Rapport du 30 novembre 1837. (Approuvé
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dernière, —est au dossier, et il émane délie comme un parfum de mélancolie:
« Paris, le 28 septembre 1839.
« Monsieur le Ministre,
« J'ai eu l'honneur d'expédier de Rome, il y a bientôt un an, les pendentifs de la chapelle Sixtine, dont l'un de vos prédécesseurs avait bien voulu me charger d'exécuter la copie ; les pendentifs sont arrivés depuis longtemps au palais des Beaux-Arts, où ils doivent être placés.
« JesuisàParis en ce moment, monsieur le Ministre, et je désirerais bien vivement pouvoir profiter de mon séjour pour surveiller moi-même le placement. Si Votre Excellence n'y voyait pas d'obstacle, je lui serais donc bien reconnaissant de donner des ordres pour que des dispositions fussent prises à cet effet.
« Vous comprendrez et vous excuserez sans doute, monsieur le Ministre, l'impatience d'un artiste qui désire que son œuvre puisse être exposée au public, et qui serait particulièrement heureux d'apprendre si le travail qui lui a été confié et dont M. Ingres a déjà rendu un témoignage favorable, aura rempli aussi les vues de l'administration.
« Agréez, je vous prie, monsieur le Ministre, l'hommage de mon respect.
« N. Bougoiran. »
Pauvre Numa Boucoiran ! On ne comprit pas son impatience. Une note au crayon souligne la chose. Cette note dit simplement: « Le moment de placer les tableaux n est pas encore venu. L'architecte ri est pas prêt. » Cruelle ironie ! Numa Boucoiran dut rentrer à Nîmes sans même avoir revu ses Sibylles toujours roulées et ses Prophètes en vrac.
UN G H AND POTIER FRANÇAIS A LA FIN DU XIXe SIÈCLE
L'ŒUVRE DE JEAN CARRIÈS1
(I8oo-I89i)
La Ville de Paris ouvre, en son Palais des Beaux- Arts, une salle nouvelle consacrée à Jean Garriès. On doit en féliciter M. Georges Hentschel, demeuré si profondément attaché à la mémoire de son ami, et le remercier du sacrifice généreux qu'il a consenti avec la plus rare abnégation.
La vie de Jean Garriès comporte de hauts enseignements : l'occasion est propice de rappeler sur quelles bases, à la fois mystérieuses et solMes, il a établi son œuvre, désormais représentée au Petit Palais, dans son ensemble, de la plus éclatante manière.
Jean-Joseph-Marie Carriès 2, né à Lyon le lo février 1835, était le second fils d'une famille de