‹ Méléagre de GadaraChapitre 120 sur 190 · AP. XVI, i3/j. Cf. Polybe, XXXII, 9, h · texte numérisé non relu

AP. XVI, i3/j. Cf. Polybe, XXXII, 9, h

k. AP. XII, 257.

5. AP. XII, i32. On ne rencontre, avant Méléagre, aucun exemple de celte construction. L'a-t-il inventée? Je ne le crois pas. Ces innovations ne sont point le fait d'un homme. Elles sont amenées par l'évolution même de la langue.

lyO MÉLÉAGRE DE G AD ARA.

Les expressions poétiques méritent plus d'attention. Beaucoup sont tirées d'Homère. D'abord des verbes qui présentent l'idée sans nuances, sans luxe de particules et de prépositions, avec une ampleur bien archaïque ». Puis des noms qui éveillent des images larges et presque toujours concrètes, le bruit des fleuves, la mer, les feuilles des arbres, les flèches et le bouclier, la fatalité, la patrie. Les adjectifs simples sont très communs; les composés un peu plus rares ^ C'est en rapprochant deux racines que les Grecs inventaient des locutions nouvelles, et les créations récentes faisaient oublier les anciennes 3. Quelques indéclinables ont une couleur assez homérique: mais ils sont isolés ^. Les conjonctions et les prépositions sont peut-être les plus prosaïques de tous les mots.

Le poète a pris aux épiques plusieurs termes négligés par la tragédie s. C'est une habitude alexandrine, qu'expli-

1. 'Apapiffxw, VI, i63; aùSâw, XII, 63; àfxdta), IV, i, 26; yzivo\iixi, XVI, i34; 8épxofiai, XII, 53 ; xeuOw, VII, /j2i ; [xéXTîw, V, 139; fjii[xvto, V, iSa ; [xteryto, V, i36; TiéXo), VII, 418; 7teuôo(j,ai, VII, 470; irXâsOM-ai, XII, laa; (Tcôpo)), XII, i58; (TTÊvâxw, XII, 160; xapêéw, XII, 65; tsu^w, V, 180, etc.

a. "AXç, XII, 84; àxTi'ç, XII, iio; àoiÔa, IV, 1,1; aTY), XVI, i34; yyîov, V, 175; 6ai;, VII, 207; epvo;, XII, 256; ôpcyxo;, VI, i63; t'ov, XII, i44; xÉXaôo;, VII, igS; xTuuoç, XII, 147; opTTY)^, IV, I, Sg; izoLipoL, VU, 4i8; (xàxoç, V, i63; çdtTi;, XVI, ï34, etc.

3. "AXuTo;, XII, i58; àixçYjxi^, VII, 421; àTapêyjç, V, 177; Ppoxeo;, VI, i63; epaToç, VII, 4i8; Xâêpoç, XII, i3a; irpvijxvyiaioç, XII, iSg, employé substantivement par Méléagre; uTepÔEi;, V, 177; TrûfxaTo;, XII, 257. Composés : 'Aypôvoixo;, VII, 196; ppoToXotYo;, V, 180; sÙTrXoxafjLo;, V, 147; ri8\>tTzriç, XII, 94; veoOaÀi^;, IV, I, 53; 'jravSafx.cxTwp, XVI, ai3; Tcpwxoyovoç, IV, i, 5o.

4. A'tév, VII, 207; ^Sé, IV, I, 4o; U^, VII, 79; XII, 48; o?pa, XII, 56; TToXXdtxi, V, 57.

5. Substantifs : Aiyavéï], VI, i63; 'évapa, VI, i63; ot'|irj, IV, i, 17; iceîpap, XII, i58: il faut comparer Homère (oXéôpou iistpaxa, Iliade, VII, 402) et Méléagre (ueipaTa ôavctTou); TCT^XrjÇ, VI, i63.

Adjectifs : "AXoço;, VI, i63 ; à|x(u|xr,To;, IV, i , 3i ; pXwOpô;, IV, i , 3o ; Su(Ta(i{i.opoç, XII, 72; îjiepTÔ;, XII, a56; irivuTo;, VII, 470.

'A6Xoç6po;, VII, 428, employé substantivement; poûi:iç, V, 198; èptdOev^;, VII, 438; loSéxoç, V, 179; ocvoêapiQÇ, XII, 117.

Verbes : rouvoOfxai, VII, 476; Sivéw, V, a 10; tat'vto, XII, 95; (xeiSâo), XII, ia6; ce verbe est, comme dans Homère, employé seulement au participe aoriste |XEiôr,(xa;; piTïTdcCw, V, i65, etc.

quent le retour aux anciens modèles et l'emploi du rythme dactylique. D'ailleurs le génie grec s'épuisait; il fallait rajeunir les vieux genres et les vieilles expressions. Celles-là plaisaient surtout qui se rapportaient aux choses de la guerre. Les archaïsmes de certaines épigrammes sont peut-être un legs d'Apollonius ou d'Euphorion K

Un homme du u* siècle doit rendre hommage à V Iliade, mais, à tous égards, Euripide et Ménandre sont bien plus près de lui. Méléagre parcourut avec profit les écrivains plus récents qu'Homère. C'est à leur exemple qu'il note une couleur [yXzz^zi) ^ une sensation délicate (YXuxjTrr/.pc;) 2, ou une action complexe (y^cBaATro) ^. Ces emprunts forment tout un chapitre de son vocabulaire, et non le moins important.

Ici les noms sont assez nombreux 5, mais les verbes le sont plus encore^. Parfois ils dérivent d'un mot composé. Ce raffinement devait séduire un Alexandrin. Ailleurs, une particule modifie légèrement le sens ; les Attiques aimaient ces distinctions subtiles. Les épithètes se multiplient. Quelques-unes sont simples 7, mais le poète préfère les autres ^. Dans ces adjectifs les grammairiens retrouvent

I. C'est le cas pour aiYavsr). Argonautiques, II, 829; ueipap. Argon., I, 4i3; II, 3 10, etc., et tî^Xyi^, Argon., II, 920. 3. AP. IV, I, 19.

h. AP. XII, 93.

5. 'AXéxTwp, VII, /i28; ^<x^\iU, VII, 628; yeveTri;, V, 180; î$6;, V, 96; xi'xivvo;, V, 176; XYiixa, XII, 117; vtîiTpa, XII, 68; oXoXuy(a6;, VII, 182; CTTeçàvwjxa, V, 195; (laXoç, V, 20/i.

6. Verbes simples: 'AyxaXi'ÇoiJiai, XII, 123; atâlia), VII, A76; xpéxu), V, 189; vwtîJJu), XII, 93; (TxûÀXw, V, 176; ^Xiaîvu), V, i5i.

Composés prépositionnels : 'ATToôpt^to, IV, 1,17; ly^eXau), XII, a3 ; xa6ap(A6C(o, XII, 356; (TuaToXîtia), VII, /J19.

Composés non prépositionnels : AaSoux^w, VII, 183; icaiôoçiXfw, XII, 187.

7. Adjectifs simples : 'Ax|xaîo;, VII, ^76; paiô;, XII, 83; yaOpo;, XII, 187; îpoç, VII, 182; yopywTco;, VII, A28; oOaToeî;, VII, 207.

yoepo àyp'jitvo

8. Composés négatifs adverbiaux ou prépositionnels: "AteyxTo;, V, i5i; p'jitvoç, V, i52; àxoî{xr,To;, V, 190; àvTwSo;, VII, 196; St'vypo;, XII, 68;

les radicaux les plus divers, mais surtout ceux qui rendent le coloris des fleurs et des visages. Hoj;, àîpi; et ç(Xcç entrent dans plusieurs combinaisons.

L'école de Callimaque interprète plus qu'elle ne crée; aussi Méléagre ne doit-il pas beaucoup à ses prédécesseurs immédiats. Toutefois, il porte bien l'empreinte de son époque. Comme substantifs nouveaux, je citerai seulement GiSJvYiçi, \).iXii[LOL et àpcipsjç^ Il faut y joindre une assez forte quantité d'adjectifs 3, dont plusieurs composés. Les verbes sont rares ^. Nous savons que pour les néologismes prosaïques la proportion est inverse. C'est la différence toute naturelle des vers et de la conversation courante 5.

Certains changements de sens ont pour auteurs les poètes alexandrins. Apollonius ou Antipater de Sidon disent comme Méléagre \j.oy^^6q, cî'/y;, aivsv et àvswQ pour désigner une œuvre littéraire, du vin, une voile de navire et une bataille ^.

efjLTiupoç, XII, ii8; èuigcifxioç, IX, il53; eTrtfxadTt'Sto;, XVI, i3ii; è7rivj{jLçîSio;, VII, 18a; eùàvÔEfjLOç, IV, I, 9; ffuyxoiTo; (employé substantivement), V, iSa; ffuvvepr,;, XII, 169; Tpiyépwv, VII, lin; {iTtépavxXoç, V, 204.

Composés à double racine significative : 'AvOoçôpo;, XII, i65 (employé substantivement); papu|xox6oç, XII, iSa; yXux'jTttxpo;, XII, 109; IItiXôtutco;, V, iSa; rfi'Aôyoz, V, 187; YjSufxeXiQÇ, V, i4o; yjôûttvooç, IV, 1, 11; xaxàyyeÀo;, XII, 187; >>E\jxav6r,ç, XII, i65; [xeyauxi'lî, ^lï. 4^8; fxo'jaouôXo;, XII, aSy; Tîdtyxoivoç, V, 176; 7roXu£Tr,ç, VII, 417; TioSrjyo;, V, 179; TTjpîîivoo;, V, 180; o^uêéa;, V, i5i; xa/^Tcouç, VII, 207 ; 0|xvo7c6Xo;, IV, i, i3 (pris substantivement); çiXoxtoijLo;, V, 176; ^aXx63eTo;, V, 179.

I. AP. VII, 4a I. Le mot est dans le Palatinus; Planude nous donne dt^uvr;, qui est beaucoup plus commun. Mais Antipater de Sidon avait dit, avant Méléagre : tov <yiguvr,v (AP. VI, 98).

a. AP. VII, 196; IX, 453.

3. 'Aeiea)>r,ç, VII, 196; XII, a56; papjçpwv, XII, lAi; eO-xat-rr,;, IV, i, 5; xaXXacvo;, VII, 4a8; ôrjXufiavrjÇ, IX, 16; iraXt'ixTto'-»;, ^> i63; itepiayr,;, VI, i63; opOpivô;, XII, 47; çtXâêouXo;, XII, 80; çt>.!ixpr,To;, IV, i, 53; ^''-''/^tuâry);, XII, a56. Van Hervverden (Mnémosyne, 1874, p. 874) propose de lire (V, i8/j) : xaxoppexTEÇ xocTr); Oyjpt'ov; xaxoppéxtr;? est dans Apollonius.

l^. 'Evai^lAaiîw, XII, 1^7; TiXaTaylo), VII, 182.

5. Les versificateurs inventent surtout des épithètes. Cf. infra, p. 173.

6. AP. XÏI, 257, 49; V, ao4; VI, 168. n'jpiyXsxTo; signifie : brûlé. Chez Méléagre et Lycophron, on doit le traduire par : brûlant. Cf. AP. XII, i5i (l'épigramme est douteuse), et Pape, Handwôrterbuch. . . ad verb.

CHAP. X. L'EXPRESSION. I yS

riavToôi est une expression moderne K Dès l'époque de Pindare, TSTpaai avait perdu le ç final ^. Mais au m" siècle on fit plus volontiers usage de cette forme abrégée. Tout s'use, et les mots affaiblissaient peu à peu leur dernière syllabe. Mais ces façons de parler semblaient vulgaires. Callimaque n'emploie rShi qu'une fois, et dans une épigramme 3.

Méléagre invente volontiers des mots ^ surtout des adjectifs et des verbes. Un versificateur est moins tenté d'accroître le nombre des substantifs ; ils représentent les conceptions les plus nettes et les mieux liées de notre esprit; et pour créer le nom, il faut d'ordinaire créer la chose 5. Dans le domaine des qualités et des actes, les limites sont moins précises et les formes plus changeantes ; c'est là que la fantaisie de l'écrivain peut se donner libre carrière.

L'auteur choisit donc un thème verbal, et lui adjoint soit une particule, soit un mot significatif. Le premier procédé, familier à Sophocle et aux autres Attiques, nous donne aw^Tpoyà^tù, Tcspiay.uôi'Cw» et même àTuorpoçeoYo) ^. Mais c'est là un artifice de logicien; un littérateur aura toujours plus de plaisir à rapprocher et à fondre deux

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