‹ Mélanges sur Richard WagnerChapitre 19 sur 22 · DENT EE · texte numérisé non relu

DENT EE

En tout, la partition comprend sept mor . 3

ceaux: 1° deux couplets’ de: Rondonelli, | assez insignifiants; 2° un air de Mina, qui | rappelle certaines barcarolles d'Herold ou . d’Auber; 3° un auo de Rondonelli et 5 d'Haydn, écrit avec une certaine verve, la. meilleure partie de l'ouvrage, celle. qui présente la plus directe analogie avec Les

Maîtres Chanteurs de Nuremberg, et qui. va

tout à l'heure fixer notre attention; 4°. une invocation d'Haydn à la Muse, dont le tour

mélodique semble aujourd’hui fort démodé;

5° un quatuor convenablement traité; 6° un

- duo d’'Haydn et de Mina, interrompu par

un chœur chanté dans la coulisse, et

qu'Haydn reconnaît pour son œuvre; enfin,

un court finale.

Tout cela forme une partitionnette dont le mérite est mince, mais dont l'élaboration avait dû causer de réels soucis à son auteur. Pour la première fois, il abordait l'Opéra-Comique. C'était un rêve longtemps

caressé, et déjà, sans doute, il entrevoyait

la renommée sourire à cet essai et lui pro-

mettre de nouveaux lauriers. En parlant

de son œuvre, avant la première représentation, 1l avait, malgré ses cinquante-neuf ans, la joie naïve et la fierté d’un adoles-

cent à sa première conquête. C’est ainsi

qu'il disait chez l’éditeur Lemoine devant un témoin qui nous l’a raconté: «Mon fils me tourmente! Il veut se marier; mais il faut que mon Æ/ève passe d’abord! »

L’art avant la famille! Le brave homme prenait sa musique au sérieux et tressaillait d'aise à la pensée qu'après Douai, Paris enfin, le connaîtrait.

L'Élève de Presbourg fut, en effet, très honorablement accueilli le 24 avril 1840. Chose curieuse, la petite pièce accompagnait sur l’affiche la Jzelle de Fétis et Carline d'Ambroise Thomas, deux ouvrages dont les auteurs auront occupé, chacun dans son pays, une situation analogue, la place de directeur du Conservatoire, le premier à Bruxelles, le second à Paris.

Les rôles ‘étaient confiés "4h08

(Haydn), Grignon (Rondonelli), Ricquier

(Kreisler), et Mie Darcier (Mina), excellents chanteurs, grâce auxquels linterprétation ne pouvait manquer d’être satisfaisante.

On ne saurait juger, d’après les recettes, la valeur d’un lever de rideau, soumis forcément à la fortune de la pièce principale qu’il accompagne; mais le nombre des représentations obtenues peut servir à mesurer le succès. Or, tant à l’ancienne salle, place de la Bourse, qu’à la nouvelle, place Favart, L’Élève de Presbourg fut joué vingtquatre fois, dans la même année, le plus souvent avec L’Étclair, avec Le Pré aux Clercs, avec L'Opéra à la Cour, pièce decirconstance à laquelle collaborèrent douze compositeurs dont quelques-uns n'avaient pas été consultés, puisqu'ils étaient morts, par exemple Dalayrac, Méhul et Weber; l'avant-der-

nière fois avec Joconde, et la dernière (3r

octobre) avec Zanelta, cette pièce d’Auber ; qui devait servir à l'inauguration du nouvel Opéra:Comique, et qui, au dernier moment, avait cédé son tour au chef-d'œuvre d'Herold. | | Re

Aujourd’hui, à peine.est-il fait dans iés dictionnaires une mention de Luce et de L' Elève de Presbourg. L’ auteur et l'œuvre ont disparu, et l’une ne revivra pas plus que l’autre ; mais, en relisant le duo d’ Haydn et de Rondonelli, on ne peut s'empêcher d'évoquer le souvenir des Maîtres Chanteurs de Nuremberg, car c'est dans cette.

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