XVIII ANTOINE PASSY
leuses conceptions du monde antique, si Paris et Londres se donnent un jour la main en supprimant la mer et ses orages, c'est grâce à la science dont Antoine Passy se rendait ainsi, il y a plus de quarante ans, l'un des plus dignes interprètes. Il a formulé, en termes qui nous paraissent aujourd'hui prophétiques, l'annonce d'un prodigieux résultat, entrevu dès lors sans doute par la hauteur sereine de son esprit, et dont il nous sera donné peutêtre de voir la réalisation.
Sans se laisser absorber par la publication de ce travail important, Antoine Passy lit paraître, la même année (1822), une Notice géologique sur le département de l'Eure, insérée au Recueil de la Société locale d'agriculture, arts et belles-lettres. Ce n'était là sans doute qu'une esquisse contenant la description de tous les terrains du département et destinée à servir de prodrome à un ouvrage plus étendu. Mais quelle connaissance parfaite des localités! quelle clarté et quelle sobriété dans toutes les indications ! Jamais l'érudition oiseuse, le vain étalage de mots ambitieux n'arrête le lecteur. Tout est simple, net, lumineux; tout va directement au but d'utilité pratique que l'auteur se propose; et il ne perd jamais de vue les intérêts de l'industrie et les besoins de l'agriculture. Nous pouvons aujourd'hui apprécier toute la valeur du grand ouvrage posthume qui vient d'être publié sous les auspices du Conseil générai de l'Eure.
Quelque étendu que soitdéjàce champ d'investigations, l'activité intellectuelle d'Antoine Passy ne le trouvait pas encore assez large. Tantôt, abordant les questions archéologiques, il décrit « ces églises vastes, élégantes, si har- « diment voûtées, surmontées d'obélisques à découpures