A LA CÉRÉMONIE FUNÈBRE DU 27 DÉCEMBRE
îl y a quatre ans à peine, la France proclamait la gloire d'un de ses enfants. Le Gouvernement représentait la patrie. Au bruit des applaudissements que suivaient de longues ovations. Pasteur était élevé au rang suprême de bienfaiteur de l'humanité.
Aux scènes triomphales de la vie ont succédé les cémonies funèbres de la mort. Pasteur n'est plus; mais si sa dépouille mortelle revient aujourd'hui de Notre- Dame reposer dans cet admirable tombeau élevé par la piété de sa veuve et de ses enfants, il y a longtemps que son âme immortelle a pris son essor. Son esprit n'a pas cessé de remplir cette noble demeure, qui porte à jamais son nom; son souvenir, ses leçons, ses exemples, soutiennent et guident ses fidèles disciples dans le combat contre les souffrances de l'humanité. Son souvenir, ses leçons, ses exemples planent encore et planeront toujours sur les Compagnies savantes auxquelles il était associé,
Si, par une faveur qui nous pénètre de reconnais-
62 i HOMMAGE RENDU A LA MÉMOIRE DE PASTEUR.
sance, la Société nationale d'Agriculture a été conviée à rendre hommage au grand homme qui fut notre confrère, c'est que l'agriculture a été le théâtre de ses actions scientifiques et que, la première, elle a recueilli le bénéfice de ses immortelles découvertes. Les scènes agricoles qui ornent les murs de cette crypte marquent les dates et le caractère de chacune de ses victoires. Toutes ou presque toutes sont des victoires pour l'agriculture.
Au début, Pasteur semblait se consacrer à l'étude des cultures spéciales et des industries agricoles. Tout à coup il entre, pour la dominer, dans l'économie des animaux.
C'est en étudiant les relations alors inconnues des maladies microbiennes et des maladies virulentes, qu'il découvre par les virus-vaccins les moyens de les combattre et de les guérir. Pasteur confirmait alors par de nouveaux exemples les relations providentielles qui unissent l'homme et les animaux et qui, sans les confondre, les rapprochent dans le cadre d'une même physiologie et d'une même pathologie. L'art encore jeune de la médecine vétérinaire était porté du même coup dans la vieille science de la médecine humaine, et l'art vétérinaire nous appartient.
Le génie de Pasteur, qu'il nous soit permis d'en apporter le témoignage, n'était pas fait seulement de conscience et de volonté; il était fait aussi de sentiment. Pasteur avait pour tous les êtres vivants les tendresses passionnées de saint François d'Assise. Il souffrait des maux que la nature impose à l'homme. Il souffrait des souffrances qu'il imposait aux victimes de ses expériences. Il était bon, et cette bonté venait au secours de