‹ Méléagre de GadaraChapitre 100 sur 190 · I. AP. v · texte numérisé non relu

I. AP. v

3. Cf. AP. XII, 56, 57. Certains critiques pensent que la seconde pièce est apocryphe parce qu'elle est très mauvaise. Ils ont trop bonne opinion de Méléagre. Cf. Susemihl, Geschichte der griechischen Litteratur in der Alexandrinerzeit, t. I, p. /47, n. lAg.

CHAP. IX. L'INVExNTlOxN POETIQUE. I^Q

Nous n'aimons pas davantage les idées générales sur les tristesses et les joies de la passion. Méléagre, malgré ses Ménippées, n'était pas assez philosophe pour devancer Lucrèce. Il répète avec une grande recherche d'expression : Éros est un maître implacable. Les hommes valent mieux que les femmes ; les femmes valent mieux que les hommes '.

Toute cette partie de son œuvre est d'une médiocrité prétentieuse et parfois obscène. Mais dans ce fatras je relève trois belles épigrammes. Elles développent cette idée que rien ne vaut contre la passion. Remarque banale s'il en fut! Mais la pauvreté du fond se dissimule sous les voiles d'une ingénieuse allégorie. Méléagre s'est rappelé fort à propos une idylle très célèbre de Moschus. Le Sicilien avait représenté Aphrodite cherchant son fils, et donnant à tous le signalement du vagabond 2. La pièce, un peu fade et comme alanguie par la marche lente des hexamètres, doit son agrément à la finesse des souscntendus et à la grâce mièvre de la peinture. Mais l'imitation est bien supérieure au modèle : chez Méléagre, tout marche plus vite, Éros est plus vivant. Tour à tour esclave et maître, menacé, vendu, traqué, il brave l'amoureux qui se débat, crie et tempête, pour reconnaîli^ sa faiblesse et revenir par trois fois sur sa décision. Moschus avait dessiné un tableau, Méléagre compose une comédie, un dialogue, où l'Amour donne la réplique par ses ricanements, ses sourires et son silence moqueur 3. Cette petite histoire remplit trois épigrammes qui s'opposent avec une symétrie calculée. Éros est successivement un enfant battu, un serviteur mis à l'encan, un

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