PREMIÈRE PARTIE
DF. L’INFLUENCE DE LA PEINTURE SUR LES ARTS D’iNDUSTRIE COMMERCIALE, ET DES AVANTAGES QUE L’ÉTAT RETIRE DE CETTE INFLUENCE.
La prospérité d’une grande nation tient à l’étendue de son commerce, et celui-ci surtout à la perfection de ses manufactures. Cette nation devient florissante , lorsque le. goût et le génie de ses habitans attirent les regards de l’étranger, le rendent tributaire de ses modes et de son industrie. Par ce moyen, les produits de l’agriculture s’accroissent, la population s’étend, l’État devient riche et puissant : car il ne lui suffit pas seulement pour le devenir ,
d’étonner l’Univers par ses conquêtes , ni la postérité par ses monumens ; les bonnes lois , l’ordre, une économie bien entendue, des encouragemens distribués à-propos, ajoutent encore à la véritable grandeur d’une nation , et contribuent à la rendre durable.
Si la peinture et les arts du dessin en général ont une grande influence sur les arts mécaniques, cette influence doit être plus frappante chez un peuple doué du goût le plus exquis , et qui réunit à la plus parfaite sensibilité , cette mobilité d’idées qui sait varier toutes les jouissances.
La Grèce était regardée autrefois comme la législatrice de l’agriculture; la France est révérée aujourd’hui comme la législatrice des modes ; l’art utile à la vie paraît bien inférieur dans ce siècle à ceux de pur agrément : il s’agit donc de tirer parti de cet ordre de choses.
C’est sans doute un grand avantage pour une nation, que celui d’être considérée comme un modèle en tout ce qui concerne les objets de modes dans tous les genres, ainsi que de voir rechercher les productions de son industrie par tous les peuples; celles qui servent au vêtement, à l’ameublement, comme à tous les usages de la vie : aucun peuple du monde
sans doute n’est en droit de disputer cette prérogative à la nation française. Mais à qui estelle redevable de cet avantage , si ce n’est au talent de ses artistes , à la supériorité que son école de peinture a acquise sur toutes les écoles modernes? C’est même de cette supériorité que dérive la perfection des arts purement mécaniques ; c’est elle qui leur communique cette élégance, cette pureté de forme, ce goût délicat qui fait rechercher de tous les points du globe, nos productions sur lequelles les arts ont quelque influence. Le dessin soumet à son empire le potier de terre comme le sculpteur, et le serrurier comme l’architecte. Quels secours précieux la science de l'anatomie ne retire-t-elle pas des imitations modelées des parties internes du corps humain , ainsi que de celles des maladies qui l’affligent. Le dessin , par le moyen de la gravure, aide au perfectionnement de l’hydrographie , de la botanique , de la mécanique; ajoute aux connaissances de l'antiquité, de l’histoire; et. comme l’a dit un auteur célèbre , quelles sont les descriptions qui peuvent suppléer aux images?
Si nous considérons les progrès de nos fabriques de papiers peints , nous y remarquerons des choses si parfaites , que nous aurons
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peine en quelque sorte à les distinguer des tableaux , des bas-reliefs et des étoffes. L’exportation de ces objets d’ameublement est devenue considérable depuis aes années : nous devons donc redoubler d’efforts pour étendre encore un genre d’industrie , qui est totalement du patrimoine de la peinture , et dont les produits sont considérables. Le genre de la mosaïque, qui aujourd’hui s’exécute assez bien à Paris, va augmenter encore le riche domaine des beaux-arts.
Si le produit de nos manufactures de tapisseries n’est pas aussi considérable qu’on pourrait avoir lieu de l’espérer, cela tient beaucoup au nouveau genre de bâtir et de meubler les appartemens; cependant si nous envisageons ces objets du côté de l’art, combien ne méritent-ils pas de fixer notre attention ? Ces diverses manufactures, surtout celle des Gobelins, ont atteint un tel degré de perfection , qu’il y a bien peu de différence entre ces tapisseries et les tableaux qui leur servent de type. Il convient à une grande nation d’entretenir de pareils établissemens , et surtout de les faire diriger par des artistes instruits. D’ailleurs, l’objet seul des tapis, qui aujourd’hui est très-productif, faisait sortir beaucoup d’argent de France, lors-
3/fO INFLUENCE DE LA PEINTURE
que ce genre d’industrie n’y était point encore naturalisé.
Le goût et la magnificence qu’on remarque dans nos meubles, les progrès sensibles de cette branche d’industrie , considérablement perfectionnée depuis trente ans par l’habileté des artistes qui en inventent les dessins , ont donné beaucoup d’extension à cette partie du commerce français. L’élégance de ces meubles, leur riche simplicité , l’harmonie qui règne dans leur ensemble, le fini du travail, la pureté du trait des sculptures et des bronzes qui les ornent, leur donnent un style, un caractère si parfait, qu’aucune nation de l’Europe n’a pu encore en approcher. Nous avons donc lieu d’espérer que cette branche de l’industrie française, déjà très-productive, et qui ne doit ses succès qu’à l’influence du dessin, va prendre un accroissement considérable. Les formes des meubles, qui, sous François I.er, avaient acquis en peu de temps beaucoup de perfection , avaient dégénéré , même dans le siècle de Louis XIY ; mais la fin du XVIII. e siècle a vu ce genre d’industrie reprendre son ancienne supériorité.
C’est encore à l’influence de la peinture que nous devons ces cheminées mobiles, ces poë-
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les, ces lampes, tous ces objets peints sur tôle ou sur fonte , qui reproduisent à nos yeux , sous diverses formes et à différens usages, tous les chefs-d’œuvre de l’antiquité. Ces pendules variées en cent manières , ces lustres , ces flambeaux, qui depuis quelques années ont acquis des formes si gracieuses; ces candélabres surtout, qui nous rappellent la sévérité de l’antique; tous ces objets de luxe, qui ajoutent tant à nos jouissances, rendent nos demeures si agréables , et attirent l’argent des étrangers , sont dus encore à l’influence de la peinture.
Grâce aux progrès des beaux-arts, nous avons enfin aboli l’impôt onéreux, et honteux pour le bon goût , que nos pères payaient annuellement aux Chinois (1). Leurs tristes magots, leurs ridicules ornemens, les mauvaises formes de leurs vases, qui blessaient l’œil le moins délicat, ont fait place aux belles porcelaines de nos manufactures, et aux agréables peintures dont elles sont ornées. Le bon genre des modèles de nos vases de terre cuite, ainsi que celui de nos faïences ordinaires , et même de nos poteries les plus communes, a déjà arrêté l’importation considérable qui se faisait de ces derniers objets , provenans des fabriques d’Angleterre, Les heureuses formes de nos cristaux,
qui ajoutent encore au perfectionnement de leur matière , et à l’estime qu’ils ont obtenu par la grande dimension que nos fabricans sont parvenus à leur donner, nous assurent une augmentation considérable dans le produit de cette nouvelle branche de commerce.
Quand l’homme opulent , sortant de l’enchantement et de l’ivresse que lui causent les objets séduisans de luxe qui l’entourent dans son habitation , vient à se transporter où le plaisir , où les affaires l’appellent , un équipage leste et commode vient ajouter encore à ses jouissances. L’élégance de sa forme , sa commodité, les ornemens simples et pleins de goût dont il est décoré , font l’admiration de tous ceux qui envient son sort. Eh bien , cet équipage n’est plus anglais ; il est une des productions de l’industrie française , que les étrangers même semblent préférer aujourd’hui à ceux qui nous venaient d’outre-mer (2).
Depuis un temps immémorial , les Anglais étaient en possession de nous fournir les différens instrumens nécessaires aux opérations astronomiques et mathématiques : la beauté de leur acier, la bonté de leur trempe, la précision avec laquelle ils étaient faits, leur donnaient un grand avantage sur les nôtres ; mais
SUR LES ARTS D’INDUSTRIE COMMERCIALE. 3/|3 aujourd’hui, que nos artistes ont atteint toutes ces qualités, les accessoires que notre supériorité dans le dessin a pu ajouter à toutes ces perfections, nous les fait rivaliser avec succès. Rien de plus beau, de plus estimé en Europe, que les armes delà manufacture de Versailles ; aucune autre manufacture ne peut entrer en concurrence avec elle. Indépendamment de la beauté de l’àcier, du genre précieux avec lequel tous les objets qui s’y fabriquent sont traités, le bon goût des formes, des ornemens qui les enrichissent, y ajoute encore un nouveau prix.
Nos monnaies , beaucoup mieux frappées qu’elles ne l’étaient dans le siècle dernier, présentent, parla difficulté de les contrefaire, une garantie de plus , et cet avantage seul est inappréciable.
Les caractères typographiques de nos imprimeries , par leurs heureuses dispositions , les belles proportions des grandes lettres, la perfection de leur ensemble , ont rendu les étrangers tributaires , non-seulement de notre littérature , priais encore des ouvrages des auteurs grecs et latins qui sortent de nos presses. Nos belles éditions dans toutes les langues sont recherchées, meme par les nations qui parlent ces différens idiomes. L’heureux choix des
ornemens qui enrichissent nos reliures , leurs formes simples et élégantes, arrachent aujourd’hui à l’Angleterre , l’impôt considérable que la folie des bibliomanes français payait à ces insulaires.
Tandis que le luxe de Paris et les chefsd’œuvre qu’il renferme font affluer les étrangers dans cette ville; que l’urbanité des Français, leurs spectacles et leurs arts les y font séjourner beaucoup plus long-temps qu’ils n’auraient dessein de le faire; il faut que nos artistes et nos fabricans redoublent d’efforts pour les séduire et les enchanter par la perfection de leurs ouvrages , afin que ces étrangers, quittant à regret ce sol fortuné, emportent encore chez eux le regret et l’habitude de nos productions. Qui pourra nous faire atteindre ce but, si ce n’est l’étude du dessin.
Ces tissus de soie, de lin et de coton, qui servent à la parure des femmes, et qui se fabriquent principalement dans nos manufactures de Lyon, de la Normandie, même de Paris, ont besoin d’être enrichis d’ornemens de bon goût, pour rivaliser avec succès ceux qui nous viennent des Indes , de la Suisse et de quelques autres contrées de l’Europe.
Les étoffes brochées ou peintes , de soie , de
coton ou de fil, doivent , par la variété des dessins qui y sont tracés , la fraîcheur de leur coloris , la manière heureuse dont les fleurs et les ornemens y sont groupés, annoncer l’habileté des artistes qui ont dirigé leur exécution. Il arrivera des cachemires de l’Inde , ce qui est arrivé des porcelaines de la Chine : le perfectionnement de ceux qui se fabriquent en France, surtout le goût et la supériorité des dessins qui les ornent , nous délivreront d’un impôt très-onéreux pour les familles, que la coquetterie des femmes a établi sur la galanterie des maris. Depuis un temps immémorial , les broderies de France, faites à Lyon ou à Paris, ont obtenu une grande estime dans toute l’Europe. Il ne se donne pas une fête chez l’étranger, il ne se contracte pas une alliance entre les princes, que les habits de férié n’y soient des productions de l’industrie française. Enfin toute l’Europe, et l’on peut dire même le monde entier, payent tribut au goût, aux modes et au génie français. Ces fleurs , ces dessins élégans, artistement brodés sur ces tissus transparens, le triomphe de la coquetterie, qui voilent les charmes du beau sexe sans les dérober à la vue , forment une branche de commerce assez considérable , et cette pré-
rieuse conquête est due encore à l’influence du dessin.
Les fleurs artificielles qui imitent si parfaitement la nature , ces roses qui ornent la chevelure de nos belles, et qui souvent semblent se marier avec l’éclat et la fraîcheur de leur teint, sont originaires d’Italie : elles sont aussi une nouvelle conquête de nos arts. Ce bijou , ce sceptre de la beauté , passé de mode en France, momentanément, qui dans les mains d’une jolie femme s’employe à tant d’usages , sert à réprimer une main téméraire, à garantir des impressions de l’air, ou à se procurer celui qui manque , qui peut également dérober la timidité et la rougeur, ou servir à feindre celle qu’on n’a plus , ou enfin cacher ce qu’on veut qui soit remarqué, est encore un des apanages de la peinture. Cet objet seul fait une branche de commerce à l’étranger, d’autant plus précieuse, quelle est en quelque sorte devenue le patrimoine d’un sexe faible, auquel elle procure une existence douce , en le préservant des dangers où l’expose souvent l’infortune ou l’oisiveté (3).
Les beaux-arts ont encore une influence sensible sur les formes de nos objets d’orfèvrerie et de bijouterie; leurs progrès ont considérablement augmenté les produits de cette
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branche de commerce. Nos vases d’or et d’argent, les boîtes, les bijoux de toute espèce, soit qu’on y adapte des miniatures , ou qu’ils ne soient enrichis que de leurs seuls accessoires, leur doivent aussi leur perfectionnement et leur succès.
Dans un pays comme la France , où les étrangers, affluans de toutes parts, viennent y verser l’or à flots, il est de l’intérêt du Gouvernement, comme nous l’avons déjà dit, d’employer tous les genres de séduction , non-seulement pour les y attirer, mais encore pour les y fixer long-temps. Rien ne remplit mieux cet objet sans doute, que la pompe des spectacles ; mais comme de tous les spectacles , celui qui parvient le plus directement à ce but est le grand opéra , parce qu’il produit beaucoup d’illusion et d’effet, surtout sur ceux qui, n’étant pas familiarisés avec la langue, comptent beaucoup sur les décorations ; on sent combien la peinture doit y avoir d’influence. Il en est de même par proportion des autres théâtres. Sous ce point-de-vue, les décorations peuvent donc être envisagées comme objets d’industrie commerciale, puisqu’elles influent aussi évidemment sur la prospérité des grandes villes.
Un autre art né de la peinture , et qui n’en est lui-même qu’un mode différent, multiplie ses productions à l’infini ^ et les transmet d’âge en âge; la gravure, qui est aux sciences physiques ce que la typographie est aux sciences morales, a, depuis le dix-septième siècle, décuplé les produits du commerce de la librairie. Par le charme de cet art , les ouvrages de nos littérateurs célèbres s’introduisent et se répandent chez l’étranger ; et ceux même qui ne connaissent pas la langue française , s’empressent d’acquérir nos belles éditions, à cause des estampes qui les ornent. Cet objet de commerce, d’abord peu étendu , est devenu très-productif depuis cinquante ans , par la multitude des belles entreprises en ce genre, qui se sont rapidement succédé, et aussi parce que les circonstances ont en quelque sorte forcé les graveurs à exercer principalement leurs talens sur des objets relatifs à la librairie.
Mais l’utilité de la gravure ne se borne pas aux seuls objets de détails commerciaux; elle embrasse le commerce en grand , ainsi que l’universalité des sciences. Avant la découverte de la boussole, la navigation était bornée à un simple cabotage. Depuis cette précieuse découverte, les navires à-la-vérité parcouraient la
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vaste étendue des mers; mais ce n était qu'en tremblant que le pilote le plus habile osait aborder une rive lointaine , dans la crainte d’y rencontrer un écueil. Il existait bien alors des cartes, des vues manuscrites; mais dans ces cartes et ces vues informes, qu’on multipliait par le moyen des copies, un trait de plume infidèle pouvait occasionner un naufrage. Tel était l’état de la navigation : la gravure est inventée! le burin fixe irrévocablement sur l’airain la place qu’occupe l’écueil meurtrier; alors armés de cette égide , un essaim de navigateurs, s’élançant sur l’Océan, bravent, à l’appui de cet art bienfaisant, la roche cachée sous la vague, qui naguère les glaçait d’effroi, et portent en triomphe aux liabitans des deux mondes , que le génie des arts a rendus ses tributaires, les produits de l’industrie européenne.
La gravure a étendu la science de la botanique . celle de l’anatomie et de l’histoire naturelle. La géométrie et la mécanique ont besoin de son secours. Par la peinture et la gravure , nous devenons contemporains de tous les grands hommes, et en quelque sorte témoins oculaires de tous les hauts-faits de l’antiquité. Ces monumens Égyptiens, ces masses énormes dont l’aspect effraye l’imagination, qui n’ont
pu se construire sans le secours de machines dont nous n'avons aucune espèce d’idée , et que nous ne pouvons ni concevoir ni imiter , nous font regretter que les Anciens n’aient pas eu connaissance de la gravure, et ne nous aient pas transmis par son moyen, ceux qu’ils ont employés avec tant de succès ; car alors , peutêtre aujourd’hui les aurions-nous surpassés.
C’est depuis l’invention de la gravure, que les antiquités d’Herculanum , celles des bains de Titus ; que les productions des Palladio , des Yitruve et des Bramante ont été apportées en France , que celles des Raphaël et des Michel-Ange y ont été répandues. C’est aussi de cette époque que datent les premiers monumens de bon goût qui y aient été élevés. Depuis que Dancarville a publié sa nombreuse collection de gravures de vases étrusques , on a remarqué un perfectionnement sensible dans la forme de nos meubles et de notre costume. Cette heureuse révolution, commencée d’abord en Angleterre, s’est complétée ici, même sur nos théâtres.
Des contrées les plus éloignées , on vient payer tribut aux talens des graveurs français. Nous avons vu, dans le siècle dernier, le roi de Pologne les charger du soin de multiplier les chefs-d’œuvre de sa galerie, et l’empereur de
SUR LES ARTS D’INDUSTRIE COMMERCIALE. 35 1 la Chine leur confier celui de perpétuer le souvenir de ses victoires. Cette préférence, due aux talens de nos artistes, valut de sévères réprimandes au résident de la cour de Londres à Canton. Il y a quelques années , on gravait à Paris le cabinet du roi d’Espagne.
Les productions des arts du dessin ont encore un avantage particulier , en ne les envisageant même que sous les rapports commerciaux ; c’est que , différentes en cela de celles des arts mécaniques, et des objets de nos manufactures , elles n’exigeiit pour leurs fabrications aucune avance de matière première. La somme totale que fait rentrer leur exportation est un produit net. Une estampe est une véritable lettre-de-change , que le génie du peintre et du graveur tire sur les amateurs des nations étrangères, laquelle ne coûte qu’une feuille de papier.
Ce n’est point sortir de notre sujet sans doute , que de nous arrêter sur ces objets : nous croyons terminer convenablement cette première partie de notre ouvrage, en rappelant à nos lecteurs le service signalé que la gravure rend journellement à l’industrie, en facilitant aux artisans l’étude du dessin , par la multiplicité des bons modèles qu’elle produit
dans tous les genres. Par ce moyen auxiliaire et par celui de l’invention de la lithographie , qui surtout excelle dans la multiplication des dessins originaux, puisque ce sont les originaux eux-mêmes qu’elle reproduit, la peinture exerce une influence directe sur le perfectionnement d’une infinité d’objets de nos manufactures. Ces moyens offrent à un prix modique, aux dessinateurs et aux modeleurs de ces différens établissemens , des ornemens dans le goût de l’antique , par-conséquent de meilleur style et de meilleure forme que toutes les productions du génie de la plupart d’entre eux.