Prologue
Le Cadavre, vers par Lassailly ; Sagha Vamça, par Xavier Raymond ; Rocambo, par Tristan ;
Histoire du Vaudeville, par Edouard Pouyat ; Entre deux siècles, par Hippolyte Fortoul ; Critique contemporaine : Victor Hugo, par B. Tilleul ; Le clergé anglais, par milady Sophie Cavadia ; M, Prosper Bias, par E. Pouyat ; Si fêtais femme, vers par Jules Mercier ; Hélène, par B. Tilleul.
Appendice.
La réunion est curieuse, Charles Lassailly est l'auteur des Roueries de Trialph après son suicide (i), folie des plus
(i) Les roueries de Trialph notre contemporain avant son suicide, par Ch. Lassailly. Paris, Sylvestre, i833, in 8°.
Je me crois dispensé de revenir sur ce livre, dont on s'est beaucoup occupé à cause du titre, et qui n'est en fin de compte qu'une débauche d'esprit d'un feuilletonniste de l'école du bon sens exaspéré. — Il est parlé de Lassailly dans les Mémoires d'Alexandre Dumas, dans VHistoire de la littérature dramatique de Jules Janin, et dans les Souvenirs sur Balzac de Léon Golzan.
Les Roueries de Trialph, devenues rares, après avoir traîné en nombre sur les quais pendant vingt ans, sont aujourd'hui recherchées à haut prix par ceux qui n'ont pas eu l'esprit de les ramasser dans la case à cinq sous.
J'ai joint à mon exemplaire (demi-reliure de Lortic) le poëme sur /a Mort du fis de Bonaparte [iS3 2, une feuille in-8°), absolument ridicule. Lacouverture annonce deux romans philosophiques de l'auteur -.Robespierre et Jésus-Christ. Ils n'ont point paru, et c'est bien dommage !
folles ; M. Xavier Raymond est 'rédacteur du Journal des Débats, et M.Hippolyte Fortoulaété ministre de l'instruction publique. Ce recueil se rattache comme tendance au romantisme Bousingot de Petrus Borel , plus la tendance utilitaire et le langage prophétique du Saint-Simonisme„ L'étude sur Victor Hugo reproche déjà à l'auteur des Orientales, de sacrifier Vidée à la forme. Le prologue de l'éditeur est écrit dans le style mystique et imagé des brochures de Charles Duveyrier.
Le magasine d'Edouard Pouyat devait être une revue périodique. L'appendice annonce, parmi les articles qui devaient composer la seconde livraison, un fragment sur la philosophie de la Médecine homœopathique, par le docteur Léon Simon ; une Histoire de l'invasion et des progrès du tabac à fumer, par B. Tilleul; un proverbe de MM. Coi-
gnard frères ;
(On ne s'attendait guère
A voir Coignard en cette affaire), un Traité de l'amabilité, etc., etc. — Cette seconde livraison n'a jamais paru. Edouard Pouyat est mort avant 184S, rêvant un privilège de théâtre aux Champs-Elysées.
Ce filon saint-simonien n'était pas inutile à marquer dans une carte du Romantisme. D'ailleurs, le talent ni l'esprit n'ont point manqué à Edouard Pouyat et à ses amis. Ses contes, ceux de Richard Listener ne sont inférieurs ni par le style, ni par l'intérêt, à beaucoup d'autres fort vantés depuis. Pouyat était écrivain; ses récifs de la vie des jeunes littérateurs pauvres il y a trente ans ont une saveur de poésie que vingt ans de réalisme font goûter avec plaisir.
Le tome XIe des Cent et Un contient un vif et amusant article d'Edouard Pouyat : les Déjeuners de Paris.