POÉSIES PRIMITIVES
fondé h reprocher leurs folies aux bibliomanes, si elles n'avoient jamais pour objet des livres plus méprisables que celui dont il est cpiestion ici .
J'approuve assez la coutume du vieux bibliothécaire Du Verdier, qui aunonçoit rarement un livre remarquable sans en rapporter de longs extraits. C'est en effet la manière la plus sûre et la plus naturelle de faire connoitre l'auteur dont on parle ; mais ce luxe de citations siéroit mal dans des notices aussi superficielles que les miennes, et si je copie , avant de terminer cet article , une des pièces de poésie esclavonne recueillies par la comtesse des Ursins, c'est que cette illustration me fournit le double avantage de répondre à ce reproche de mauvais style qu'on lui a injustement adressé , et de varier un peu l'aride monotonie de ces discussions de dates et de noms, dans lesquelles je ne puis me dispenser d'entraîner à tout moment le lecteur. Ce petit poëme est l'hymne de mort chanté aux funérailles d'un ancien chef slave, le Stariscina de Rostar.
(( Qui nous guidera encore sur les frontières des (( Turcs, pour leur enlever le bétail ?
" Qui jugera des meilleurs coups et donnera le (( prix au bras le plus robuste ?
(( Qui mènera l'épouse à l'époux avec pompe et (( joie , si notre chef est mort ?
(( Qui nous éclairera de ses conseils , comme