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C'est le cas pour les images maritimes

CHVP. X. L'EXPRESSION. I97

chanl à la réparer, il la rend irrémédiable. Pour raviver sa peinture il en force les couleurs : l'exagération est une des formes de l'impuissance * .

Un moderne vantait son talent à suivre une métaphore. Est-ce un mérite? Quelquefois. Un poète qui sait voir saisit un tableau, sans que nulle partie reste dans l'ombre. Mais aussi, lorsqu'un médiocre trouve par fortune un rapprochement ingénieux, il ne se résigne pas à l'abandonner. On se rappelle le dîner à deux services que Trissotin offre à Philaminte.

Je ne compare pas Trissotin et Méléagre : ces deux hommes sont à l'opposé. Mais en Phénicie, les pédants ne manquaient pas. La subtilité alexandrine et le faux goût des Orientaux s'unissaient pour faire la guerre au naturel. On retournait une métaphore de mille façons, on en faisait luire toutes les paillettes. C'est un défaut dont les Arabes n'ont jamais pu se défendre. D'ailleurs, l'abus de l'allégorie est le mal des littératures vieillissantes. Nous saisissons dans la poésie de Méléagre l'influence de la race et de l'époque.

On sait comment il exprime sa haine contre Timo 2, son respect pour les auteurs de l'Anthologie 3. Chez lui les images sont envahissantes ; elles s'étalent durant des pages, elles remplissent des épigrammes entières A. Cette exubérance n'est pas toujours sans agrément ^ : « Je courais pour fuir l'amour; mais il fouilla les cendres, et allumant un petit flambeau, me découvrit dans ma cachette. Sans

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