‹ Méléagre de GadaraChapitre 167 sur 190 · Penthémimère et bucolique · texte numérisé non relu

Penthémimère et bucolique

3. Il rapproche rarement la penthémimère et l'hepthémimère, tandis qu'il joint volontiers la trochaïque et la bucolique.

4. Penthémimère, hepthémimère et bucolique, 64, 8; 70. Trochaïque, hepthémimère et bucolique, 69, 4; 73.

5. Diérèses après le deuxième trochée : AP. IV, i, 7, i3, 29, iig; V, a^, 3; 96, I ; 137, 3... etc. Méléagre ne craint pas de mettre après celte diérèse une trochaïque troisième. AP. IV, i, i3:

'AXxatou TS XàXr)6pov...

Diérèses après le troisième pied : AP. IV, i, 11, i3, 23, 37, 35, 45; V, 8, 5; 2/1, 3; 96, i; 137, i; iSg, i; i4o, i; i/»8, i... etc. Dittmar, op. cit., p. 19 sqq., trouve en 436 vers 127 exemples de cette irrégularité. Elle est surtout choquante quand le troisième pied est spondaïque. Cf. AP. V, 137, i; i4o i; i48, i... etc.

Diérèses après le spondée quatrième. Elles sont rares. Cf. AP. V, 57, i ; i36, 3... etc. Callimaque les évite avec soin. Cf. Hccp, QuaestionesCalUmacheae, p. i8 sqq.

Diérèses après le deuxième trochée du pentamètre. Méléagre ne les admet guère. Cf. AP. IV, i, 16, 42; V, 139, 6; i4o, 2; i5i, 4; i52, 4 et 6; 160, 2, etc.

Diérèses avant la sixième arsis du pentamètre. Dittmar, op. cit., p. 28, n'en a trouvé que deux, AP. V, i65, 2, et XII, 63, 2 :

Noi XÎTOfxat, xoSfxwv ffujxTtXave, iroTvta Nû^...

soigneux les emploie avec réserve après le second trochée, le troisième pied, le trochée et le spondée quatrièmes de l'hexamètre, ou, dans le pentamètre, après le trochée second et le cinquième dactyle. Méléagre viole fréquemment ces règles, mais il ne veut pas que les deux brèves du quatrième pied soient, dans l'hexamètre, fournies par des mots différents. Cette diérèse rappelle désagréablement la trochaïque troisième, et elle déçoit en outre l'auditeur qui attendait une bucolique. Quand le poète commet cette faute, il cherche à la faire oublier, et marque une pause à l'hepthémimère ^ .

Les Grecs usent volontiers des dissyllabes et des trissyllabes pour achever l'hexamètre. Mais cette préférence n'est pas aussi exclusive qu'à Rome, et les sesqiiipedalia verba sont fort bien admis, même par les auteurs d'épigrammes 2. Dans le pentamètre, on apprécie les clausules

I. Dittmar, op. cit., p. 19, a relevé 20 diérèses de ce genre sur /136 hexamètres. Le vers est toujours coupé après la cinquième arsîs, excepté dans AP.

' ' '''A! 4'^X'n Papy{Ji.ox9e, <tÙ S' apxi (xèv ex Tiypbç ai^r\. 3. Cf., dans le Proeme, veoOaXrj et oùpavo|xâx£'j:, vers 53, 49. Quand l'hexa-mètre est terminé par un mot de quatre syllabes, Callimaque recourt à la bucolique pour atténuer la dureté de l'ennhémimère (cf. Kaibel, Observationes criticae in Antliologiam graecam). Méléagre néglige quelquefois la précaution ; mais alors le vers a du moins la trochaïque troisième. Il faut donc corriger, AP. VII, 617:

'AXXà (JLE Tov XàXiov xa\ TrpeaêuT/iv irpoTteiTccov. Kaibel propose

'AXXà <Tu TOV XaXtov xai Ttpsffê'jTYjv |xe irpoaetuwv. J'aimerais mieux ne rien changer aux premiers mots, et placer au dans le cinquième dactyle.

La règle posée par le critique allemand souffre quelques exceptions, en général justifiées par la présence d'un nom propre. AP. VII, 183 : Ou yajxov, àXX' 'AiSav èutvufxçtStov KXeapîaxa. AP. IV, I, 53 :

Tàv Tî çiXaxprjtov ©eoSwpîoew vsoôaXr,... AP. XII, 68 :

O'jx èôéXw TÎ 6é (xot xbv 'E ttou p a vi tov paTiXr,a. Dans le vers suivant, la règle est entièrement négligée, AP. V, 2i5 : 'El xat {xe xTîîvai;, Xe''}^u> çwvrjv Tcpoîlvxa...

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plus longues'. Méléagre se conforme aux idées reçues: mais il laisse percer quelque goût pour les expressions brèves et qui frappent 2.

Dans le corps du vers, il faut noter le nombre des mois. Les épiques en ont six ou sept. On arrive jusqu'à huit quand le style devient plus familier. Cette moyenne est trop faible pour l'impétuosité syrienne ^.

°Ev xaXbv oTSa xb xav, £v [).o'. [xévov oTSe to X()rvov.

(( Je ne connais plus qu'une belle chose, mon œil avide n'en voit plus qu'une. »

4>£6?cj;.' "Epwç a' 67:0 yav, ti Se to ttXéov...

« Éros, je te fuirai jusque sous la terre, mais qu'y gagnerai -je ^? »

Méléagre se départ de ses habitudes lorsqu'il veut produire un effet ^ :

(( Génies ailés, vous ne savez donc que voler auprès de moi, mais vous n'avez plus la force de vous envoler. »

Ce distique est d'une langueur charmante : les grands mots et les spondées ralentissent le mouvement, et dans les deux vers la division de l'hémistiche s'efface jusqu'à disparaître; on croirait entendre les soupirs de l'amoureux.

Parmi les césures et les diérèses, le poète doit en choisir

1. Cf. les exemples cites par Dittmar, op. cit., p. 28 : STcixaipéxaxov, AP. V, 173, ii; à7roxXao(X£vr]v, V, 191, l^, ainsi que àvaXe^ajxivr,, XII, iSa, 8.

3. Cf. la table dressée par Dittmar, op. cit., p. 29. Méléagre a souvent des monosyllabes à la fin de l'hexamètre. AP. V, 96, i ; i65, i ; 17A, i ; VII, 4i8, 3; 419, 5... etc.

/i. AP. XVI, 3i3.

quelques-unes pour y poser les signes de ponctuation. Comment s'accorderont le dessin rythmique et la période grammaticale? Le plus simple est d'établir une coïncidence absolue. Méléagre a beaucoup plus de recherche ^ Sans doute il évite de marquer fortement les diérèses qu'on jugeait défectueuses. Après le trochée et le spondée quatrièmes, on ne trouve ni virgules ni points 2. Ils sont rares après le deuxième trochée ^, le second ^ et le troisième dactyle 5, le cinquième ^ et le sixième temps fort 7. Au contraire on arrêtera fort bien la phrase sur la trochaïque troisième. La penthémimère est très importante comme césure, mais, comme coupe, on l'apprécie beaucoup moins 8. Même solution pour l'heptémimère 9. La bucolique 1° passe au premier rang. C'est là que les

1 Voir la table X. Je ne considère que les épigrammes des livres IV et V. Pour la ponctuation, je me conforme au texte de Dubner.

2. Je ne vois à cette règle qu'une seule exception, AP. V, aiA, i :

Sçaiptaràv tov "Eptoxa xpéça), (to\ S', 'HXtoSwpa. Mais la faute est atténuée par le voisinage de l'hepthémimère et l'élision de la particule. Il me semble qu'on pourrait ici supprimer toute ponctuation.

3. Cinq exemples dans les livres IV et V. Cf. AP. V, i/ji, i ; 177, 9; 178, 9; 179, I ; 183, 5.

4. Deux exemples seulement, AP. V, 182, i et 3. Cette coupe est très déplaisante. On la tolère parce que l'épigramme a beaucoup de mouvement. En outre, dans les deux cas, Méléagre a mis à la trochaïque troisième un nom propre, Aopxâç.

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