III. Logement et nourriture des troupes. — Les com
missions départementales n'ont pu vérifier avec autant d'exactitude les réclamations pour le logement et la nourriture des troupes, et quoiqu'elles aient remarqué qu'il serait étrange de ne pas rembourser l'entretien des troupes allemandes avant le 3 mars, quand on payait l'entretien des troupes occupantes après le 3 mars, elles ont néanmoins reconnu que la charge du logement et de la nourriture était une des moins faciles à constater et des plus difficiles à rembourser. Suivant en cela les instructions contenues dans la circulaire du 12 décembre, elles ont ramené à une estimation unique la charge du logement et de la nourriture, c'est-à-dire pour le logement à 40 centimes par homme et par nuit et à 15 centimes par jour et par cheval. La nourriture a été évaluée à 1 franc par homme quel que soit son grade, et à 2 francs par cheval.
IV. Dommages résultant des réquisitions non justifiées, de vols, d incendies, de faits de guerre, de V occupation de troupes. — Il est bien évident que dans cette catégorie de dommages doivent se rencontrer les pertes les plus intéressantes comme les pertes les plus suspectes. Les commissions départementales ne l'ont pas dissimulé; mais elles n'en ont pas moins fait des efforts très heureux pour arriver à des constatations sérieuses.
Presque partout la pitié et la justice ont attiré les regards sur la situation des incendiés. Quoique relégués dans une catégorie de dommages qui ne semblent pas appeler une réparation complète et immédiate, les incendiés ont pris le premier rang dans presque toutes les décisions des commissions départementales.
11 semble qu'on ait ainsi voulu protester contre cette
odieuse pratique, de l'incendie allumé à la main. Que dans l'acharnement du combat, que dans la prise d'une ville l'incendie s'allume par le feu de l'ennemi, c'est l'inévitable sort de la guerre : mais que froidement, comme châtiment, comme vengeance, des maisons et des villes soient livrées aux flammes, c'est ce que nous ne pouvons plus comprendre. Aussi, les commissions départementales ont-elles pris soin de faire estimer les dé-" gàts commis, et d'envoyer à ces victimes innocentes un premier secours, comme si elles espéraient contribuer à les faire replacer, dans la réparation finale, à un rang exceptionnel. Et, en effet, qui pourrait nier que les incendiés de Chàteaudun, de Bazeilles, d'Elrépagny, ne mériteraient pas la même pitié que les incendiés de Paris?
Si les commissions départementales ont dû, la plupart du temps, accepter les déclarations des commissions cantonales pour les dommages de cette catégorie, du moins, elles ont relevé beaucoup de réclamations inscrites, à double titre, dans les catégories des réquisitions en nature, du logement et de la nourriture des troupes.
L'ordre est donc rétabli pour liquider les pertes subies par l'invasion, et c'est avec confiance que nous vous présentons les résultats de l'enquête ouverte par notre commission, poursuivie par le gouvernement et qui se résume dans les chiffres suivants :