DE NEUF CATÉGORIES DE PERSONNES VILES
longtemps et, après leur défaite, leiars descendants furent privés des droits communs du peuple.
3® Kieou-sing-yu-hou it ^ Wi ^ "Les pêcheurs des Kieou-sing-yu- "neuf noms patronymiques." Cette catégorie se trouve de^neu^^^'n^ dans la Province de Tché-kiang ^ ^t- Vers la fin de patronymiques. la dynastie des Yuen 7^1 environ 1358 ap. J.-C, lors d'un trouble public, un petit employé, Tchen Yeou^liang [^ j^ " 1^, descendu d'une famille de pécheurs, s'insurgea avec ses partisans et en 1360 ap. J.-C., après s'être emparé de quelques villes au S. du Yang-tse-kiang ^ "F flC^ il se proclama Empereur, avec le titre de règne Ta-i ^ ^, et Han JH comme nom de dynastie, mais il fut bientôt vainc.u par le fondateur de la dynastie des Ming f^. Les descendants de ces insurgés retournèrent à la profession de leurs ancêtres, comme pêcheurs et bateliers, et ils sont méprisés comme descendants de rebelles.
4® T'an-/iou^^ "Barbares du Sud." Ils se trouvent T'an-hou, Bardans la Province de Koang-tong Jf ;^, où leurs ancêtres, ^«^^s du Sud. originaires des îles du Sud, étaient venus. Il exerçaient le métier de bateliers.
5® Liao-min ^ JJ "Habitants des cavernes." Ils Liao-min,n&hidemeurent dans la Province de Koang-tong H ;^. Ce sont ^e^*^ ^^^ ^*^®^les descendants d'émigrés qui y étaient venus pour chercher des moyens de subsistance.
6® P'ong^min jgj^ Jg "Gens habitant dans des huttes." P'ang-min, Gens Ils se trouvent dans les Provinces de Fou-kien jjg ji, de huttes"* ^^""^^^^ Tché-kiang jfr flC et de Kiang-si Ûl H- Cîe sont les descendants d'étrangers qui étafent venus des régions barbares voisines s'établir dans ces provinces.
V Kai-hàu ï§ p "Mendiants." Ils se trouvent dans JTai/iow, Mendila Province de Tché-kiang fjfî ^ ainsi que dans Chang- *^*^' chou. ^ ^ et Tc/iao-wen HB ^1 Sous-préfectures de la Province de Kiang-sou ^ jl^. Ils sont les descendants de gens qui y étaient venus mendier.
S"* Pan-tang ^ g "Valets." Ils se trouvent à Hoei- Pantang, Vatcheou ^ jt|, Préfecture de la Province de Ngan-hoei ^ ^®**' ^, Leurs ancêtres étaient des valets ou suivants des familles nobles de ce pays.
9® Che-pou jH: ^ "Esclaves de naissance." Ils se Che-pou.'EsclB,' trouvent dans Hoei-tcheou ft>It|, Ning-kouo^^ei Tch'e- ""^^ ^^ ''^'^^^'''^' tcheou ^ jftj, Préfectures de la Province de Ngan-hoei ^ ^. Leurs ancêtres étaient, soit des esclaves vendus dans des familles nobles, soit des locataires de leurs champs ou des naturels du pays, qui s'étaient donnés comme esclaves à ces familles pour se mettre sous leur protec-
122 X. BZPOSÉ d'uNB CLAB8B DB PBR80NNB8 VILBS.
tion [1]. Cette catégorie de Che^pou i^ ^ se trouve aussi ^ dans Kiang-yn f£ |^, Sous-préfecture de la Province de Ki&ng''80U f£ j||^. On sait par tradition que ces esclaves appartiennent respectivement aux familles de leurs maîtres, mais il est impossible de déterminer quel membre de ces familles doit être reconnu comme leur maître actuel (1). Les esclaves sont appelés communément Siao^hou è\\ ^ **de petite famille" ou Si&o^sing >j^ ^ '*de petit nom," et les descendants des maîtres, Ta'-hou ^ p ^^de grande famille", ou Ta^sing ^ f^ **de grand nom." Les premiers demeurent soumis aux seconds et, quand il y a quelque corvée à faire, particulièrement pour les mariages, les funérailles et les sacrifices, leurs services sont requis, et ils n'osent pas les refuser. Si quelqu'un d'entre eux arrive, par son industrie, à acquérir une certaine fortune, il peut obtenir d'être dispensé de ces services, mais à prix d'argent. Il n'est pas rare que des gens pauvres, qui prétendent être leurs maîtres, emploient ce moyen peur leur extorquer de l'argent.
IL II est des emplois dont les habitante d'honnête con- Des emplois vils, dition auraient honte, et qui sont remplis parles hommes
de la classe dite vile, à savoir:
V Les emplois dans la célébration des noces, des funérailles, des anniversaires de naissance, et autres fêtes communément appelés Lou-c/ié ;S; 'Ê ou Lou^hiu ^ Jjg les ^^six catégories des emplois vils. Elles comprennent:
a) Tc/i'oei-c/ieou j^ ^ ou Kou^'tch'oei ^ j^, ceux qui sonnent de la trompette et battent le tambour: c'est ce qu'on appelle *4a musique bruyante", Tsau^yo }£. |j|;
b) TsHng-yn jj| ^, les joueurs de flûte et de luth : c'est ^ 4a musique légère" SUyo m |||;
c) P'aO'Cheou J^ ^, ceux qui sont occupés des boites à feu;
d) Tchang-li 'j^ jjB, ceux qui dirigent les cérémonies et proclament quand il faut s'agenouiller, se prosterner et se relever;
e) Tc/i'a-tan ^ |f|, ceux qui offrent du thé aux convives et font le service des tables;
f) T'ai-p'an ^^, Kang-kiao ^||, ceux qui portent les
Esclaves volon- [i] K(m Ten-ou JR ^ ^^ homme de grande érudition, qui vécut au
taires. nu
milieu du 17* siècle, yerâ la fin de la dynastie des Ming ^ et au commencement de la dynastie actuelle, disait, dans son ouvrage Je-tohe-lvu Q W^ fSc (L. 13, § 19) : "C'est actuellement la coutume dans le Kiang-nan fjC. m ^^^ lorsque quelqu'un a été nommé mandarin, un grand nombre de personnes se donnent à lui comme esclaves ; leur nombre atteint quelquefois un millier.
(1) V. Exposé IX. Des esclaves, N"; I, 7°; N°. III.
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présents sur des plateaux, qui portent les chaises nuptiales et les tablettes d'insignes et remplissent d'autres fonctions serviles, comme, par exemple, de courir devant ou derrière les chaises [2],
2® Leurs femmes ont aussi leurs fonctions. Celles qui servent les matrones sont appelées Niu^che 2§C 'ÊË ^^ Niu-yn '^ §|, "servantes"; celles qui sont au service de la mariée et qui raccompagnent, sont communément appelées Hi'-niang Jg Jg * 'Femmes de fête."
3° Les emplois dans les tribunaux. Ceux qui les remplissent sont appelés Ya-i ^f^ ^'esclaves des tribunaux". Ce sont: a) les satellites, les licteurs; b) Kai^Veou ^^t l'agent de police chargé des mendiants; c) T'ou^kong -^T, (fossoyeur) Tagent chargé de mettre les cadavres dans le cercueil et de les enterrer; d) P'ou-feia§J Ç ou Ti-kia )ÈEp, l'agent de police chargé de maintenir Tordre dans le district.
[2] 1° Si un homme de couditiou honnête exerçait ces professions viles, il serait, par le fait môme, compté comme faisant partie de cette classe vile, et il en serait de même de ses descendants, quandvmême ils auraient abandonné la profession du père. Ces professions étant peu laborieuses et assez lucratives, il ne manque pas de ffens fle condition honnête qui les embrassent.
2° Il existe une coutume dans la Province de Xian^-sowfï flR) d'après Insolence des laquelle ceux qui exercent ces six professions viles, Lou-ché /\ 'Ë? sont ré- ^?^^^ .?® P^oiespartis dans différentes sections du pays, et il leur est interdit d'aller prêter leurs services aux habitants d'une autre section. C'est une sorte de droit traditionnel et héréditaire ; on peut du reste le vendre à un autre, et cela à un prix d'autant plus élevé que la section renferme plus de familles riches et se trouve, par suite, plus productive. Si des personnes de peu de fortune, par raison d'éeouomie, pour des mariages ou des funérailles, se procurent les services d'amis ou de voisins pour porter la chaise ou le cercueil, elles ne manqueront pas d'être molestées par ces gens de profession vile, lesquels ont une sorte de monopole de ces emplois et exigent souvent avec insolence un salaire exagéré. ^
3® Cet abus a été souvent réprimé par l'autorité publique. En Pan 6 de Arrêt contre l'inl'Empereur Kia-king $ jR (180J ap. J.-C), Li Ghao-lo^ |g i^, Sous- ^^^^*^® ^^^ ^ens préfet de Chang-hai JtL W^ p^r ordre du Gk>uverneur, publia un édit enle* vaut à ces gens des "six professions viles" Lou-ché /\ Éi 1© monopole de ces emplois bas, et donnant aux habitants la faculté de se servir de n'importe qui Afin que cette disposition restât toujours en vigueur, cet édit fut, par ordre de ce même Gouverneur, gravé sur une pierre qui fut placée dans le village de Fahoa l^ ^1 près de Zi-ka-ivei f^ ^ Je? où on peut encore la voir (1). En l'an 7 de l'Empereur T'ong-tche |^ f^ (1868), Ting Je-ich'ang T H 1^ » Gouverneur du £^ian^-sou iJÛ. j^) envoya une circulaire à tous les Préfets et Sous-préfets, leur ordonnant de publier un édit pour renouveler l'interdiction de cet abus (2). En dépit de ces défenses, l'abus persiste encore, et ce n'est qu'envers les familles jouissant d'autorité dans le pays que ces gens sont moins insolents.
(1) V. ci-dessous le texte chinois, N" VI.
(^)ÎLM^ifiM^Mfà^^ + Texte chinois ci-dessons, IT VII.
• 124 X. EXPOSÉ d'une classe de personnes viles.
4® Tch'ang-yeou {gft, les prostituées et comédiens. Il y a des hom- m, j] y ^ un grand nombre d'hommes de classe vile qui
mes do couclilioii • t? m.
vile, qui exercent n' exercent pas ces professions viles, mais se livrent à Tagrides professioiiu culture, à la navigation, à la pêche, à l'industrie, au commerce et autres professions honnêtes, et quelques uns arrivent à posséder une fortune assez considérable. Ils ne peuvent pas toutefois se présenter aux examens de baccalauréat et acquérir des dignités ni devenir mandarins. Ils sont universellement regardés comme méprisables, ne peuvent pas s'allier avec des familles de condition honnête [3], et demeurent méprisés de tous de génération en génération. IV. Mais s'ils veulent sortir de leur classe, d'après la loi, ils en ont la faculté. Car plusieurs Empereurs de la dynastie actuelle ont, non seulement permis, mais même ordonné qu'ils sortissent de leur condition, et les juges, dans les cas de cette. nature, donnent des sentences en conformité avec les édits impériaux. En effet : L'Empereur 1» Dans la 1^^® année de l'Empereur Yong-tcheng J|| aboîf' la 'Classe jE (1723 ap. J.-O.), il fut fait uu recensement de la populo- lation, et l'on exclut des catalogues les familles de classe
vile des catégories suivantes : a] Yo-dsi ^ ^ dans la Province de Chan-si llj '5 î ^) Touo^min |^ Jg dans Chao-hing î^g ^, Préfecture de la Province de Tché^kiang ^ 2Cî c) Pan-tang ^ ^ dans HoeUtcheou ^ jfl. Préfecture de la Province de Kiang-nan £C ^ [4]; d) Che-pou •fg ^ dans Ning^kouo ^ g, Préfecture de la Province de Kiang-nan ÙC ^ î ®) Kai-hou ï^ ^ dans Chang-chou ^ ^ et Tc/iao-wen Qg jJCî Sous-préfectures de la Préfecture de Sou-tcheou '^ j^ \ f) T'an-hou g ^ dans la Province de Koang-tong ^ ^ ; g) P'ong-min jg^ Jg dans les Provinces de Kiang-si ^1 H» Tché-kiang ^ f£ ^t FoU'kien jjg J^ ; h) Liao^min ^ Jg dans la Province de Koang-tong J| ^ (1). L'Empereur, touché de compassion, ordonna d'abolir ces catégories et d'inscrire ces personnes réputées viles dans le catalogue du recensement, avec les autres habitants (2).
Idem. 2® Le même Empereur, le 2® jour de la 4® lune de la
l^ï"® année de son règne (13 mai 1723), abolit la catégorie des YO'tsi |^ ^ dans les Provinces de Chan-si iJj "S ®*
[3] n arrive souvent qu'un homme de la classe honnôte prend une femme de classe vile comme concubine, mais jamais comme femme légitime.
[4] Sous le nom de Kiang-7ian fli m étaient comprises les deux provinces actuelles de £ian^-80U iX. jl^ et de Ngan-hoei 3C Wi'
(1) V. ci-dessus. N*». I.
(2) ^ i8 S îë li. 85. ^ ;K 5 + Texte chinois ci-dessous N°. VIII.