude de la voir agir, ou d'exiger « d'elle qu'elle agisse spontanément sur tous les points, « que l'on est tout étonné quand d'autres se mêlent de « la chose publique. » Ces paroles, qui datent d'un demisiècle, ne sont-elles pas encore justes aujourd'hui, et nos Sociétés ne doivent-elles pas s'appliquer ces virils conseils qu'il exprimait dans une autre occasion : « L'ac- « tion principale du pouvoir est le maintien de l'ordre et « de la sécurité publique, afin que les intérêts privés et