XVI ANTOINE PASSY
<( qu'elles exercent sur les esprits généreux, de cette sa- « tisfaction grande et perpétuelle qu'elles procurent aux « hommes quand les avantages de la société se retirent « d'eux; mais c'est aussi et surtout parce que leur utilité « est reconnue, qu'elles ne sont plus de vains amuse- « ments de l'esprit, que, de toutes parts, on s'inquiète « de leurs conquêtes qui alimentent les procédés indu- « striels et concourent au bien général. »
J'ai pu constater par moi-même que cette Normandie, dont son cœur était rempli, conserve fidèlement le souvenir de son administration et que son nom y est encore vénéré. Elle qui a enfanté les Corneille, les Malherbe, les Poussin, n'a pas oublié le nom plus modeste d'Antoine Passy! Jamais aussi elle n'eut de fils plus tendre et plus dévoué ; l'amour du sol natal embrase son cœur et donne à ses accents le ton de la plus haute éloquence. « Notre région, s'écrie-t-il, est la mère des compagnons « d'armes de Tancrède de Hauteville et de Guillaume le « Conquérant. C'est dans nos familles de cultivateurs « que les pairs d'Angleterre cherchent à retrouver les « racines de leurs arbres généalogiques; c'est aux « branches de nos pommiers qu'ils cherchent à ratta- « cher leurs écussons. »
« Je suis fils du sol normand, disait-il un autre jour; « la charrue y a été conduite par la main de mes pères, « et ma famille tient à cette terre fertile par des racines « étendues et profondes. Toute mon ambition, c'est qu'on «reconnaisse dans mon cœur le sceau de mon origine, « l'amour de l'agriculture. »
Les travaux administratifs de M. Passy ne l'empêchaient pas de poursuivre ses études scientifiques, au nombre desquelles la géologie semble avoir pris, à cette