‹ Mélanges scientifiques et littéraires (volume 3)Chapitre 12 sur 67 · ANTOINE PASSY. XXI · texte numérisé non relu

ANTOINE PASSY. XXI

« veautés, un attachement opiniâtre à ce qui est appris « par tradition, une grande irrésolution avant de livrer « tout l'espoir de ses bénéfices aux chances d'une pra- « tique incertaine. »

Les progrès de l'agriculture et son influence sur la civilisation en général lui fournissent l'occasion d'établir un saisissant contraste. S'adressant à la foule qui se pressait à un concours de charrues : « Jadis, s'écrie-t-il, « la multitude entourait ainsi des lices splendides, les « balcons étaient parés de riches tapis où se déployaient « les couleurs diaprées des nobles armoiries... Les « humbles cultivateurs applaudissaient aussi à ce bril- « lant spectacle. Ils étaient loin de croire qu'un jour « viendrait où les joutes somptueuses des barons se- « raient oubliées, tandis que les tournois de l'agriculture « deviendraient un grand intérêt public, et que la civi- « lisation n'en voudrait plus d'autres. »

Qu'attendre en politique d'un fonctionnaire rempl d'idées si larges et si élevées? Loin de lui ces éclats d'un zèle passionné et indiscret dont l'affectation cache le plus souvent l'inapplication et l'incapacité. « Laissons, « disait-il, laissons tenir aux partis vaincus par la force « des lois le langage du dépit et de la colère; ne livrons « pas notre bien-être social, nos institutions libres, « fortes et sages, les richesses et le repos du présent et « de l'avenir à de hasardeux regrets... » Pourtant l'époque prêtait aux représailles, au moins aux récriminations les plus amères. Mais l'àme haute et sereine d'Antoine Passy était inaccessible aux rancunes et aux passions des partis. Il voyait, dans ses administrés, non des instruments politiques, des électeurs à enrégimenter, mais des hommes attachés au sol et qu'il fallait se

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