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eniiuyeusement ressassé de tous les sujets qui peuvent s'offrir à la plume du philologue. II en est résulté un inconvénient nécessaire que je ne dois pas dissimuler, quoique l'aveu que j'en fais soit aussi mal entendu que possible dans les intérêts d'une préface. Comme ce qu'il y a de plus connu dans l'histoire des livres , c'est à peu près tout ce qui méritoit d'être connu, il est bien difficile d'être neuf sur cette matière, à moins de s'exercer sur des questions obscures, et de disputer des noms et des livres obscurs à l'oubli qui les dévore trop justement. Le titre de mes articles prouvera que je n'ai pas su vaincre cet obstacle, et que si j'écris pour le néant, je me suis du moins franchement placé sur mon terrain. Cette considération , toute puissante qu'elle paroisse, ne m'a cependant pas détourné de mon but. Dans les trois générations que ma mémoire embrasse, celle qui finissoit, celle dont je fais partie , celle qui s'élève maintenant, j'ai vu vieillir, fleurir, se renouveler le goût de ces bonnes et curieuses études qui ont enchanté ma jeunesse , et qui promettent encore à ma vieillesse d'aimables et innocens
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loisirs. Il restera donc probablement une certaine quantité d'hommes à qui mes foibles travaux ne seront pas indifférens , et qui y chercheront, comme je l'ai fait dans ceux de mes devanciers , des notions qui ont plus de charmes qu'on ne pense, quoiqu'elles aient encore moins d'importance qu'on ne le dit. N'ont-elles pas cela de commun, au reste, avec les voluptés les plus enivrantes de l'homme.»^ Ce n'est pas moi qui nierai l'attrait de ces romans dont personne n'a plus que moi subi l'empire : mais dans le temps même où j'aurois donné toutes les illusions de l'espérance, tous les rêves de la gloire et de l'ambition, pour les plaisirs de Saint -Preux, ou, mieux encore , pour les désespoirs de Werther , quelles délices impossibles à faire comprendre à celui qui ne les a pas goiitées, n'ai -je pas puisées dans vos pages si naïvement instructives , si aimablement doctes , si pleines d'excellentes choses de peu d'importance, ingénieux Beyer, laborieux Freytag, savant David Clément; et vous, Brunet, Peignot, Renouard; et toi , mon sage Weiss , toi qui , selon mon cœur, donnes des lois à tous , comme le Caton
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de Virgile, et que la nature bienveillante, qui t'a voit fait mon maître , a fait aussi mon compatriote , mon ami et mon frère !
Je n'ajouterai pas à ceci que parmi les notions que renferment ces Mélanges, il en est quelques unes cependant d'un intérêt plus général, et qui ne seront pas indifférentes à quiconque se mêle un peu de littérature; quelques autres qui s'adressent à un goût assez généralement répandu pour qu'on ne puisse pas les regarder comme absolument non avenues dans un siècle si littéraire et si savant, et, par exemple , ma théorie des éditions Elzeviriennes, que je crois nouvelle, convaincante et claire. Le lecteur en jugera : mais il me semble à propos d'expliquer pourquoi, en décrivant un livre, j'ai presque toujours décrit un exemplaire qui est encore ou qui a été autrefois le mien. J'ai remarqué que ces spécialités , qui donnent tant de prix à l'excellent Catalogue de M. Renouard, n'étoient pas dédaignées des amateurs. Je n'ai point la folle prétention d'imaginer que mon nom ajoute jamais beaucoup de prix à un volume que j'ai possédé ; mais cette identité servira du moins
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à confirmer l'exactitude de mes observations bibliographiques. Je devois d'ailleurs rendre raison du motif qui avoit renfermé mes études dans un si petit cadre ; c'est qu'elles se bornoient à mes livres, qui ont toujours été très choisis, mais qui n'ont jamais pu être nombreux.