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CHAP. IV. LES MÉNIPPÉES. 6l
En choisissant ce titre, le jeune homme faisait œuvre d'imitateur. Il ne s'en cache pas et dit avoir couru dans la même carrière que les Charités de Ménippe ^ Varron voulut innover et choisit une autre expression dont on sait la prodigieuse fortune. Méléagre faillit ravir aux Latins l'honneur de cette invention. Il connaissait la Satura lanx, ou *Pa);j.a':xY3 Xoxàç', qui lui a même fourni une allusion littéraire. Mais on comprend que ce Grec, voué d'avance à l'amour, ait voulu mettre ses débuts sous la protection des Grâces. Cette idée un peu subtile enchanta sans doute un public de rafRnés. Les noms des ouvrages alexandrins sont fréquemment des énigmes que l'érudition est impuissante à résoudre. Faut-il rappeler ici les Rossignols d'Heraclite 3, et les Causes de Callimaque ^? On sait que les trois discours d'Eschine étaient, eux aussi, comparés aux trois Charités 5. Du moins l'allégorie choisie par Méléagre n'avait-elle rien de mystérieux. Les déesses de la joie aimaient les divertissements et les libres propos. Un sculpteur antique avait mis un jeu de dés au nombre de leurs attributs 6, et tout lecteur de Ronsard a gardé le souvenir
des Grâces riantes Avec leurs aiguilles poignantes 7.
Ces deux vers pourraient servir d'épigraphe aux satires du Syrien. Il avait assez de mordant pour que Dioclès n'ait voulu voir en lui qu'un railleur. Pourtant, ces plai-
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