‹ Mélanges sur les beaux-artsChapitre 45 sur 46 · QUELQUES REFLEXIONS, ETC · texte numérisé non relu

QUELQUES REFLEXIONS, ETC

coup de personnes l’analogie de ces deux objets : quelle apparence de rapport , pour un homme qui n’est pas familiarisé avec les arts , entre une sonate et un tableau.

Des jouissances d’une espèce particulière sont réservées à l’artiste habile. Elles sont d’autant plus flatteuses pour lui, qu’elles tiennent à sa personne et à ses talens ; tandis que la plupart de celles qui deviennent l’objet de l’ambition des autres hommes , tiennent à la puissance et à la fortune , et sont versatiles comme elles. S’il n’obtient pas toujours le suffrage universel, semblable en cela à tous les hommes à talens , celui d’un seul connaisseur délicat lui tient lieu de tous les autres. Son amour-propre lui rappelle avec complaisance , que le poète Antimachus, ayant assemblé un auditoire nombreux pour entendre la lecture d’un de ses ouvrages, et ses auditeurs l’ayant abandonné au milieu de sa lecture , à la réserve de Platon , il ne s’interrorrçpit pas, parce que, dit- il, Platon vaut lui seul des milliers d’auditeurs.

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