AP. XII, ii3; V
ITaixçuXo) uai'Swv vi^-/opLat èv nùAyti.
Cf. Schneider (Peric. crit., p. 56), cité par Jacobs (Animadv., t. I, p. 5o). Bninck et Jacobs approuvent l'interprétation de Schneider.
Quelques autres, enfin, furent certainement composées à Gos : « Aidez-moi, je quittais la mer et je posais mes premiers pas sur la terre lorsqu'Éros est venu m'attirer ici. En guise de flambeau, il fait briller le charmant visage d'un enfant.... Quoi donc, à peine délivré des flots amers de l'Océan, il me faut traverser les flots plus amers de Cypris ». » Une autre pièce de vers, simple réplique de la précédente, contient des expressions encore plus caractéristiques. L'amoureux invoque tour à tour les étrangers (^eTvci) qui le regardent, et Éros dieu de l'hospitalité ($£vioç "Epwç). Des mots analogues (EeTvcv àrl Esbr,?) se retrouvent dans une troisième épigramme =».
C'est à Cos également que vécut Phanie 3. Elle reparait quatre fois dans des poèmes d'un tour très gracieux. Praxitèle, son compatriote, n'inspira que deux médiocres madrigaux^. Trois épitaphes, où l'écrivain rappelle tous ses voyages, datent évidemment de la même époque 5.
Ainsi nous arrivons à déterminer deux groupes : l'un de
1. AP. XII, 84. Dilthey, Kritische Bemerkungen znr griechischen Anthologie, B.^. Hheinisches Muséum, Neue Folge, XXVII, 1873, p.3o8, change entièrement le sens de cette épigramme, en lisant èpwToitXo'jv (v, 3) au lieu de itpwxôirXo'jv- Suivant le critique, Méléagre, à peine sorti de l'Océan amoureux, aurait à braver de nouveaux orages. Cette interprétation ne peut être maintenue- Qu'on relise le poème et surtout les vers suivants :
... èx TztXiytMi; eut yaîav...
n6vTov TrpoçuyovT, èv x6ov\ ô' oX^ofievov. L'antithèse de l'amour et de l'Océan est familière aux poètes de V Anthologie. Cf. AP. V, aog (Asclépiade ou Posidippe), v. 5 :
Xw p.kv èvaudcyei yaÎTQ? ^^tt, t^v 6à 8aXà(Tff/iî
a. AP. XII, 85; voir aussi AP. XII, 81. Cette pièce ressemble beaucoup aux épig. 84 et 85. Il est probable que Méléagre s'est amusé à reprendre trois fois le même sujet (cf. infra, ch. IX). Dans ce cas, le héros des trois poésies serait Denys, et il faudrait attribuer également à la vieillesse de l'écrivain deux épigrammes (AP. XII, 67 et 107) qui sont dédiées à ce même jeune homme.
3. AP. XII, 53, 83, 83. L'épig. VII, 307 est l'épitaphe d'un lièvre apprivoisé qui appartenait à Phanie. Cette Phanie est sans doute la maîtresse du poète.
5. AP. VII, 417, 4i8, 419. L'épig. VII, 4a8 est probablement moins récente.
quarante-neuf, l'autre de treize pièces ». Le premier appartient à la jeunesse, le second à la vieillesse de Méléagre. Restent quelques centaines de vers. Je suis tenté d'y voir les œuvres de maturité. L'hypothèse peut comporter plusieurs erreurs et rester vraie dans l'ensemble. Les épigrammes de la première période forment un tout auquel il est difficile de rien ajouter. D'autre part, nous verrons qu'arrivé dans l'île de Cos, Méléagre vieillit et s'adonna surtout a des travaux d'érudition. J'incline donc à supposer que Tryphéra, Callistion, Zénophile, Gharidème, Antiochus, Cléobule ^ Aristagoras,Sopolis et Alexis habitaient en Phénicie.
Il est certain que l'épitaphe d'Antipater 3 s'adressait à un public de Tyriens. Le Proème de V Anthologie et l'envoi au lecteur qui la terminait furent publiés à Cos, ainsi que la Couronne elle-même.
Ce recueil est en effet dédié si Dioclès. On songe naturellement à Dioclès de Magnésie qui mentionna Méléagre et vécut au I*' siècle avant notre ère. Cet historien traitait avec une faveur marquée l'école cynique. D'où lui venait cette sympathie ? De ses rapports avec le disciple de Ménippe ? C'est l'avis de Maass, et la conjecture est bien séduisante ^.
I. Ou seize, si l'on adopte mes conjectures. Cf. supra, p. 82, n" 2, 3. Une pièce adespote de la Sylloge Crameriana est adressée à Cléobule. Dilthcy, De epig. graec. syll. quib. min., p, 7 sqq., la revendique pour Méléagre, et corrige quelques erreurs du scribe. Ces conjectures me paraissent acceptables. Voici le texte proposé par le critique :
AOtoO [loi, KXéoêouXe,'7iapà (rTpoçâXtyya ôypawv K).e7rT0|xév/]v ^âptcat KuTcpiSo; e'jçpo(TuvYjv.
Têpiv ^pto; oCx otSe 7ro8o'j|xevo<; • r\ yàp àvàyxr); Ilp/i^tç irpo(TTÎ|JLotç evôéôetai 7câOc(Ti.
Les deux épigrammes qu'a déchiffrées Dilthey (cf. supra, même eh.) seront dorénavant désignées par les sigles S i et S 3.
k. Maass, op. cit., p. ao : a Studium erga cynicos quosdam, etiam in philosophorum percursione prae se fert. Diodes, quum de Antisthene disputaret, inter illius placiia nihil quin esset laudabile protulit (cf. Laert, VI, i3). Sapit praetera cynicorum studium quod tritum illud Socratis : 5eî axoTtsîv otti \Loi èv jj-EYÔpoidiv, etc. Diogeni cynico VI, io3, vindicavit. »
Si ces deux hommes furent amis, où purent-ils se rencontrer? Il y a deux Magnésie : l'une près du Sipyle, l'autre sur le Méandre. Toutes deux sont voisines de Cos. D'ailleurs on ne faisait guère à cette époque le voyage de Phénicie. Posidonius, Antipater et Philodème vinrent d'Orient en Grèce ; mais pom*quoi se rendre de Grèce en Orient? En outre, Dioclès était plus jeune que Méléagre. Il a étudié Posidonius, et Maass pense qu'il mourut vers le milieu du i" siècle. Tant de vraisemblances dégagent au moins une demi- certitude.
La vie de Méléagre commente cette discussion et en confirme les résultats. Les faits dont nous avons marqué les dates ont eu leurs causes, que nous pouvons déterminer. Ils s'expliquent par les sentiments du poète et les mœurs de ses contemporains.