CHAP. I. LES MANUSCRITS. I
ont pu fixer une date essentielle ^ , et analyser brièvement l'œuvre de Constantin Céphalas.
Au surplus, nous aurions mauvaise grâce à trop critiquer les Byzantins, car leurs négligences sont quelquefois précieuses. Céphalas, comme tous ses contemporains, travaillait très vite. Il voulut mélanger les poèmes empruntés aux diverses Anthologies, mais la patience lui manqua et aujourd'hui encore on peut isoler dans son livre les éléments qui le constituent.
Passow eut le premier la bonne fortune de s'en apercevoir. 11 prit pour point de départ le Proème de la Couronne. C'est une pièce de cinquante -huit vers où Méléagre énumère les auteurs dont il rassembla les œuvres. Cherchons à retrouver ces poètes dans le manuscrit palatin. Nous remarquerons que leurs noms sont presque toujours rapprochés et forment des séries à peine interrompues à de rares intervalles. Los préfaces de Philippe etd'Agathias donnent lieu à des observations analogues. Après cette étude, et avec un léger effort d'imagination, on peut se figurer Céphalas à l'œuvre. Il prend un volume, en transcrit quelques pages, puis passe à un autre. Sa part d'initiative se réduit à modifier l'ordre des épigrammes.
Toutefois on rencontre parmi les Anacréon et les Callimaque des versificateurs du même temps, mais que le Proème de la Couronne ne mentionne pas. Ils étaient pourtant admis dans le recueil; mais Méléagre crut leur faire assez d'honneur en disant : « J'ai mêlé a ma guirlande beaucoup de fleurs nouvelles. »
Ces inductions prêtent quelquefois au doute, ou se heurtent à des contradictions. Le scoliaste nous épargne alors une erreur. Certaines épigrammes de Simonide, de