L'AUTHENTICITÉ DE L'IDYLLE SUR LE PRINTEMPS
IX, 363
Au xviii' siècle, cette idylle passait pour un petit chef-d'œuvre. Les érudits ne tarissaient pas en éloges » et Chénier lui-même partagea cette admiration 2. Peu à peu le goût changea. Les vers semblèrent médiocres, on insinua qu'ils étaient apocryphes 3. A mon avis, Méléagre aurait pu les signer : le développement un peu lâche ne manque ni d'ampleur ni d'aisance. Toutefois je ne crois point à l'authenticité. A l'appui de cette opinion j'apporterai les preuves suivantes :
I. L'attribution repose sur le seul témoignage du Palatinus; dans Planude la pièce est adespote. Le nom de l'auteur est, comme de coutume, omis dans la Sylloge Parisina.
IL Nous avons observé en lisant les épigrammes un bizarre mélange de dialectes; l'idylle est franchement ionienne^.
III. Dans les vingt-trois hexamètres qui la composent, le génitif absolu reparaît deux fois 5. Cette construction déplaît à Méléagre.