XXII ANTOINE PASSY
garder d'en détourner. « Oui, disait-il, cette bonne « terre du Vexin, à toutes les époques, a nourri une « pépinière d'hommes adonnés aux labeurs des cam- « pagnes, ménagers de leur temps et de leur argent, et « qui savent à la fois entreprendre avec vigueur, con- <( duire avec prudence leurs travaux variés, conserver « les fruits de leurs guérets et les laisser à leurs enfants, « avec de bons exemples à suivre. L'aisance est le prix « du travail, de l'intelligence et de la probité. Là où l'on « voit un pays paisible et riche, on peut hardiment <( assurer que ses habitants sont laborieux, honnêtes et h éclairés. »
Ce n'étaient pas là de vaines paroles. Tout dévoué au département qu'il administrait, il n'avait pas une pensée qui ne lui appartînt. Aussi, quand une combinaison politique lui enleva ses fonctions, emporta- t-il, dans sa retraite, d'unanimes regrets, dont la preuve ne se fit pas attendre. Quelques mois après son départ de la préfecture, les électeurs des Andelys le choisissaient pour les représenter à la Chambre des députés, où ils le maintinrent à trois reprises différentes. La révolution de 1848 et le désistement volontaire de M. Passy purent seuls mettre fin à cet honorable mandat. De plus, en 1841, il avait été nommé conseiller général pour les cantons réunis de Fleury et de Lyons.
Appelé au Conseil d'État en 1839, il accepta, en 1840, le poste de sous-secrétaire d Etat au ministère de l'intérieur et fut promu au grade de commandeur de la Légion d'honneur en 1844. Quelque position qu'il occupât, de quelque dignité qu'il fût revêtu, il restait fidèle aux principes de justice et d'impartialité qu'il avait si hautement proclamés. Il pouvait dire, avec un juste