‹ Mélanges tirés d'une petite bibliothèqueChapitre 42 sur 85 · EN HISTOIRE NATURELLE · texte numérisé non relu

EN HISTOIRE NATURELLE

on suppose qu'elle résulte des sucs de quelques plantes vénéneuses dont ces petits animaux se nourrissent, et qu'elles déposent sur les corps auxquels elles viennent s'attacher. Mais quel est cet arbre poison , ce mancenillier d'Europe , dont la funeste puissance ne se manifeste C£ue par l'intermédiaire d'un petit insecte? N'est-il pas plus probable que le développement de ces mouches , dont la larve habite probablement les marais de Narente, favorisé dans les années de chaleur par la tem^pérature qui dessèche leurs eaux, concourt nécessairement avec celui des exhalaisons méphitiques de ces marais , et que l'on prend encore ici un effet simultané pour une cause ? Ainsi , à supposer qu'on dessèche jamais les marais de Narente , le typhus et les m^ouches disparoissant à la fois, le préjugé restera.

Jean Bauhin est aussi auteur d'une Histoire notable de la Rage des Loups, ad{>enue Van 1 5go, imprimée à Montbéliart en iSgi, petit in-8. , et que je n'ai jamais eu le bonheur de trouver; elle n'est pas moins rare que le Traité des Anhnavls aians aisles. La planche presque introuvable de ce dernier ouvrage est un grand feuillet plié, composé de deux parties réunies sur un onglet , et où sont représentées en ly figures, sous les lettres A B C D , quatre espèces de sphynx vus dans tous les sens. La première est certainement, comme je l'ai dit j le sphynx du liseron j je suis porté à croire

2i8 ERREURS EN HISTOIRE NATURELLE, que la seconde est le sphynx de la vigne, et la troisième le moro sphynx de GeolFroy . Mais Bauhin n'a décrit soigneusement que la première ; et , quoique les portraits soient excellens pour le temps , il seroit difficile d'y reconnoitre parfaitement des espèces dont la différence spécificpie consiste le plus souvent dans un caractère prescpie insaisissable à la vue. Cette gravure a cela de très curieux qu'elle contient, je crois, les premières figiu-es passables d'insectes qui aient été données, le volume d'Aldrovande n'ayant paru que neuf ans après, en 1602. Platner dit toutefois, dans sa lettre , qu'il a l'image d'un tel papillon , (( prins (( plusieurs ans y a , à Milan , taillée en cuiure et « imprimée, avec une longue trompe, plusieurs « pieds , comme une beste horrible et dangereuse , (( et cpi'on tenoit pour un monstre. » Mais ce livre n'est point connu , et il est fâcheux cpie Platner ne l'ait pas cité.

Notice spéciale des Éditions de Longus, dites du He'gent.

1 . Les Amours pastorales de Daphnis et Chloé , écrites en grec par Longus , et traduites en françoîs par Amyot. Paris, chez les héritiers de Cramoisy, 1716, in-ra. fig.

2. — Les Mêmes , édition du Régent. (Paris, Coustelier,) 1718, petit in-8. fig. br. Non rogné.

Exemplaire précieux du grand papier de l'édition , et peut-être le seul de cette condition qui se soit conservé dans toutes ses marges. Il a été payé 10 1 fr. Mac-Carthy, et i5o fr. chez MM. De Bure.

3. — Les MÊMES, (Paris, Coustelier,) I73i, petit in-8.; mar. citron à compartimens.

Imprimé sur Vélin.

Magnifique exemplaire , avec les figures de l'édition de 1718, premières épreuves.

4. — Les Mêmes. (Paris, Coustelier,) 1745, in-8. tiré de format in-/|. ; mar. bleu, rel. par Derome.

Superbe exemplaire de M. de Cangé, éditeur de 17 18, avec une note estampillée qui annonce que les gravures sont premières espreuves des estampes de S. A. R. , et les épreuves en deux sens des petits pieds, tirées en rouge.

Ce livre est si connu cpi'il n'y a presque rien à en dire, sinon qu'il ne mérite sa réputation sous aucun rapport , car l'impression en est médiocre

,^2o DES ÉDITIONS DE LONGUS.

et les dessins plus que médiocres ; j'ai cependauL numéroté les éditions pom^ rattacher à lem^ titre cpielques observations bibliographiques qui ne sont pas partout.

L'édition la plus rare et la plus désirable de cette traduction est certainement l'édition princeps de i55g, que je n'ai jamiais rencontrée. L'édition n" I n'est pas belle , et les figures valent tout au plus celles du Régent , qui ont au moins le mérite d'étre'joliment gravées. Il y a trois choses à y remarquer :

I °. Que l'édition du Régent avoit paru dès 1714? comme M. Brunet l'a judicieusement avancé, puisfpi'elle est indiquée , dans la préface de celle-ci , par ces paroles décisives des Préliminaires : « Une (( histoire amoureuse dont le sujet a occupé , dans (( des mom.ens de délassem.ent , une m.ain comme « celle que le respect m'empêche de désigner. » Et en note : (( C'est par le même motif que l'on n'a (( pas fait graver les estampes de cette édition (( d'après les peintures que l'on désigne ici. »

2°. Que l'éditeur a cru devoir y remplir une lacune cpii existoit alors dans tous les manuscrits , lacune à lacpielle on a depuis suppléé au moyen d'une heureuse découverte ou à l'aide d'un artifice assez ingénieux , et qu'il s'est servi pour cela de la suture de Marcassus , qui est certainement moins gracieuse , m^ais qui pourroit bien être plus loyale.

3". Que cette édition, écrasée par le succès de

(;clle du Régent , a fourni aux éditions suivantes la piquante idée du sujet des Petits pieds ^ qui est traité toutefois dans celle-ci avec cent fois plus d'esprit et de naïveté.

L'édition n° 2, qui est la plus chère, et dont j'ai vu payer sept cents francs un exemplaire aux armes d'Orléans , a été elFectivement tirée sur deux papiers, comme M. Renouard le remarcjne; mais il j a bien peu de différence dans leur qualité. Quant à l'histoire si répandue qu'elle n'a été imprimée qu'à deux cent cinquante exemplaires, ce qui ne constitueroit pas une rareté singulière, il faudroit, pour y croire, n'en avoir pas touché com.me m.oi trois ou quatre cents. Telle étoit , sans doute , l'intention du Régent ; mais on sait comment les grands seigneurs suivent les volontés des princes , et comment les impiimeurs exécutent les ordi^es des grands seigneurs cpii font imprim.er. C'est , en dernière analyse , un volume assez commun.

L'édition n° 5 devroit être beaucoup plus recherchée , puisqu'elle a le mérite de renfermer les notes estimables de Lancelot; mais il faut qu'elle soit imprimée sur V^élin, comme mon exemplaire, pour être placée au nombre des livres précieux.

M. de Cangé, que j'ai nommé sur le n° 4? ^^ qui a pris les soins de la publication de 17 18, étoit un amateur délicat , et son nom m'est garant de la perfection des épreuves de ce dernier exem-

plaire ; il a eu de quoi les choisir, car on trouva cinquante-deux exemplaires de la première édition après son décès, et l'iriiiption de ces exemplaires inattendus auroit sans doute fait baisser le prix des autres, s'ils n'avoient paru dans un moment où l'on s'entendoit fort mal à conditionner les livres. On i^econnoît ceux qui proviennent de cette source à leur mauvaise reliure, et plus sùi^em.ent encore à une large bande de rousseur qui coupe la marge de la première page du texte , et c[ue les libraires désignent sous le wova. àe pli de magasin. Les planches d'Audran servirent encore une fois , mais retouchées par Simon Fokke , et chargées d'ornemens dans le goût du temps , par Cochin et par Eisen , pour l'édition suivante, que je possède aussi :

Longi pastoral ium de Daphnide et Chloe libri quatuor, graece et latine. Lutetiae Parisiorum, in gratiamiJiiriosorum, 1754, rn-4. ; mar. rouge, rel. par Derome.

Très bel exemplaire.

Cette bonne édition a d'ailleurs le mérite incontestable d'être la plus rare de toutes celles auxquelles ces figiu^es se trouvent réunies , car on sait positivement qu'il n'en a été tiré que cent vingtcinq exemplaires.

DES FALISQUES. 2a3

Des Falisques, de quelques faits omis par les Biographes, et de la première édition des centons de Jul. Capilupi.

AntÔnti Massae Gallesii I. C. De Origine et Rébus FaliscoRUM LIBER, et alla opiisciila (Falconiae Probae et Jujlii Capilupi centones.) Romae, ex typograpJiia Sanctii, i588. — Pétri Cvrsii poema de Civitate castellana Faliscorum. Romae, apud Barthnlomaeum Bonfadinum , i58q, in-i6.; V. brun, rel. par Derome.

Charmant exemplaire d'un petit livre dont je ne trouve qu'une seule adjudication. C'est dans la bibliothéc|ue Colbertine, où il fut vendu i8 livres I sou. Il ne falloit pas être médiocrement connoisseur pour y attacher ce prix alors exorbitant , car je ne pense pas qu'il ait jamais été cité ni auparavant, ni depuis, dans aucun ouvrage de criticpie ni de bibliographie , et c'est la m^eilleure de toutes les raisons qui mie décident à en faire une mention spéciale.

Cette édition a été donnée aux frais, je crois, de Damien Grana, mais par les soins de Julius Roscius Hortinus, dcs-loi^s éditeur des frères Capilupi, et mon exemplaire porte de sa main les mots suivans écrits sur le frontispice : D. Antonio Populino Julius Roscius D. D. Je ne sais si ce Populinus no seroit pas un des Popoli de Naples.,

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