‹ Mélanges tirés d'une petite bibliothèqueChapitre 5 sur 85 · OUVRAGE FRANÇOIS DE LEIBNITZ · texte numérisé non relu

OUVRAGE FRANÇOIS DE LEIBNITZ

Découverte d'un ouvrage françois de Leibnitz , mal à propos attribué à un autre auteur.

Renards de Samson. — Mâchoire d'Ane. — Corbeaux d'Élie. — Les Quatre Monarchies. — L'Antéchrist. — A Helmstedt, chez Henri Hes se , 170^, in-8. de i33 pages; v. brun armorié.

M. Brunet se trompe en indiquant ce Hatc sous le format in-12; mais il ne l'a probablement pas vu. Il se contente de l'annoncer comme un volume rare y sans en donner aucune estimation, et il y a une excellente raison pour cela; je ne crois pas qu'il ait jamais paru dans aucune vente.

M. Barbier en a aussi une vague connoissance. Il l'attribue à Van der Hardt, qu'il auroit fallu écrire Von der Hardt, et il fonde cette hjpotlièse, que j'ai adoptée trop docilement dans la Bibliothèque sacrée (où il ne devoit d'ailleurs pas être question de l'ouvrage), sur une note manuscrite; mais une note maimscrite n'est une autorité que lorsqu'on connoit la main qui l'a tracée , et qu'on peut croire qu'elle n'a pas été jetée à la légère par

un lecteur superficiel ou téméraire. Von der Harclt n'écrivoit pas en François , et ce que nous savons de son caractère , donne tout lieu de penser que ce philologue , si intrépide dans ses hostilités , ne se seroit pas couvert du voile de Tanonyme pour une publication qui n'a rien de plus liai di que le reste de ses ouvrages. Celui dont nous nous occupons n'est pas sans analogie avec son système général de critique , et il est probable qu'il a pensé à peu près les mêmes choses, s'il ne les a pas écrites j mais on verra tout à l'heure qu'il n'a de commun avec le véritable auteur cpi'une immense érudition , et une gi'ande indépendance d'esprit.

Le volume est partagé , comme le titre l'indique , en cinq dissertations, cpii ont pour objet de faciliter l'intelligence d'autant de passages des textes sacrés, en explicjnant par l'étymologie ou tout au plus par la métaphore, des faits cpii choquent la vraisemblance, et cpii répugnent à la raison. L'auteui' ne croit point , par exemple , que Samson « ait pris trois cents renards, qu'il ait pris aussi (( des flambeaux , et qu'il ait tourné les queues des (( renards les unes contre les autres, puis placé (( ensuite un flambeau allumé au milieu entre les (( deux queues, après cpioi il lâcha ces renards dans « les blés des Philistins » ; et il est vrai cpe cette opération s'entend mieux à sa manière. 11 suppose que les blés des Philistins étant amassés en trois cents gerbiers, Samson commença par unir ces

Page 1