‹ Méléagre de GadaraChapitre 159 sur 190 · Cf. la table VI · texte numérisé non relu

Cf. la table VI

7. Je ne puis donc partager l'opinion de F. Beneke, Beitrage zur Metrik der Alexandriner, p. 28 : « Allerdings muss man ja immer behaupten dass der Ponlameter ein viel leichterer und fur clidierle Formen geeigneter Vers ist als der Hexameter. »

8. Méléagre a de nombreuses élisions après le premier et le troisième pied (3o et 27). Chez Callimaque les chiffres correspondants sont aussi très forts (56 et 87). Cf. F. BeneKe, De arte metriea CalUmachi, p. 46 sqq. Beneke examine ii5i vers de Callimaque.

9. Élisions après la première arsis, 36; la seconde, 26; la quatrième, i3; la cinquième, 32. Beneke a fait la même statistique pour Callimaque, et il a obtenu des chiffres analogues: première arsis, 87; deuxième, 46; quatrième, 42; cinquième, 5o.

10. Élisions après le deuxième pied : Méléagre, 6; Callimaque, 17 (4 seulement dans les épigrammes).

2l6 MÉLÉACRE DE GADARA.

la troisième arsis ' ou le quatrième dactyle ^ A cette place elles contrarient l'efFet des césures principales ou de la coupe bucolique.

Entre deux brèves, le heurt des syllabes gêne la prononciation et surprend l'auditeur. Il faut quelquefois tolérer la faute; mais, pour le troisième ^ et le quatrième pied^', la défense est presque formelle. Callimaque Tobserve presque toujours; Méléagre cherche à le faire, mais il s'oublie quelquefois.

Pour le pentamètre, les règles sont plus simples. Négligeons le premier ictus, où ne peut s'appuyer aucune élision. Tous les pieds, sauf le deuxième, présentent une série décroissante de trois chiffres ^. Le cinquième dactyle est, de tous, le plus léger et le plus coulant.

Parmi les finales, celles en e sont les moins stables ^.

1. Élisions à la penlhémimère : Méléagre, 5; Callimaque. 6. Ainsi chezCallimaque ces élisions sont deux ou trois fois moins nombreuses, et l'on peut en supprimer quelques-unes par des corrections sans gravité. Cf. Beneke, Beitrage... p. 1 1 sqq. L'audace de Méléagre est frappante, car il élide à la césure des mots très importants : 7rat6a(AP. XH, 86), "Epwxa (XII, ga), et (TTlpyovTa (XII, i58).

2. Élisions après le quatrième pied : Méléagre, lo; Callimaque, 7. Ici encore Méléagre est beaucoup moins correct que Callimaque.

3. Après la première brève du troisième pied l'élision semblait vicieuse. Callimaque ne l'admet que cinq fois, et Beneke soupçonne que les cinq vers sont altérés ou interpolés. On n'a pas cette ressource avec Méléagre, qui nous présente dix exemples en 44 1 vers.

4. Callimaque s'interdit absolument cette élision; Beneke modifie deux passages où elle semble se rencontrer. Chez Méléagre les exceptions à la règle sont plus nombreuses. On peut en supprimer deux en corrigeant le texte (AP.XII,/i8, èç ÈfjLïiv 9p£va, et 70, xâBe liH). Mais il faut conserver, AP.XII, 117: Ti ô' ïpiùxi Aoytaixoç. Les trois pièces furent d'ailleurs écrites de bonne heure; la conclusion est certaine pour les deux dernières, très vraisemblable pour la première, qui rappelle le genre des H a i ô i y. à. En outre, les mots élidés sont des prépositions ou des particules : iizi, 6e, et Tciôe.

5. Premier pied : élisions après l'arsis, 13; après la première brève, 1 1 ; second pied : élisions avant l'arsis, 18; après l'arsis, 19; après la première brève, 10; quatrième pied : élisions avant l'arsis, 3i ; après l'arsis, 18; après la première brève, 12; cinquième pied: élisions avant l'arsis, i/i; après l'arsis, 3; après la première brève, o.

Notons que beaucoup d'élisions ont lieu après la penthémimère.

6. Élision d'un e. Hexamètre, iSg; pentamètre, 86; total, 245.

Les autres voyelles se succèdent dans Tordre que voici : a, i et c ^ La diphtongue ai disparaît quelquefois, mais d'ordinaire elle s'abrège ^. Les longues ne sont jamais élidées.

Les Alexandrins s'efTorçaient de ne point défigurer les mots importants, noms, adjectifs et verbes ^. Philétas ^ et Callimaque ^ avaient formulé des principes rigoureux qui ne furent pas toujours appliqués ^. Un poète peu soigneux devait compter parmi les dissidents. Sans doute il ne va point à l'aventure, et traite plus librement les prépositions et les particules ; mais il ne s'abstient pas d'élider les substantifs 7.

Dans l'aphérèse, c'est la seconde voyelle qui tombe. Relevons les deux exemples suivants, qui portent sur des expressions identiques : tfi' [;.?)... xpaîiYj^.

1. Élision d'un a : hexamètre, 56; pentamètre, 3i ; total, 87. Élision d'un i ; hexamètre, 23; pentamètre, 11; total, 33. Élision d'un 0: hexamètre, i5; pentamètre, i3; total, 28.

2. Al est élidé quatre fois dans l'hexamètre, et huit fois dans le pentamètre. Tous les exemples sont présentés par des verbes. Pour l'abréviation de la diphtongue, cf. supra, p. 2i5, n. 3.

3. C'est ce qu'en Allemagne on appelle les mots libres : freie ]Vôrter. tx. Cf. Beneke, Beitr'àge zur Metrik der Alexandriner, p. 3i.

5. Beneke, op. cit., p. 29, dit en parlant de Callimaque : a In den 64 Epigrammen (i/io Hexameter) kein freies Wort (ausser des eXa6' in dem in dorischen Mundart geschriebenen 60 ep.) sich elidiert findet. »

6. Hermésianax et Phanoclès élident beaucoup de noms et de verbes. Cf. Beneke, op. cit., p. 3i. Asclcpiade suit leur exemple. Posidippe élide plusieurs verbes, mais pas un seul nom commun. Cf. ma thèse latine, cap. VII.

7. Cf. la table VI. Élision d'une préposition: hexamètre aS, pentamètre 19; d'un adverbe ou d'une particule : hexamètre 171, pentamètre 8/i; d'un adjectif ou d'un pronom: hexamètre 29, pentamètre 16; d'un verbe: hexamètre aa, pentamètre 21; d'un substantif: hexamètre 9, pentamètre i3. L'audace de Méléagre est assez grande, car il ne réserve pas aux élisions de substantifs certaines places dans le distique. Voyez par exemple :

AP. VII, 421 : ^» ^ „ï. . ' ,

O'j yap EpwT evîtcw...

' 'H Taxa Touvo[x éx^i...

Àa[i.7rao avau/as..., etc.

2l8 MÉLÉAGRE DE GADARA.

Les deux sons peuvent s'unir au lieu de se détruire. Dans la crase ils perdent leur individualité. Elle subsiste dans la synérèse. Méléagre emploie beaucoup de crases ». D'ordinaire, un des éléments de la combinaison est l'article ou la particule y,a{.

La synérèse est fréquente dans les noms propres. Le Proème nous donne Moujéwv, Tjjjlvîo), Bay.y;jA'3£u), S'.y.sAiBîw 2, et les épigrammes AaToBso), EjxpaTiSeo), u[).iaç et |jltj ojyi^. Méléagre aime à resserrer ses expressions et sa pensée 4. Mais il n'est pas esclave d'une habitude. "Eoj, dans les génitifs, a souvent chez lui la valeur d'un dissyllabe ^.

Dittmar a noté un hiatus des plus durs :

... M"/) cp£(Sou Ta àiravia Xéysiv 6.

La rapidité du mouvement fait passer la dissonance. On a cherché à changer le texte, et la correction est si facile qu'on est tenté de se la permettre 7.

Dans quelques autres passages la voyelle, mise à nu par l'élision, va se froisser contre l'initiale du mot suivant.

1. Kr)Y(i, XII, 68; %rnLoi, XII, 65; xàixl, VII, /I18; XII, 85; xà|i6v, V, 166; x^, VII, 428; xav, V, i8/i; xa7ti<TTo;, XII, 119; -/w, V, 8; XII, 70; xauToç, VII, 417; XII, 72, ii3; xauTov, XII, loi, i64; xaÙTY], VII, 46i; xaùxâv, V, 86, 149; xoù, V, i36; ToOfAov, XII, 47; Tà[xa, V, i5i; XII, 68, 107, 119, 159; Tovvotxa, VII, 421; XII, 57, i54; xaXXa, XII, 68, 106; xouvexev et xouvsxa, V, 180; IX, 33i, XII, i65; xajAuaXiv, XII, 60, 78; TWTpexéç, VII, 428; TaTpexl;, XII, i3o; àvrjp, V, 149; O'jfjLoç, XII, i56; oO'vexa, V, i36; XII, 122, 157; wvôpwTie, VII, 79.

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