‹ Méléagre de GadaraChapitre 35 sur 190 · Odes, liv. IV, Le petit enfant Amour · texte numérisé non relu

Odes, liv. IV, Le petit enfant Amour

santerics cachaient des idées sérieuses. Zeller, qui le reconnaît pour Ménippe, le conteste pour Méléagre. Suivant le critique, les compilateurs, trompés par des ressemblances de forme, auraient indûment rapproché deux écrivains assez différents ». On ne peut plus se ranger à cette opinion. Dioclès n'épargne guère un vieil amoureux dont il a pénétré toutes les faiblesses; mais, en le condamnant, il ne le sépare pas de son maître. Nicion dit aux mangeurs de lentilles qu'ils ont pour ancêtre l'auteur de la Suy^piffiç. La formule sacramentelle qui fait du poète un philosophe se rencontre quelques livres plus loin 2. Enfin Méléagre est très affirmatif ; il se glorifie d'avoir associé les Charités et la sagesse. Traçant d'avance le dessin de son tombeau, il y place un génie qui porte un épieu à deux tranchants. C'est le symbole de l'inspiration sérieuse et plaisante 3.

Les deux cyniques de Gadara avaient donc une doctrine, mais point de système. Des sarcasmes, le mépris des théories adverses et des vices contemporains, une réfutation superficielle de certaines hypothèses cosmogoniques ^, ça et là un témoignage de respect pour les fondateurs de l'école, il ne fallait pas en demander davantage aux Ménippées en général, et surtout aux Charités de Méléagre.

La SuY'/.piffiç était une condamnation des fausses jouissances. Après une semblable lecture, dit Nicion, on ne tient plus au poisson bien apprêté. Si Pythagore vénérait les fèves, Diogène estimait les lentilles ^. Le plus grossier

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