Callimaque, cdit. Schneider, épig. 12. Cf. AP. VII, Sao
h. Il n'était pas le seul. Cf. Th. Reinach, De Archia poeta, p. 39 : «Verbis compositis, novis parum usitatis ultra modum utitur, quorum sunt exempla jam a Suida notata : àpuéôtov, iroXuffitaôiii;, TpiTavydToç, cY.o^:\.r^xr,^, piapxi^;, Ô£ipa)(0'/iç (AP. VI, 207, 39, 192, 16, 179). »
5. Pourtant quelques substantifs paraissent avoir été mis en usage par Méléagre: àXXayfxa, XII, i33; yaii-eTiç, V, 180; ôpeuxi^p* XII, 137; (TuoxTa<yia, VII, 421; (Tuaôovifffia, V, 20/i; yçYjyejxcov, XII, 56,
6. 'AvaçXoyî^w, XII, 127; àvwpûojxai, VII, 468; àiteixovi'JJa), XII, 67; àitoitpo- {p2uy(i), XII, 1 33; TiepKTXuOîî^a), XII, 95; irpodTivàaffw, XII, 67; 7cpo(T*|^i6upisO>, V, iSa; (7'jvTpoxâiît»), VII, 417.
lyi MÉLÉAGRE DE GADARA.
images. Il emploiera donc àpwTSTrXcéw, 7:xi3oocpé(i), y^uxu- \}.'Mti), et d'autres composés qui se conjuguent tous sur le modèle de ç'Aéw * . L'élément primitif de la combinaison doit être un mot de sens large. Méléagre s'est servi deux fois de ...gsAÉo), trois fois de ...çspà'w.
Rien n'est plus facile que d'inventer des épithètes. Pour le faire, il suffit souvent de changer une désinence. L'écrivain prend toujours comme point de départ une racine significative, soit qu'il la présente seule, soit qu'il lui adjoigne des particules, soit qu'il l'associe à d'autres racines. On obtient ainsi des formes très diverses, mais qui se rangent en trois catégories. Les deux dernières nous sont connues, car nous venons de les étudier en traitant du verbe. Méléagre a quelques dérivés en Tr,z, v.ôz et ^ç % mais fort peu. Il fait au contraire largement usage des particules cuv, zpiç et lùq ^. Les adjectifs de la troisième classe sont les véritables composés. Le poète les recherche, et j'en note quarante -deux exemples, où reparaissent à satiété y'kuY.ùq, (Ajpov, avOo;. [xéXi, /.spauvoç ^. Les idées tendres ou violentes obsèdent l'esprit du Syrien.
I. 'AvopoêaTÉw, V, 208; àvOoêoXéo), V, 1^7; y^'J^^M-'J^Éw, XII, 12a; eveioocpopew, XII, 67; èptoTOTrXoéio, V, i56; oIffTpoêoXéto, IX, 16; TtatSoçopéw, XII, 5a;
<JXY]7tTpO?Op£W, XII, 56.
3. AevôpwSr)?, VII, 196; TcsXaytxYiç, XII, 53; (raêêaTixoç, V, 160.
3. 'Aet'XaXoç, V, 177, 178; avTaôXoç, XII, 68; àpTiOaXr,;, V, 198; ô'j<Tlpa<TTO?, V, 173, 173; ôucrvixiQTOç, V, 179; SudUTioKTTOç, V, i63; euçopTo;, XII, 53; oTïtcrOoêàTï);, XII, 33; «rupiTtaixTr)?, V, 214 ; (TU|JL7iXavo;, V, i65; <TÛv9povo;, XII, 357; TpiTtâvoupyoç, XII, 57; Tpt<rc(Xa(iToç, XII, 137.
On lit àÔKTTaxTU); dans une épigramme douteuse (XII, i5i).
4. *A6po7rÉ3iXo!;, XII, i58; alyoêâTY)?, XII, lu; àxpo6oXr,ç ou àxpo6eXr,;, XVI, 3i3; àvOoôtaiTOç, V, i63; àvOoXoyo;, XII, gS; pap'JTrsvÔYJ;, XVI, i34; yXuxepoxpwç, VII, 207; yXuxuôaxpuç, V, 177; VII, 419; XII, 167; yX'jxûix'jOoç, V, 195; yX'jxuTiai;, XII, 53; yXuxuTcâpOevoç, IX, 16; yjvaixofxavr,;, XII, 86; ôaxpuxapi^;, V, 166; èpr)[xoXàXo;, VII, 196; èpwxouXâvoç, VII, 195; ^woyXuço?, XII, 56 et 67; xepauvofxa^r);, XII, 110; XeyxoTtâpeio;, V, 160; XiyjUTÉp'jyo;, VII, 195; ixsXîcTTaxToç, IV, I, 33; [xypoêôdTpyxo?» V» ^^7'^ {X'jpoirvoy;, V, 175, 197; XII, 95; ix'jpôppavTo;, V, 198; fjiupoçsyyr,;, XII, 83; vsoypaço;, IV, i, 55; o^uTÔpo;, IV, I, 16; olvoêpexT^ç, VII, 428; TixvâypuTCvo;, VII, 195; TcaveîxsXo;, XII, i56; irs^OTtôpoç, XII, 53; TzXvjpovjizr^;, XII, 137; ffapxoîtayr,;, XVI, i34;
On le voit, entre le verbe et les adjectifs les rapports sont étroits. Méléagre indique bien cette correspondance. Il dira : jy.r^TTTpoçépoç et (jxr/'irTpoçopia) S y'k\j'AÙ\i.\)^oq et YXi»xu|Jiu6éa) '.
Ces audaces nous inquiètent, mais peut-être sommesnous trop timides. Les Grecs ne craignaient pas de créer des expressions nouvelles, et je pense qu'au n* siècle ils eussent accepté jusqu'au barbarisme. Les scrupules du goût et le respect de la langue n'ont jamais arrêté Polybe. Il va si loin que les éditeurs ne peuvent le suivre, et corrigent l'écrivain, en croyant rétablir le texte ^.
<Txr,7tTpocp6poç, VII, 428; (TxoÀtoOptl, IV, I, 87; (iTax"JÔ9pi$, IV, i, 43; uTcvaTraTrjr; V, i65, 197; cpapsTpoçopoç, V, 177; çO.ayp'jTivoç, V, 166, 197; çi>.â(TWTo;, XII, 175, 191; çiX6[x6po;, V, ilih; (ppevoXY^o-Tyjç, XII, i^/i; x^^P°'^'^^i^> ^' '7^-
Les critiques ont prêté à Méléagre plusieurs mots qu'on ne trouve pas avant lui : Ae^éçyjaoç (qui mord les Éphésiens), AP. VII, 79 (cf. Van Herwerden, ap. Mnemosyne, 187^, p. 3ig); yi-aolIôz, en dorien ocxaXoç, XII, 53 (cf. Dilthey, Observationes criticae in Anthologiam graecam. Je ne saurais admettre la conjecture. La première syllabe d'àxaXoç est longue et ne peut entrer dans une thésis dactylique); Xtyuôaxpuç, V, 177 (cf. Dilthey, op. cit., p. i sqq.).
Les six dernières listes paraîtront peut-être incomplètes. J'ai cru devoir omettre plusieurs mots qui ne furent pas, à mon avis, créés par Méléagre : aljxatoç'jpToç, AP. V, 180 (cf. Dindorf, Lexicon Aeschyleum, ad verb.); aîixoXixoç, AP. XII, 138 (cf. Callimaque, Fragm. 4i2, édit. Schneider); àTcàxYjfjLa, AP. VII, 195 (cf. le Thésaurus, ad verb. Ce nom figurait dans les œuvres d'Énée sur la tactique; Éncc vécut au iv" siècle); àpcrevouaiç; AP. XVI, i34 (cf. Dioscoride, AP, V, 54); J^wpoTTOTÉto, AP. XII, 48 (cf.Callimaque, Fragm. 109, édit. Schneider); OsoTraiç, AP. XII, 56 (cf. Hérodicus de Babylone, AP., t. III, V, 26) ; xepauvo6o)i<o, AP. XII, 122 (cf. l'épigramme adespote, XII, i4o; l'auteur de cette pièce vécut avant Méléagre, car elle faisait partie de la Couronne); jxEXr/po'j;, AP. XII, i65 (cf. le Thésaurus, ad verb. Le mot se retrouve dans les traités hippocratiques ; il existe peut-être aussi dans une épigramme de Simmias, AP. VII, 22; je crois pourtant qu'il faut lire ici [xeXixpo?) ; uàvai<TXpo;, AP. VI, i63 (cf. F. Kaelker, Quaestiones de elocutione polybiana,aip. Leipziger Studien,iSSo,p. 397); dyfXTiaiaTwp, AP. VI, 162 (cf. Léonidas de Tarente, AP. VI, i54; le scribe nous donne deux noms d'auteurs, Léonidas et Gétulicus, mais la pièce est dans une série qui vient de la Couronne); xpayoTrouç; AP. VII, 535 (cf. Simonide, AP. XVI, 282); çiXepw;; AP. V, i56 (cf. Nicandre, Fragm. 16, édit. Schneider).
a. AP. V, 195; XII, 133.
3. Cf. Kaelker, Quaestiones de elocutione polybiana, ap. Leipziger Studien, III (1880), p. 296 sqq. Le critique cite des exemples bien frappants : àva<TTpaT07t6Ôs''a, àvTiTTpaTOTtsSeca; èôeXoxàxr^CTiî, èvSo'JX'a, xaxoî^riXwm'a, xaivoTcotia ; piôXiaçôpo;, yuvaixoOujxoç, xoupôaxoc, Tcaveysçoôoç, x£ipo7tpa>i'"x6; ; àvu7rovor,Taj;, àîiapax^pio- Tw;, T£Tpa7c68TQTi; àXXoTptoTtpayéo), aTroÇuffTpoofxai, yeç'jpoTroisw, itpoffaaTeiâÇofxod.
A côté de Icmérilés pareilles, insisterons-nous sur quelques acceptions plus ou moins communes? Méléagre désigne par çpuayij^a ^ une attitude insolente ; sùpLoOta est une œuvre érudite 3; ^i\}.^zq, un spectacle surprenant 3. Ces exemples relèvent de la rhétorique plutôt que de la grammaire. A signaler encore SaXsç (tison éteint)^ et ajT:;j.c>iw (fuir) 5. La première expression a été reprise par Lucien, et la seconde par Diodore de Sicile 6.
Bien qu'il alTectc l'indépendance, le poète a subi la contrainte de l'usage et de l'éducation. Je ne songe pas en ce moment aux leçons de Ménippe. Il est môme étrange qu'un ancien philosophe ait si lestement abandonné tout le bagage de l'école. Qu'en a-t-il gardé? Kot^cç (l'univers) 7, erîwXsv, vjzzç et e'aa^ia (l'image), (pavTaCsi^-ai (représenter) 8. C'est bien peu.
L'influence des œuvres littéraires fut plus profonde. Les auteurs d'épigrammes avaient en commun certaines manières de penser et d'écrire. En outre, le compilateur
Ix. AP. V, 4i.
6. Il serait facile d'allonger cette liste. Je noterai encore : aîôio-l». VII, 196, noir, et non plus Éthiopien ; àTrXyjdTo;, VII, 207, trop abondant, et non pas insatiable; 'A^épouaiç, V, 20/i, de l'Achcron. Dans Apollonius, Achérousis est un terme géographique. Cf. H. de La Ville de Mirmont, Les Argonautiques, traduction française, Bordeaux-Paris, 1893, p. 409-^10; ysytové;, à la voix éclatante (il s'agit d'un poète); eyxpo'jo), VII, 196 (même sens que le simple xpoûto); xaTepûw, IX, 16, tirer de l'arc; {xitow, VII, 195, jouer de la lyre; |lvo;, V, 180, étrange; oOovyj, XII, 53, voile de navire; axoXîoç, V, 166, dur, désagréable; 4'tô"jp6ç, XII, i36, bruyant.
Au sujet d'avOo;, VII, 207, voici l'opinion de Van Herwerden {Mnémosyne, 1886, p. 385): « Manifcsto Phanium dici non potuit a poeta leporem floribus pavisse, sed herbis et oleribus. Notandus hic apud Meleagrum vocabuli usus, cujus alterum exemplum ignoro. » Le lièvre de Phanie ne mangeait-il jamais de serpolet ni de thym?