DE LEIBNITZ
Quatre Monarchies , mais Y Histoire de Bileam est de plus dans l'in-ia. H y a cpielques changemeiis de l'une a l'autre qui ne paroissent pas faits sans dessein, mais qui sont de si peu d'importance, qu'on ne sauroit décider si les mots qui paroissent retranchés à l'in-S", ne seroient pas au contraire des mots ajoutés à l'in-is, et réciproquement. La plus grande différence est un Avertissement de deux pages , qui se trouve dans ce dernier au devant de \ Antéchrist, et qui n'a pas pu exister dans l'autre, mais je n'oseroispas affirmer qu'il eût été plus à propos de le détruire que de l'ajouter, ou de l'ajouter que de le détruire. Quoi qu'il en soit, ces deux volumes sont d'un gi^and prix , et par leur rareté excessive , et par leur piquante singularité , et par l'éclaircissement littéraire auquel ils donnent lieu, et par le nom du génie imm.ortel qui les a produits. Malheureusem.ent , mon exemplaire de l'édition in-12, quoique bien complet, est loin d'égaler l'autre en bonne conservation.
4o DU PLUS RARE DES ANA.
Analyse et description du plus rare des Aiia. — De Jamet le jeune, et de quelques autres gens de lettres ou amateurs qui ont écrit sur les marges de leurs livres.
Maranzakiniana. De l'imprimerie du Vourst, l'an i'j3o,ctse vend chez Coroco, vis-à-vis les Cordcliers , in-24- de 55 pages , dont les 7 premières et les 2 dernières ne sont pas chiffrées; mar. rouge, doublé detabis, rel. par Ginain.
Volume très rare, qui n'a pas même dû être tiré à cinquante exemplaires, com.me le dit M. Peignot , car il ne se présente jamais dans les ventes. Ce précieux exemplaire a été encadré de format in- 12 pour recevoir des notes , et il en est effectivement chargé ; elles n'ajoutent pas peu à sa valeur, puisqu'elles sont de la main de Jamet le jeune. Ce ciu'ieux , qui a ainsi développé le titre ( ou les Pensées naïves et ingénieuses du sieur Maranzac, recueillies par madame la Duchesse et Vahbé de Grécourt ) , a écrit au verso la note suivante : «Maranzac, mort octogénaire vers 17 35, étoit (( un ofiicier de chasse et une sorte de fou fort (( stupide du Dauphin , fils de Louis XIV. Après « la mort du Dauphin , en 1712, madame la
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(( duchesse de Bourbon-Condé , bâtarde du Roi , « le prit a son service et des trois princes ses enfans. « La naïveté et l'ingénuité de ce personnage amu- « soit beaucoup cette dame , et elle chargea le « fameux sotadique abbé de Grécom^t , son poète h « gages , et cpii logeoit chez elle , de recueillir ce « Sotisiana, qu.'elle imprima elle-même , avec Gréer court, à son imprimerie du palais de Bourbon. (( On en tira peu d'exemplaires; ils sont de toute u rareté : on en a vu vendre un deux louis. Je tiens (( celui-ci de l'abbé d'Hebrail , auteur de la France « littéraire y avec qui je l'ai troqué le 4 octobre 1 768. H Je me souviens d'avoir ouï dire, en 1 74^ ? à l'abbé (( de G. cjne madame la Duchesse s'amusoit tellef< ment de l'esprit balourd de son Maranzac, qu'elle u l'auroit préféré à Fontenelle et à Fénelon. »
M. Barbier n'a connu le Maranzakiniana que par une note de l'abbé de Saint-Léger, qui l'avoit extraite des Stromates du même Jamet. La voici. a Cet ouvrage est très rare, n'y en ayant eu qu'une (c cinquantaine d'exemplaires de tirés, par ordre, (( aux frais et sous les yeux de madame la Duchesse (( douairière. C'est l'abbé de Grécom^t , anagnoste « (lecteur) de cette princesse, qui l'a rédigé. Ma- H ranzac étoit un écuyer d'écurie ou piqueur de « feu Monseigneur, fils de Louis XIV, et qui lui (c servoit de fou ou de plaisant. Après la m^ort de « ce prince, en 171 1 (^zc) , il passa au service de (( madame la Duchesse, où il est encore très âgé.