ANTOINE PASSY. XXV
« diligence pour rentrer chez soi et s'y reposer d'un « voyage fatigant. » M. Passy n'avait pas désiré le pouvoir : il l'avait exercé avec conscience, mais sans s'y attacher; il le quittait sans colère et sans regret, avec un désintéressement tellement sincère qu'il s'ignorait lui-même. Ce stoïcisme modeste lui eût mérité une place parmi les sages de l'antiquité, et Plutarque eût aimé à raconter sa vie.
De 1838 à 1848, il se signala à la Chambre des députés par plusieurs rapports remarquables, parmi lesquels je dois citer : 1838, l'exposé des motifs du projet de loi sur la conversion des rentes; un discours prononcé dans la discussion d'un projet de loi relatif au chemin de fer de Paris à la mer; — 1839, un discours sur le régime des prisons; — 1841, un discours sur le même sujet;
— 1842, un discours sur le même sujet, avec des détails sur le système appliqué au Mont-Saint-Michel;
— 1843, une circulaire sur l'assimilation des orphelins pauvres aux enfants trouvés; — 1844, différents discours sur un projet de loi relatif aux prisons et sur des questions budgétaires spéciales; — 1845, plusieurs discours sur les caisses de retraite; — 1846, plusieurs discours sur les enfants trouvés, la mendicité, le travail dans les prisons; — toutes questions sur lesquelles son expérience et sa haute raison pratique portaient la lumière; il suivait en cela la voie que commençait dès lors à parcourir, en ce qui concerne la réforme pénitentiaire, un autre homme illustre, M. de Metz, qui a laissé après lui une œuvre qu'on avait jusque-là tenue pour chimérique.
Alarévolution de Février, M. Antoine Passy abandonna pour toujours la scène politique. Quoique dans la force