‹ Mélanges scientifiques et littéraires (volume 3)Chapitre 42 sur 67 · SUR LA TOMBE DE M. BERTIN · texte numérisé non relu

SUR LA TOMBE DE M. BERTIN

seil général de la Somme, enfin la situation considérable qu'il s'était faite dans ce département, et qui, s'il l'avait voulu, lui eût été assuré une place à la Chambre des députés; mais je suis certain de remplir ses derniers, ses plus pressants désirs, en n'insistant pas sur des succès qui demeurent des titres d'honneur pour toute sa famille, et en reportant au contraire toutes vos pensées vers le souvenir des sentiments affectueux et reconnaissants qu'il prodigua jusqu'au dernier jour à son admirable veuve, à son excellent fils, à ses parents, à ses amis et à vous tous, mes chers confrères.

« Consolez-vous donc » ; c'est encore Berlin qui l'a dit et qui le veut. « Je ne crains pas la mort, répétait-il souvent, car je suis sûr de retrouver ceux que j'ai perdus. » Quand la mort s'approche pas à pas, les choses de la vie prennent des aspects nouveaux. Tout ce qui a rempli notre existence de peines et de plaisirs s'efface, s'évanouit et tombe dans l'indifférence et dans l'oubli. Et pourtant dans les troubles que la maladie portait dans les forces de son corps et dans les clartés de son esprit, une espérance jaillissait tout à coup, et venait éclairer d'une douce lumière le spectacle que ses souffrances donnaient à ses amis. Bertin est mort en chrétien. Yoilà le secret de cette fin douloureuse et résignée. Toute sa vie se résume dans une dernière parole de force, de consolation et de confiance : « Adieu et merci! Quand on croit, on n'est pas malheureux! »

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