XX ANTOINE PASSY
« généraux puissent se mouvoir librement... C'est « rester dans un état de dépendance volontaire que de « solliciter sans cesse le pouvoir de donner des secours « à tel ou tel intérêt. C'est aux citoyens à faire leurs « affaires eux-mêmes, et c'est là que nous voulons les « amener. »
Tantôt enfin il trace à l'agriculture son véritable programme dans des termes d'une justesse frappante : « Le « manufacturier, dit-il, est sans cesse occupé à précipiter « la marche de toutes choses; il se hâte sur tout, et im- « prime son ardeur à tout ce qui l'entoure; il gagne à <( ce que les mouvements de ses métiers soient plus ra- « pides, à ce que ses ouvriers ne perdent aucune minute « du temps qu'il leur a acheté, à ce que ses matières pre- « mières arrivent sans retard, que ses ventes soient « promptement effectuées, que ses capitaux circulent « avec vitesse, se transforment, se métamorphosent sans (( cesse pour se consolider définitivement entre ses « mains. Ces caractères sont aussi ceux d'une partie de « l'industrie agricole. Mais il y a, dans l'enfantement de « ses produits réalisables, des conditions tout autres; « ses labours doivent être faits avec méthode et régula- « rite; ce n'est pas au galop que ses chevaux tirent la « charrue et la herse; on attend patiemment les jours « convenables pour les semailles; on attend l'instant « propice pour herser, pour sarcler; on ne peut récolter « que dans des circonstances d'atmosphère indépen- « dantes de toute volonté ; les procédés de fumure et « d'amendement qu'on emploie sont le résultat d'une « longue observation des sols, d'une lente application « d'expériences recueillies et combinées. Il résulte de « ces données naturelles plus de défiance pour les nou-