Le peintre Louis David, par J.-L. -Jules David, p
artistes : les monuments que la République veut élever « pour marquer sa puissance et encourager les arts, qui doivent transmettre à la postérité les trait sublime de la Révolution » sont mis au concours. « L'assemblée reçoit avec transports les heureuses nouvelles que David lui annonce. Un membre en exprimant l'impression que fait cette bonne nouvelle sur le cœur des artiste qui voyent en un moment tous leurs vœux remplis demande que le président donne l'acolade fraternelle a David au nom de toute la Société. David et Rousquet se précipite dans les bras l'un de l'autre, aux millieux de la salle et des applaudissement de tous les citoyens. »
Au cours de la séance du 3 prairial an II, la Société Populaire et Républicaine décide de modifier son titre. Elle devient simplement Société Républicaine. Elle ne change pas absolument son esprit, et on voit que le premier acte du président est pour interpeller les membres de la Société afin de savoir s'il n'y aurait aucun reproche à faire à quelqu'un d'entre eux. Cependant on va se montrer plus sévère quant aux conditions d'accès, et il ne suffira plus d'une carte de Société Populaire quelconque ponr être admis à délibérer. Les concours sont toujours le souci dominant, si bien que toute proposition de restriction à ce principe est écartée. Ainsi on a bifté dans le procès-verbal du 10 prairial une phrase typique où un membre avait osé demander que « le Comité de salut public examine
dans sa sagesse si, pour la gloire des arts, il seroit utile de moins les multiplier ».
La Société Républicaine est, elle aussi, pour la réforme du costume préconisée par David, et on y voit le citoyen Leclerc présenter un mémoire qu'accompagnent des dessins sur l'origine du costume français. A quoi bon discuter, déclare un des sociétaires, puisqu'en ce moment même on exécute celui que le génie de David a créé?
La dénonciation de Wicar contre les ouvrages licencieux revient devant la Société. On y est, d'ailleurs, à peu près unanime à souhaiter la disparition des œuvres purement libertines, mais Détournelle et Guyot craignent que les hommes de police à qui la tâche a été confiée de les détruire n'aient la main un peu lourde. On les charge donc d'y veiller, la Société s'en rapportant, au surplus, à l'amour des arts qui doit animer l'administration de la police !
S'il est un reproche qu'on puisse adresser à la Société Républicaine des Arts, ce n'est pas de rester inactive. Elle prend souci de tout : elle maudit les restaurateurs de tableaux et s'élève contre les intrigants, elle préconise l'embellissement de Paris et déclare que les projets « d'avenue à la place de l'Opéra » sont inconvenants. On en appellera à David, avant d'en appeler au comité de Salut public, et si David approuve on rédigera une adresse. Il faut que Paris ait de la beauté dans tous ses quartiers, et il est incligne de Paris qu'on puisse y voir des quartiers pauvres : tous ont un droit égal à se parer de monuments artistiques, et la salubrité, comme l'aisance, doivent régner dans toute la ville.
Voilà ce qu'il faut aller dire à David d'abord, et au comité de Salut public ensuite.
Plus que jamais David règne en souverain incontesté sur l'art. C'est, quoi qu'on en ait dit, une véritable dictature qu'il exerce, mais une dictature dont on aurait tort de se plaindre. Dans le débordement des passions, elle imposa une sorte de discipline salutaire. La Société Républicaine est tout entière avec David, dont elle suit les moindres indications. Le 29 messidor, elle prend connaissance du rapport de David sur la fête en l'honneur de Viala et de Barra, cette fête fameuse qui devait provoquer la tourmente thermidorienne. Retenons cette date du 29 messidor : à partir de ce jour, il ne sera plus jamais question de David dans les procès-verbaux de la Société Républicaine. Dix jours plus tard, en effet, c'est le 9 thermidor, qui amène avec lui la chute de David, accusé d'avoir crié trop haut qu'il boirait la ciguë avec son ami Robespierre. David se défendra et il ne boira pas la ciguë puisque, aussi bien, il jettera Robespierre pardessus bord, non sans lâcheté. Mais son rôle actif est fini pour quelques années, et il ne faudra pas moins que Brumaire et la proclamation de l'Empire pour redonner à David la première place qui est la sienne au premier rang.
Nos Procès-Verbaux se présentent avec une lacune de deux mois : thermidor et fructidor de l'an ii manquent. C'est plus que fâcheux, car nous sommes privés de la présidence de Détournelle, qui ne fut jamais l'ami de David, ce qui permet de penser, sans calomnie, qu'il dut donner sans doute parfois aux débats une physionomie d'un certain ordre. Nous
savons cependant qu'on expulsa Wicardela Société Républicaine, ce qui ne surprendra pas, étant donnée l'amitié qui le liait à David. Lesueur fut également rayé de la liste des sociétaires à la même époque, et nous en trouvons la preuve dans les procès-verbaux qui nous sont parvenus.
Débarrassée de son tyran, la Société Républicaine, qui discute sur les arts en général, s'assagit de plus en plus: la réaction thermidorienne produit son effet. Elle réclame des pensions pour les veuves des artistes, elle félicite Grégoire et la Convention, elle vote adresses sur adresses, décide de recevoir les femmes artistes, reprend sa discussion sur le costume français, déclare que l'allégorie est utile à l'éducation artistique du peuple, etc., et enfin demande à Sergent, qui est là, si David n'y est plus, de défendre les intérêts des artistes au Comité d'Instruction publique.
Le Muséum des Arts ayant été réorganisé par la Convention, un membre de la Société Républicaine, qui se rend très bien compte de tout le parti qu'on en peut tirer pour l'éducation artistique, propose qu'on s'y rende en corps, une ou plusieurs fois par décade, pour y discuter sur les ouvrages des anciens, analyser leurs beautés — comme leurs défauts — et il demande que le public soit convié à ces conférences. L'idée a été reprise depuis. Alors, elle fut repoussée. De nouveau, la question des actes de vandalisme est soulevée par Rienaimé et par Dufourny avec une singulière énergie. Par là, à coup sûr, les artistes révolutionnaires ont montré, de 1793 à 1795, un grand bon sens, et il est juste
de constater que, à quelques exceptions près, ils eurent à cœur de selever contre les destructions criminelles des œuvres d'art de toute nature.
La Société Républicaine, persona grata auprès des pouvoirs publics, dresse la liste des artistes auxquels une récompense nationale doit être attribuée. Au vrai, cette récompense est un encouragement, pour ne pas dire un secours, — encore que le mot fut prononcé, — dont le besoin devait se faire sentir d'autant plus que l'heure n'était pas aux commandes particulières, ni même beaucoup aux commandes officielles. Le comité d'Instruction publique est en rapports constants avec elle et il décide même qu'il consultera toujours celle-ci « sur tous les objets qui auront quelques rapports avec les arts)).
Plusieurs séances sont consacrées à l'examen des titres des artistes à être secourus par la Convention. Le 12 pluviôse an m, on lit une lettre de Sébastien Chardin, sculpteur, qui recommande Millot, ancien prix de Rome. Dans cette même séance du 12 pluviôse naît un incident qui n'est pas sans intérêt pour l'histoire de l'art. Quelqu'un fait observer qu'il serait temps de reconstituer la bibliothèque de la ci-devant Académie d'Architecture. Un membre a observe qu'il ignore si lors de la suppression des académies cette bibliothèque a été pillée et dévastée ; mais il assure qu'outre beaucoup de livres élémentaires d'architecture il devoit s'y trouver des projets de différens maîtres, de plus tous les projets qui ont remporté les grands prix, et les médailles de mois, de même que les restaurations de monumens antiques faites et envoyées par les
pensionnaires que la nation française entretenoit en Italie. L'énoncé de ces differens objets en fait voir l'extrême importance.
« Un membre croit que quelques uns des auteurs a la clôture des académies ont retiré leurs productions. On demande qu'ils soient invités a les rapporter, qu'ils ne peuvent les retenir sans se rendre coupables de dilapidation.
(( On remarque que sans doute ils ne l'ont pas dû faire sans aucune autorisation et que plusieurs ont laissé des reçus de ce qu'ils emportoicnt.
« D'une part on donne a entendre que si cet enlèvement a eu lieu, ce n'est point une dilapidation, mais une mesure de sûreté pour mettre a couvert des dessins importans, qui aux yeux de l'ignorance auroientpu être détruits comme papiers inutiles :peut être aussi, ajoute-t-on, est ce un mouvement de modestie de la part des auteurs, qui les a portés a retirer de la publicité des ouvrages qu'ils ne trouvoientpas assez forts pour leur réputation.
« Un membre demande que cette discussion soit ajournée a la prochaine séance pour obtenir de plus amples renseignemens. On veut savoir surtout si les tableaux, bas reliefs et projets qui ont remporté des prix appartenoient aux académies qui les avoient couronnés, avant d'accuser de dilapidation les artistes qui ont remporté leurs productions.
« On adopte la proposition de nommer deux commissaires pour présenter un rapport, dans lequel ils préciseront les objets qui appartenoient a la ci devant académie d'architecture, les certitudes qu'ils auront acquises sur les droits qu'elle y avoit, et les
moyens de faire rentrer ce qui en auroit été détourné.
« La Société nomme commissaires a cet effet les citoyens Villers et Bienaimé. Sur une observation que la Commission des travaux publics a dû s'emparer de tous les objets qui se seroient trouvés lors de l'apposition des scellés dans les salles de la dite académie, ce qui paroitroit rendre cette démarche inutile, la Société maintient son arrêté, et les fonctions de ces deux commissaires qu'elle vient de nommer, persuadée que cette démarche est essentielle pour empêcher que cette suite d'ouvrages précieux et intéressans ne soit divisée, et envoyée partiellement a des écoles nationales particulières, ce qui porteroit un grand préjudice a l'instruction publique en ce qui concerne l'architecture. »
Le 18 pluviôse, la Société Républicaine entend le rapport des commissaires, qui ne paraît pas très concluant. Voici ce que dit le procès-verbal:
a Au sujet des objets composans la bibliothèque de la ci-devant académie d'architecture, un membre expose a la Société que lors de la suppression des académies, la Commission temporaire des arts fut chargée d'apposer les scellés sur tout ce qui se trouva dans les différens emplacemens qu'elles occupoient, que le citoyen Gilbert inventoria tous les objets appartenans a la cidevant académie d'architecture ; qu'il y eût un second examen fait par le citoyen David Le Roi, et qu'enfin tous les objets trouvés dans les ci-devant académies furent inventoriés comme propriétés nationales.
« On annonce qu'en vertu d'un arrêté de la Commission des travaux publics le citoyen David Le
su
Roi a fait remise a cette commission de tous les susdicts effects.
(( Un des commissaires nommés par la Société pour prendre des renseignements a ce sujet donne avis qu'il s'est transporté avec son collègue a la Commission des travaux publics, ou le citoyen Rondelet leur a déclaré que tous ces objets n'y avoient été apportés que comme dans un dépôt national provisoire, qu'ils paroissoient destinés a l'instruction de l'école centrale. Que loin d'en vouloir priver le public, on avoit au contraire intention de les exposer tous, afin que les artistes pûssent émettre leur opinion sur chacun de ces objets et les apprécier comme dans une sorte de concours. »
La séance du 22 pluviôse est marquée par la fin d'un incident, que Vignon avait soulevé contre Rienaimé et Allais. La Société décide qu'elle donnera à ceux-ci une marque particulière d'estime: ils ont bien mérité des artistes et de l'art en faisant connaître les « dilapidations » des Vandales, et Vignon en sera pour ses réclamations.
Ce jour-là, la Société est décidément en veine d'énergie. Gomme on constate que le buste de Marat a disparu de la salle des séances, — depuis quand ? Peut-être depuis Thermidor ? — on proteste, disant qu'il n'aurait dû être enlevé que sur un arrêté de la Société. Un membre, qu'on ne nomme pas, répond qu'il l'a retiré en vertu du décret de la Convention. 11 n'importe. Le buste est réclamé par les artistes. On va le chercher, et, solennellement, il est brisé séance tenante.
11 faut constater que la chose ne porta pas bonheur à la Société Républicaine des Arts. Cet
acte de civisme, — c'en fut un, au même titre que naguère la glorification quotidienne de Marat, — ne lui valut même pas de rester dans les bonnes grâces du Comité d'Instruction publique et de la Convention. Les artistes, petit à petit, se détachent de la Société et ils n'y viennent plus en très grand nombre. On en fait l'amère constatation. Le 22 ventôse, le temps est affreux, et, ce jour-là, la salle du Laocoon est vide, ou peu s'en faut. On n'y voit ni le président ni le secrétaire de la Société, demeurés au coin de leur feu. Combien sont là? Détournelle, qui a rédigé une manière de procès-verbal, dit qu'on a « délibéré néanmoins qu'on ferait part a la prochaine assemblée de l'intention que quelques membres ont manifestée qui est : que dans le cas de quelque événement semblable les artistes qui seraient réunis dans le lieu des séances on continuerait a discuter les intérêts des arts, afin d'attester à la postérité du zèle que artistes ont mis aux progrès des arts et des sciences malgré tous les obstacles possibles ».
La vérité est que la Société Républicaine des Arts se meurt. La Révolution touche à sa fin et on voit déjà poindre, comme on disait avant Thermidor, l'hydre académique, l'Institut, qui va ressusciter les vieilles Académies. Les artistes de la Société Républicaine sentent le besoin d'élargir leur base d'action, sous peine de mort prochaine. On a créé différents organes qui n'ont pas donné, au regard des artistes, des résultats appréciables, tels la commission d'Instruction, le Conservatoire et la commission temporaire des Arts, « autant de pouvoirs, dit un passage biffé des procès-verbaux, qui ne
paraissent pas remplir le but ». Ce but, c'est celui de l'éducation artistique. Pourquoi la Société ne s'y attacherait-elle pas? Mais il faudrait réunir toits les artistes, et c'est à la Convention qu'il appartient de provoquer une assemblée générale de cette nature. Cela signifie surtout, apparemment, que les membres de la Société Républicaine éprouvent le besoin d'attirer les anciens académiciens, ou d'aller à eux. Détournelle est officiellement délégué à l'étude de la question. Garnier lui est adjoint. La Société voudrait qu'à l'avenir on n'admît pas de « gens sans talent, qui osaient se dire artistes », comme on l'a fait jusque-là, ce qui lui a valu de descendre assez bas dans l'estime publique, et un rapport de Garnier demande expressément au Comité d'Instruction « la réunion de tous les artistes ». Ce rapport évoque la Terreur qui opprimait ceux-ci avant le 9 thermidor, et notamment la dénonciation Wipar, et Garnier rappelle que la Société Républicaine demanda la mise en liberté des artistes, au moment de la réaction thermidorienne.
Puis, on revient aux propositions de secours à faire au comité d'Instruction, et on constate que Houdon a été oublié : « Un membre observe que des représentant du peuple ont remarqué que Houdon n'etoit pas sur la liste quil invitoit la Société a ly joindre. » Cette proposition n'a pas de suite, la discussion se prolonge à ce sujet, « plusieurs membre témoignent leur sentiment sur la manière dont on distribue les recompenses, ou s'apperçoit sur ces listes qu'il y a des hommes recompensé qui n'en ont nullement besoin, un membre dépeint la manière dont les choses se font dans les comités, que le riche obtient
souventplus que le pauvre, parce qu'il rougit moins de demander que celui qui est dans l'indigence, il ajoute qu'il n'est pas nouveau de voir des artistes qui pourroit se passer des secours de la republique oser faire des démarches impudente, et qu'au contraire celui qui a le droit de dire j'ai travaillé pour mon pays je suis pauvre j'ai des droits à la reconnoissance national aime mieux végéter et rougit de faire les moindres avances, il dit que les intrigant existe toujours quil scavent souvrir le passage des faveurs, en fesant a propos quelques cadots qui engagent a les servir, il voudroit donc que la Société porta une lettre au comité ou l'on eut soin de mètre en note ceux qui n'auroit besoin que d'une mention honorable sans recompense pécuniaire. Que par ce moyen le riche n'auroit que l'honneur qui lui est du sans ravir le secours du aux indigents. Quelques membres se plaignent de l'indifférence du jury pour porter sur la liste ou regeter ceux qui etoit convenable de secourir, 2 membres du jury présents donne les explications les plus satisfaisantes a ce sujet et observent quils nont nullement influencé le choix de la liste, que plusieurs des membres on vu avec surprise que Machi et d'autres artistes recommandable etoient oubliés, on arrête que 8 comissaires seront nommés pour faire une liste de tous les artistes qui doivent être mentionés honorablement, avec désignation particulière de ceux qui ont besoin de sec ours de la nation. Ces comisaires sontBeljambe, Sergent, Allais, Bienaimé, Spercieux, Petitot, Garnier, Le Brun. »
Le 2 floréal, on se demande pourquoi la Société Républicaine ne se ferait pas déclarer « corps cons-
titué », ce qui soulève l'indignation d'un membre qui voit là le germe d'une nouvelle Académie. Le même explique que si la Société a été privée de l'adhésion de beaucoup d'académiciens, c'est parce qu'on avait admis des jeunes gens à la tète exaltée et à la voix vibrante, qui « violentaient » les délibérations. Il ne veut pas d'une Académie, mais il souhaite qu'on attire les académiciens. 11 faut citer le procès-verbal : le membre dit « qu'il etoit temps que tous les artistes ne fassent plus quune Société ou les rivalités les jalousies les sistemes se confondent et saneantissent devant l'intérêt générale il avance que les cidevants académiciens sont la plus part ceux qui ont formé les artistes les plus célèbres qui existent actuellement que sous le titre de reconnoissance on doit chercher a se reunir avec eux. Il développe la motion sous les rapport d'intérêt, de réunion de fraternité qui doit exister chez les artistes en gênerai, l'assemblé applaudit au discours, et elle arrête quil sera faite une invitation particulière aux artistes de la cidevant académie pour quil partage les travaux de la Société ».
Des discussions assez confuses s'élèvent dans la séance du 8 floréal, qui sont reprises le 12 et le 28 floréal. Entre ces trois dates, il y a évidemment des lacunes dans nos procès-verbaux, qui se terminent là. Mais il n'importe. Il apparaît très nettement deux points essentiels : 1° le désir de la Société de fermer la porte à quiconque n'est pas réellement un artiste; 2° son désir, plus vif encore, d'un rapprochement avec les membres des anciennes Académies. Ceux-là même qui ne tombent pas d'accord avec la majorité, là-dessus, témoignent en tout cas
de leur volonté de travailler enfin avec méthode, sur des ordres du jour très déterminés à l'avance, et de façon que l'opinion publique ne s'éloigne pas davantage d'une Société qu'elle verra alors sous son jour véritable. Et, comme nous l'avons souligné déjà à trois reprises, la première chose à faire c'est de transformer le titre de la Société, qui deviendrait de nouveau la Commune des Arts ! C'est le dernier paragraphe du dernier procès-verbal arrivé jusqu'à nous. La proposition n'est pas discutée à fond, l'assemblée n'étant pas en nombre, mais l'idée est dans l'air, et la Société Républicaine va certainement disparaître pour faire place à une nouvelle Commune des Arts.
Il ne semble pas que la création de l'Institut national, le 25 octobre 1795, ait détruit la nouvelle Commune des Arts. Nous n'avons pas les procèsverbaux de celle-ci, mais les Archives nationales nous ont révélé un « extrait des délibérations de la Société de la Commune des Arts, du 7 mars de l'an 4cme de l'aire (sic) française1 », qui prouve bien que, au printemps de 1796, elle existait encore. Voici ce document :
La Société de la Commune des Arts assemblée au Louvre a arrêté que des Commissaires se rendaient demain huit chez Monsieur le Ministre de Linterieur pour lui présenter ses remerciements sur Lavantage quelle a cle se reunir au louvre et lui dire combien elle a été sensible au zèle avec lequel Monsieur De la Porte a Secondé les intentions de Monsieur le Ministre de