AP. V
A. AP. XII, i32.
KjS MÉLÉAGRE DE GADARA.
bander son arc, avec les ongles aigus de ses deux mains il prit une étincelle ardente et la jeta dans mon cœur. Je ne le vis point, mais la flamme jaillit de toutes parts. 0 petit flambeau, quel terrible incendie tu fais éclater dans ma poitrine! »
Pétrarque n'aurait pu rimer concetto plus ingénieux. Méléagre excelle à ces délicates ciselures. Il a le talent d'inquiéter le goût sans le révolter; mais le jeu a ses périls. Je n'aime point cette Gypris ' qui de la mer tire du feu, ni cet Éros qui donne à Psyché de la neige et des larmes bouillantes 2. Asclépiade ^ avait raconté la mésaventure de Gléandre qui fait naufrage en terre ferme. Cette belle idée revient deux fois chez Méléagre ^.
Un écrivain si raffiné doit abuser des antithèses : Éros sait mêler le miel aux breuvages amers ^; il brûle jusque dans les froides cérémonies du sabbat 6; Héliodora fait au cœur une blessure douce et cruelle 7. Dans un madrigal à Timarion 8, les mots se répondent avec une symétrie compliquée. Le premier terme fait pendant au dernier, et le second, au troisième. On retrouve le même dessin dans certaines mélodies grecques 9.
Toujours en quête de ce qui scintille, le poète ne méprise même pas les faux brillants du calembour. Les