Cf. Wachsmuth, op. cit., préf., p
II. W. S. TeufTel, Histoire de la Littérature romaine, trad. française, Paris, i883, t. I, p. xm et XIV.
puis versificateur. Ces expressions ne prêtent pas au doute'. Pour l'auteur môme, les Ménippées étaient des œuvres en prose.
Acceptons ce témoignage. Du reste, nul ne peut le contrôler, puisque les Charités n'existent plus. En présence de ces tristes débris, le blâme et l'éloge seraient également vains. Évitons cependant de nous laisser abuser par le prestige des choses disparues. Ces premiers essais d'un élève trop docile n'ont pu s'imposer au souvenir. Varron et Lucien semblent ne pas connaître Méléagre. Mais sa tentative méritait de nous arrêter un instant. Il faut relever dans ces écrits l'influence du caractère national. Jamais les Grecs de race ne s'inspirèrent de Ménippe, tandis qu'il eut dans son pays trois disciples : Méléagre, Lucien et Œnomaos. Leurs ouvrages étaient faits pour séduire des Syriens. Un peu de philosophie, plus de préceptes que de doctrines, des imaginations bizarres, des allusions malicieuses, un je ne sais quoi de libre qui faisait succéder aux élans poétiques la marche plus calme des périodes, tout, dans ces fantaisies, enchantait les habitants de Sidon et d'Antioche. Malgré leurs défauts, elles avaient de l'agrément, et nous pouvons encore en juger : si les satiriques de Gadara ont péri, Lucien a recueilli leur héritage, et je doute qu'ils perdent à être lus dans Ylcaroménippe et la Nécyomantie.