‹ Méléagre de GadaraChapitre 106 sur 190 · LE DIALECTE · texte numérisé non relu

LE DIALECTE

Les progrès de l'hellénisme amenèrent la création d'une langue commune. Moins forte que le dorien, moins souple que l'ionien et moins fine que l'attique, la xc.vyj oiàXe-AToç avait l'avantage d'être comprise à peu près partout. Les conquérants macédoniens l'enseignèrent aux Orientaux, et Méléagre put l'apprendre dans les rues de Gadara et de Tyr ^ Les habitants de Cos descendaient de colons péloponésiens, et ils conservèrent longtemps leur idiome national ^ ; mais leurs exemples ne touchèrent point un homme déjà vieux et qui avait pris ses habitudes. Il parla de même à Phanie et a Zénophile 3. L'apparente

î . Il n'y a, dans les inscriptions phéniciennes, aucun mot qui n'appartienne à la xoivyi. CIG, 4539-4536. On doit évidemment négliger la pièce de vers citée sous le numéro 4535.

2. Cf. Paton et llicks, The Inscriptions of Cos , Oxford, 189 1 .

3. M. Louys suppose que l'cpilaphe d'IIéliodora fut composée à Cos, parce qu'elle est doricnnc {Les poésies de Méléagre, Paris, iSgS, Introduction, p. 8). Mais les dorismcs ne sont point rares dans les pièces écrites à Tyr. (Cf. AP. V, i3G, 187, i48, 214.)

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divcrsilé de ses épigrammes n'exclut pas l'unilé, je dirais presque la monotonie. Les expressions de la langue courante fournissent partout la trame du discours. Sur ce fond se détachent, en broderie, les termes empruntés aux différents dialectes.

L'auteur met à contribution tous les peuples de la Grèce. Il prend aux Attiques à-oy.Xao) *, ùzcy.aa) ^ et la seconde personne àXwaei^; aux Éoliens, les datifs xojjia'.ji, xctiair. et 7:ap6£V'.xatŒi ^. Mais il use plus communément de l'ionien et du dorien. Ainsi firent tous les poètes d'Alexandrie. Ces élèves dociles voulaient suivre pas à pas ceux qu'ils choisissaient pour guides : bucoliastes siciliens, épiques ou élégiaques d'Asie-Mineure. D'ailleurs, l'influence d'Homère était alors souveraine. Les mots pompeux et sonores de V Iliade avaient droit de cité chez tous les versificateurs.

L'ionien aime les sons traînants; toutefois, les caprices de l'usage avaient amené des abréviations comme xpésjw 5, àxap^, eiapoç 7 et (3a)6£a) 8. Ces exemples sont isolés chez Méléagre.

Il change au contraire volontiers c en cj. Cette altération modifie la quantité de la syllabe : la ressource est précieuse pour un écrivain négligent 9. E et t s'allongent

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