‹ Méléagre de GadaraChapitre 19 sur 190 · I. Gf. ma thèse latine, ch. I · texte numérisé non relu

I. Gf. ma thèse latine, ch. I

a. AP. XII, 256.

5. Héliodore, l'auteur de Théaghne et Chariclée, était d'Emèse. Pour Dorotheos, cf. Etienne de Byzance, au mot 'AdxaXcov; Athénée, VII, Sag, d, et XI, 497, e, ainsi que Fabricius, Bibliotheca graeca, t. VII, p. i5a sqq.

6. AP. XII, 3 56. Ce dernier nom est sans doute une transposition de El Hareth (cf. les articles sur 'Apiôaç dans le lexique de Pape et le Thésaurus d'H. Estienne).

Une première série d'épigrammes nous le montre renonçant pour toujours aux enseignements de Ménippe. Un adolescent de Tyr, Myiscus, eut la gloire de ce triomphe : « Je suis pris, moi qui jadis tournais en ridicule les orgies des jeunes gens malades d'amour; Eros, l'enfant ailé, m'a placé dans ton vestibule, ô Myiscus, avec cette inscription : Dépouilles arrachées à la Vertu '. » L'expression grecque : ŒxîîX'àro Swtppoauvy;? manque peutêtre de précision, mais en voici une autre qui ne laisse rien à désirer : « Je portais sur mon front, dit Méléagre, l'austère froncement de sourcils de la Sagesse qui tient le sceptre («ppjavixa oxr^TTTpoipépou Soç{aç) 2. » Ce sceptre est probablement le bâton dont s'armaient les stoïciens et les cyniques. Je rapporte à la même période un beau poème oii le nom de Myiscus n'est du reste pas prononcé ^. L'amant s'exhorte à faire la débauche. Retenu par quelques scrupules, il passe outre et dit adieu aux pénibles leçons de la Philosophie : 'EppicpOw ScçiV^ç r.oXhq ttovoç.

Méléagre composa vers ce moment les quinze épigrammes où il est question de Myiscus 4. Deux d'entre elles ont un caractère tout particulier. Ce sont des madri-

U. AP. XII, a3, 59,65, 70, 94, loi, 106, 110, 117, ilili^ i5/i, i5g, 167, 357. Dilthey a déchiffré dans le Parisinus une épigramme qu'il attribue à Méléagre et reconstitue comme il suit (De epigr. graec. syll. quib. minoribus, p. 4 sqq.) : Eîirev ïpiàQ Tov xaXbv ISwv Ttapiovxa Muîaxov,

Aa)poO[xat xàoe <toi toV £fxà xai çpapéxpYjv, . Aa)poO(xai xai 7tTY)vbv ISoù xaXov, eî ô' èiri ^et'Xea XetXsdt \io\. Oetr)C, Xâfjiêave xa\ u-cépyya;.

Ce quatrain est tout à fait dans le genre de Méléagre. Je lirais pourtant au troisième vers péXo; plutôt que xâXov. Cette leçon a été déjà proposée par Fix. Le poète n'a jamais représenté l'Amour un oiseau à la main. L'expression TtTrjvà péX?) se retrouve dans un madrigal adressé à Héliodora (AP. V, 391, 5). Quoi qu'en dise Dilthey, le texte est très clair avec ^éXoç. L'amour offre son arc, son carquois, et enfin la flèche qu'il tient à la main. •

3o MÉLÉAGRE DE GADARA.

gaux qui associent au jeune homme plusieurs Tyriens '. Myiscus est oublié, volontairement sans doute, dans une troisième pièce », mais je retrouve ici les noms qui figurent dans les poésies précédentes. La conclusion s'impose : l'auteur a rencontré vers la même époque tous ces ado lescents, Diodore, Asclépiade, Heraclite, Dion, Théron, Oudiadès,Dorothéos,Callicrate, Eudème, Apollodote, Phi- Ion et Aréthas. Nous datons par ce moyen onze épigrammes 3. L'une d'elles est plus récente que les autres. Elle contient des sarcasmes contre Heraclite, dont l'âge a détruit la beauté ^.

Parmi les pièces que nous venons d'étudier, la seconde a depuis longtemps attiré l'attention des critiques. Elle est d'une invention fort originale. Sept enfants comparés a des fleurs forment une guirlande qu'Éros offre à Cypris 5. Ge développement rappelle trait pour trait l'introduction de la Couronne. H est probable que nous avons ici un proème, Reiske ajoutait même, un proème d'Anthologie. Méléagre aurait de bonne heure recueilli et publié un choix d'épigrammes philopédiques ^. Je ne puis admettre cette hypothèse. Gomment un compilateur oserait-il consacrer sa préface à ses aventures personnelles? Un tel préambule ne pouvait convenir qu'à un ouvrage original. Je suppose donc simplement que Méléagre a, de bonne heure, édité ses premiers

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