‹ Mélanges sur l'administrationChapitre 74 sur 134 · DE L*ABOLITION DE LA CLASSE VILE · texte numérisé non relu

DE L*ABOLITION DE LA CLASSE VILE

de Chen-si Jfi^ |f, afin que ces gens, renonçant à leur profession vile, fussent rangés dans la population de condition honnête (1).

3« Enfin, dans la 5^ année de son règne (1727), il i^em. donna un rescrit au Gouverneur de la Province de Ngan- ^oei ^ ||j[, dans les termes suivants. '* Ayant à cœur d'aam.ener le peuple à de meilleures mœurs, Nous avons dis- «posé que quiconque, par une coutume traditionnelle, se «trouvait dans une condition vile, en pût sortir ; c'est «pourquoi Nous avons aboli les catégories viles des Yoahou ^ ^ dans la Province de Chan-si [Ij "g et des uTouo^min ^ Jg dans celle de Tché-kiang ^ ^, afin «que ces gens fussent rangés parmi le peuple de condition «honnête, dans le but de faire fleurir Tamour de l'honnê- «teté et la crainte de la honte, et de propager de plus en «plus les bonnes mœurs. Nous avons appris dernièrement «rexistence des catégories des Pan-tang ^ *^ dans la «Préfecture de Hoei-tcheou ^ ji\ et des Che-pou -j^ ^ «dans la Préfecture de Ning-kouo ^ H, appelés par les «habitants du pays *4e petit peuple," Si-min ^ J^» ®* «exerçant à-peu-près les mêmes professions que ceux des «catégories Yo-hou |j| ^ et Touo~min ^ JJ. Ayant «cherché à savoir à quelle époque ces gens étaient deve- «nus esclaves des habitants. Nous avons trouvé qu'il n'y «avait aucun document pour le constater. Si les uns sont «esclaves et les autres maîtres, c'est donc une coutume «inique et non pas un droit. Voilà ce que Nous avons ap- «pris. Si ces gens étaient retirés des catégories susdites «et rangés parmi le peuple d'honnête condition, ils cher- «cheraient de toutes leurs forces à atteindre une position «honnête ; ils ne resteraient pas toute leur vie dans une «condition vile, et ne la transmettraient pas à leur posté- «rité. Nous ordonnons donc au Gouverneur de prendre «des informations à ce sujet et de Nous donner son avis.» Le résultat fut que l'Empereur, renseigné par le Gouverneur, abolit ces catégories (2).

4^ Dispositions pour l'abolition de la classe vile, ap- ^^j^P^J^*^^^^^^ prouvées par l'Empereur K'ienAong ^|^ dans la 36® an- long. née de son règne (1771). ''Bien qu'on n'ait aucun docu- «ment authentique relativement à l'origine des catégories «7o-/iou i^ ^ dans les Provinces de C/ian-si i[j |5 ®t «de Çhen-si |^ "S» ®* KaUhou ^ ^ dans les Provinces

(l)]^$^^IE7C ^ + Texte chinois, ci-dessous N** IX. (2) ?fil ^ <B lE L. 39. c. 1. + Texte chinois, ci-dessous N** X.

«126 X. Bzposé d'une glassb db personnes viles.

«de Kiang-sou ÛI Jg et de Tché-kiang ^ tL, le fait est «que les familles vouées par tradition à ces professions «viles, sont elles-mêmes viles. Quant aux hommes des «catégories Fo-Ziou ^ ^ et Kai-hou ^ ^ qui, abandon- «nant leur profession traditionnelle, sont rangés parmi le «peuple de condition honnête et ont été, après avis donné «au Mandarin, inscrits sur les registres des archives pu- «bliques, s'ils sont sortis depuis longtemps de leur condi- «tion vile, on ne doit pas les empêcher d'aspirer à une «condition honnête. Mais il ne leur est pas permis de se «présenter aux examens de baccalauréat, ni d'acquérir «des dignités à moins qu'ils ne soient les fils des arrière- «petits-fils de ceux qui ont notifié au Mandarin leur aban- «don de leur catégorie [5], et que leurs parents de même «souche ne soient tous de condition honnête. Quand une «fois leur propre Mandarin aura reçu une attestation de «leur condition signée par leurs parents et leurs voisins, «ils pourront librement user de leur droit, et Ton doit «veiller à ce que des vauriens, sous quelque faux prétexte, «ne s'y opposent. Pour ceux toutefois qui sont sortis eux- « mêmes de leur catégorie ou dont la sortie ne date que «d'une génération ou deux ; pour ceux dont les oncles «paternels, les tantes paternelles ou les sœurs exercent «encore des professions viles, ils sont tous exclus de la «jouissance de ce droit. A l'égard des catégories T'ah~hou «g p dans la Province de Koang-tong J| ]g, Kieou-

using-yu'fou il JiSE M ^ ^^"^ ^®^^® ^^ Tché-kiang ^ it «(1), et autres du même genre, les Mandarins locaux se «conformeront à ces dispositions. Si quelqu'un, en con- «travention avec ces règlements, avait frauduleusement «obtenu un grade, il en serait privé. Pour ceux qui ont «abandonné récemment une profession vile et sont rangés «parmi le peuple de condition honnête, il leur est seule- «ment interdit de se présenter aux examens de baccalau- «réat ou d'acquérir quelque dignité, mais ils ont toute «liberté de se livrer à l'agriculture, à l'étude des lettres, «à l'industrie ou au commerce. Si des hommes d'autorité

Les arrière-pe- [5j Quand quelqu'un notifie au Mandarin qu'il abandonne sa catégorie,

celui oui est sorti ^'^ * ^^ ^®» ^ ^^^^ ^*^ ^* môme notification pour lui, car un fils né arant la

de la condition sortie de catégorie est vil de naissance. Un fils né après la notification est con-

yile, commencen gjj^^j.^ comme honnôte de naissance, mais ce ne seront que les arrière-petits-fils a jouir pleme- - --v ' ^ ^

ment des droits du fils (Yuen-suen 7C ^j, qui jouiront de tous les droits civiques (2).

civiques.

(1) V. ci-dessus N°. I, 3*». et 4*.

(2) Y. Exposé IX. Des esclaves, Note 3.

DB l'abolition DB LA CLASSB VILB. 127

«dans le pays, ou des vauriens, saisissaient quelque vain «prétexte pour les soumettre à des vexations ou pour leur «extorquer de l'argent, les «Mandarins locaux, après eç- «quête, les en empêcheront et les puniront sévèrement «afin de réprimer ces abus» (1).

5^ Décret de l'Empereur Kia-k'ing ^ ||, publié en Décret de l'Eml'année 14® de son règne (1809). aTong Kiao^tseng f| |K ^^"^ ^^ ^^^' J^ (Gouverneur de la Province de Ngan-hoei ^ ^) Nous «a présenté une supplique, demandant que Nous lui don- «nions des instructions touchant la réhabilitation des es- «claves Che-pou -^ 'gf, dont la condition remonte à une , «antiquité très reculée. Nous avons appris qu'il existe «depuis longtemps, dans les trois Préfectures HoeiAcheou

«4KiHi. Ning-kouo ^g et Tc/i'e-tc/ieou ^jHI de la Provin- «ce de Ngan-hoei ^ 0, une catégorie vile d'esclaves C/ieacpou -jH: ^. Leurs prétendus maîtres, étant requis de «produire un document authentique constatant à quelle «époque leurs ancêtres furent vendus ou donnés en anti- «chrèse, la plupart d'entre eux reconnaissent qu'il n'en «existe plus. Si on leur demande à quelle époque les «ancêtres de ces hommes furent esclaves et quand ils «quittèrent la maison de leur maître, ils ne peuvent rien «dire de certain ; mais toutes les fois que quelqu'un d'en- «tre eux se présente aux examens de baccalauréat ou «obtient un grade, ils s'y opposent et le poursuivent d'ac- «cusations répétées, prétendant que la distinction des «classes vile et honnête doit être maintenue en vigueur. «Or ceux-ci sont en grand nombre, et ils ne veulent pas «rester dans une condition basse; de là des disputes sans «fin et une hostilité mutuelle. Mon avis est qu'il faut, «dans l'occasion, parer à cet abus, d'accord avec la vérité «et la justice. Tong Kiao-^tseng % ^ 1^ ^ proposé de «juger si ces hommes doivent être regardés comme C/ieacpou iË: m ou non d'après leur condition actuelle, à sa- «voir s'ils remplissent des fonctions serviles ou non. S'ils «remplissent actuellement des emplois serviles, ils ne peu- «vent pas être admis aux examens de baccalauréat ni «acquérir de grade, et ce droit ne reviendrait qu'aux fils «de leurs arrière-petits-fîls, s'ils étaient libérés par leur «maître. S'il y avait plus de cent ans ou même plusieurs «siècles que leurs ancêtres qui avaient rempli des emplois «serviles ou même qui avaient cultivé les champs d'un «maître et été enterrés dans ses terrains vstgues, étaient «sortis de la maison de leur maître, ils devraient tous

(l)^I0C^#|êJ3!lî5fcSr-f Texte chinois, ci-deasous N*. XI-

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