‹ Méléagre de GadaraChapitre 116 sur 190 · Cf. supra, ch. I, p. i3 sqq · texte numérisé non relu

Cf. supra, ch. I, p. i3 sqq

!x. Voici, je crois, la meilleure méthode. On fait un double relevé ; on range dans la première catégorie les a et les yj ioniens, dans la seconde les autres forme» dialectales. Examinons d'abord les deux hypothèses suivantes : i° les mots de la seconde classe sont doriens en totalité ou en partie; 3° ils sont ioniens. — Dans le premier cas la pièce est dorienne, puisqu'un dorien peut faire des empnmts aux épiques (voyez supra), tandis que la réciproque n'est guère admissible (ainsi l'épigramme VII, liiS, est certainement dorienne). — Dans le second cas il semble que la pièce doive être ionienne ; mais presque toujours elle contient des a doriens, ce qui complique la question. Pour la trancher, il faudra faire appel au jugement littéraire, discrètement aidé par un peu de statistique. Si la poésie était primitivement ionienne, on supprime les a doriens (par exemple, dans l'épigramme V, ao/j, nous remplacerons ôûortavoç par ôuaTirjvoc). Si elle était dorienne, on fait les changements inverses (ainsi dans l'épitaphe VII, /jai, nous corrigerons (TuoxTaatVjç). — Quelquefois aucune forme dialectale n'appartient à la 2* catégorie. On compte alors les a et les y), et on modifie ce qui ne rentre pas dans la règle commune. (Cf. AP. V, i/ig, où la leçon de Planude, XaXt/iv, est mauvaise.)

Cette méthode n'est guère en défaut que pour le Proeme, dont la confusion est inextricable. Je crois pourtant q\ic la pièce était dorienne, avec un mélange

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Ainsi modifiées, les épigrammes de Méléagre se distribueront en quatre groupes. Les unes sont ioniennes *, les autres doriennes^. Ailleurs, les rudesses doriennes sont tempérées par quelques ressouvenirs de V Iliade'^. Certaines pièces n'ont aucun caractère dialectal ^.

Cette variété n'est pas sans charme, et elle permet souvent des effets ingénieux. Heraclite était d'Éphèse^, Érinne et Antipater de Sidon écrivaient en dorien ^ ; on s'en douterait rien qu'à lire leur éloge funèbre. Mais, d'habitude, les procédés du poète sont plus simples. Pour donner de l'accent à ses vers, il cherche partout des sons éclatants et bizarres. On dirait un musicien qui emploierait plusieurs instruments sans trop s'inquiéter du timbre et de l'accord. Ces effets vulgaires ne manquent pas de force. On comprend que Niobé tremble quand elle entend les cris sauvages du messager?.

Certains mots ont presque toujours la même forme dialectale 8. Le poète s'est accoutumé à eux. et ils viennent spontanément s'enchâsser dans ses distiques. Les

de locutions épiques. Graefe est d'une autre opinion ; mais on doit lui répondre que Méléagre aimait le dorien (cf. Sternbach, Meletemata graeca, p. 66). C'est le dorien qu'il emploie dans ce qu'on pourrait appeler ses poésies officielles, les épitaphes VII, 417, 4i8, [121, l'éloge d' Antipater, VII, ^38, et la conclusion de l'Anthologie, XII, aSy.

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