‹ Méléagre de GadaraChapitre 140 sur 190 · AP. XII, i44 : . .. , , V 10. Cf. supra, ch. VIII · texte numérisé non relu

AP. XII, i44 : . .. , , V 10. Cf. supra, ch. VIII

Les fleurs et les plantes inspirent heureusement un homme qui les aime ^ Tous les écrivains grecs ont senti le charme de ces existences incomplètes et comme endormies. Méléagre dit que Zénophile est une tendre tige, et Diodorc, un rameau verdoyant ^. Mais il use avec discrétion de ces métaphores, et nous en savourons la fraîcheur antique, sans que l'ennui gâte notre plaisir.

Nous connaissons le goût des Alexandrins pour les tableaux rustiques; Méléagre fait souvent allusion aux exercices de la chasse : les victimes d'Éros sont prises au filet 3 ; les baisers de Timarion ont de la glu ^ ; les yeux du libertin sont des chiens toujours en quête 5, et durant son sommeil il cherche à saisir les formes ailées qui hantent ses rêves ^.

Il y a de la stérilité dans cette abondance, et l'on en fait bien vite la remarque. Sans même y prendre garde nous rapprochons les images qui passent devant nous, et nous les classons dans notre mémoire comme les papil- Ions d'une vitrine. Le procédé se découvre, et la fatigue vient aussitôt. Pour nous comme pour l'auteur, les mots ne sont plus que des formules, et nous refusons de sentir ce que Méléagre n'a pas senti. Les phrases sont bien vaines quand l'imagination du lecteur se refuse à les animer 7. L'écrivain comprend bien sa faute, et cher-

î. AP. V, 174: » ^ ^ ^»^

' ... ZY)Vô(pi>.a, tpuçepov 6a>0C"«

v£ov epvoç Ev yjtOéoi; Ato^avrov.

Page 1