ANTOINE PASSY. XXIII
orgueil, à ses amis du département de l'Eure, quand il reparaissait devant eux comme simple particulier, pour présider la Société libre d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres de l'Eure : « Fidèle, avant tout, aux inté- « rets sérieux et permanents de nos concitoyens, nous « les étudions, nous les défendons, nous hâtons leurs « progrès suivant nos forces, qui ne sont peut-être pas « égales à notre zèle, mais qui sont entièrement con- « sacrées au bien public. »
Au milieu de l'inconstance des événements, Antoine Passy conservait à la science ses plus tendres et ses plus solides affections. Il y trouvait la consolation des désabusements et des incertitudes de la politique. Lorsqu'en 1832 s'organisa la Société géologique de France, il figura parmi l'élite des membres fondateurs. Ce rang lui était naturellement assigné tant par sa description du département de la Seine-Inférieure que par d'autres ouvrages de moindre importance publiés antérieurement. Le premier, comme nous l'avons déjà dit, est une Notice sur le succin de Noyers, cette substance dont l'origine était restée inexpliquée jusqu'à nos jours, bien que l'antiquité et le moyen âge eussent exercé, pour en rendre raison, l'imagination de leurs poètes et la science de leurs philosophes. Antoine Passy a su donner la véritable explication de la nature de cette intéressante production, jusque-là indécise entre les trois règnes : « L'extraction « poursuivie à Noyers, au bord du Vexin normand, a « montré une couche d'arbres fossiles transformés en « lignite. Ces arbres, au dire des ouvriers, sont couchés « toujours dans le même sens; ils sont accompagnés de « débris de branches, et la marne brune qui les enve- « loppe porte l'empreinte des feuilles et même leurs