ANTOINE PASSY. XV I
époque de sa vie, une place prédominante. En 1826, l'Académie royale des sciences, belles-lettres et arts de Rouen avait mis au concours un travail sur la statistique minéralogique de la Seine-Inférieure. Comme, dans les années précédentes, il avait parcouru ce département en recueillant des notes d'histoire naturelle et des échantillons de roches et de fossiles, il croyait posséder assez de documents pour répondre h cet appel, et il se hâta de présenter à l'Académie un Essai sur la constitution géologique de la Seine-Inférieure.
Mais l'Académie considéra cet ouvrage comme ne réalisant pas son programme. Aussitôt M. Passy, avec une persévérance et une modestie qu'on ne saurait trop louer, recommença son travail et publia sa description géologique du département de la Seine-Inférieure. Cet ouvrage fut couronné par l'Académie, qui en ordonna l'impression. C'était en 1832. L'auteur n'avait pas craint de modifier plusieurs des opinions qu'il avait avancées dans l'Essai préliminaire, et il le dit avec la droiture d'un homme qui n'a d'autre but que la vérité. Il n'hésita pas non plus à rendre hommage au génie de M. Elie de Beaumont, alors à ses débuts.
Le livre d'Antoine Passy est plein de faits, de détails et d'observations qui semblent avoir épuisé la matière. a J'ai voulu, dit-il, en finissant, qu'un département si <( riche et si éclairé, situé entre Londres et Paris, les « deux villes du monde où la géologie est le plus en « honneur, continuât cette chaîne de contrées où la « science a porté ses investigations. — Tout l'intervalle <( entre Paris et Londres est maintenant comblé. » Si notre siècle réunit ces deux capitales par ce tunnel gigantesque dont le projet seul dépasse les plus merveil-